Archives du mot-clé Burundi

Burundi : L’UE attend des reformes en Droits Humains

burundi-1Lors de sa réunion du mardi 10 janvier, le comité politique et de sécurité (COPS), organe du Conseil des ministres de l’UE réunissant les ambassadeurs des Etats membres chargés de la PESC et de la PSDC, devrait approuver le principe d’une contribution de la « Facilité africaine de paix » à hauteur de 10 millions d’euros à la mission d’observateurs des droits de l’Homme et d’experts militaires de l’Union africaine au Burundi. Cette enveloppe couvre une période de douze mois, du 1er novembre 2016 au 31 octobre 2017, et vise à soutenir le déploiement de la mission et ses activités. Lire la suite Burundi : L’UE attend des reformes en Droits Humains

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Burundi : Le SOS d’Amensty International – Nkurunziza s’en tape

L’ange n’est pas tombé du ciel. C’était prévisible et c’est arrivé. Le président sortant et candidat à sa propre succession, Peter Nkuruniza a été réélu. Le pays est au bord des tensions. Cela ne laisse pas indifférent qui craint tout basculement de la situation sociopolitique.

Le cortège accompagne le cercueil d'Emmanuel, un sympathisant du FNL d'Agathon Rwasa. RFI/Sonia Rolley
Le cortège accompagne le cercueil d’Emmanuel, un sympathisant du FNL d’Agathon Rwasa. RFI/Sonia Rolley

D’après son rapport publié le jeudi 23 juillet, Amnesty International accuse les autorités burundaises d’avoir réprimé des manifestations comme s’il s’agissait d’une insurrection. «Le pays semble sur le point de sombrer dans un conflit », prévient-elle.

Selon l’enquête menée par Amnesty International, la police burundaise a eu recours à la force létale de manière excessive, y compris contre des femmes et des enfants : «C’était pour réduire au silence ceux qui s’opposent au 3ème mandat de Pierre Nkurunziza.» Lire la suite Burundi : Le SOS d’Amensty International – Nkurunziza s’en tape

Burundi : La nuit a été longue pour les radios indépendantes

Trois radios indépendantes ont été attaquées au petit matin de ce jeudi. Les responsables de Radio-Télévision Renaissance, Radio RPA et Radio Bonesha ont confirmé à Iwacu l’attaque menée à l’aube.

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Selon Teddy Mazina, journaliste à Radio TV Renaissance, une voiture et le compteur électrique ont brûlé. Il semblerait que la station a été attaquée avec une roquette ou une grenade « Le système électrique de la station est hors d’usage, des vitres ont volé en éclats » a indiqué M. Mazina. L’autre station attaquée est la radio Bonesha, située en plein centre de Bujumbura. Selon Patrick Nduwimana, leFB_IMG_1429275249958 directeur, des grenades ont été lancées, mais n’ont pas fait des dégâts. Une garde de militaires postée à la radio a défendu Bonesha. Enfin, la RPA semble avoir été sérieusement attaquée vers 4 heures du matin mais, à 9 heures, un responsable de la radio contactée par Iwacu n’avait pas encore tous les détails et l’importance des dégâts. Il a confirmé que l’équipe des journalistes et animateurs qui devait prendre l’antenne à l’aube n’a pas pu approcher la radio à cause des tirs. Pour le moment la RPA n’émet pas. Lire la suite sur IWACU

Kinshasa marks the 21st Commemoration of the Genocide against the Tutsi

To mark the 21st commemoration of the Genocide against the Tutsi, the Embassy of the Republic of Rwanda in DRC yesterday organised a night vigil and a mass at Sacré Coeur Church in Kinshasa.

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The night vigil was attended by members of the Rwandan community, friends of Rwanda, Ambassador of Haiti in Africa, 2nd Councillors of the embassies of Kenya, Burundi, and Zimbabwe, Charges d,affaires of Canada and Belgium, and the Belgian Military attaché in DRC.

As part of the event, two documentary films were shown including “Tuez les tous”, and “Les detectives de l,histoire: France coupable?” which trace the history of the 1994 Genocide against the Tutsi – from root causes, implementation and consequences. After these two documentaries, there followed a short documentary highlighting the major achievements of Rwanda after the genocide. Lire la suite Kinshasa marks the 21st Commemoration of the Genocide against the Tutsi

Grands Lacs : C’était en 2014… L’armée Burundaise au Sud-Kivu

Agression, incursion ou coopération militaire secrète? Longtemps et plusieurs fois niée par les autorités RDCongolaises et Burundaises, la présence des troupes Burundaises dans la plaine de la Ruzizi et dans les hauts palataux de Minembwe avait fini par être révélé que au grand jour en début octobre 2014. La nouvelle avait surpris dans tous les cieux, sauf dans le camp de la société civile, des militants et des journalistes de la sous-région qui ne cessaient d’attirer les sonnettes d’alarme à propos de cette « politicaillerie » jouée par Kinshasa et Bujumbura.

Des soldats burundais en patrouille. (Ph. Bobby M./Getty images)
Des soldats burundais en patrouille. (Ph. Bobby M./Getty images)

La semaine du 05 au 11 octobre 2014, les militaires des forces armées burundaises en expédition dans le territoire d’Uvira en province du Sud-Kivu se sont retirés du territoire de la République Démocratique du Congo.

Arrivée en avril 2012, quelques mois seulement après les élections fortement contestées de novembre 2011, l’armée burundaise s’était déployée le long de la frontière commune sur le sol rd-congolais notamment dans les localités de Ndunda, Kimuka, Mwaba, Kiliba (Sucrerie du Kivu) – Secteurs 1, 5, 6 et 7. Les raisons officielles du déploiement de ce qui est aujourd’hui qualifié de détachement burundais n’ont jamais été révélées. Mais, dans les coulisses, certains militaires burundais approchés par des habitants des villages où ils étaient déployés n’avaient pas manqué de dire qu’ils seraient venus combattre eux-mêmes les rebelles burundais du Front National de Libération (FNL) d’Agathon Rwassa actifs à l’Est de la RDC. Lire la suite Grands Lacs : C’était en 2014… L’armée Burundaise au Sud-Kivu

La France et le genocide des tutsi du Rwanda : Contradictions coupables

La France et le genocide des tutsi du Rwanda : Contradictions coupables.

#RDC-#Burundi : Quand les #USA jouent au #Sheriff constitutionnel

Un article de Jeune Afrique

En RDC ou au Burundi, voire au Congo-Brazza ou au Burkina Faso, Washington s’oppose à toute modification de la Constitution destinée à permettre à un chef d’État de se maintenir au pouvoir. Et le fait savoir.

Samantha Power, ambassadrice des  USA à l’ONU, salue des policiers congolais en Centrafrique.

Accra, juillet 2009. « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts. Elle a besoin d’institutions fortes. » Dans les capitales du continent, tout le monde a gardé en tête les mots du président américain, Barack Obama, censés guider la nouvelle politique des États-Unis en Afrique. Et à en croire les déclarations récentes de Washington, le temps est venu de mettre en pratique ce discours en s’opposant publiquement aux modifications constitutionnelles permettant aux présidents en place de se représenter. Ainsi à Kinshasa, en janvier, Russ Feingold, l’envoyé spécial américain dans la région des Grands Lacs, a encouragé vivement les présidents africains à « respecter les mandats qui leur ont été assignés« .

Bis repetita le 8 avril, à Bujumbura : « Nous encourageons le respect de la Constitution et de l’État de droit« , a déclaré Samantha Power, l’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies, après sa rencontre avec le président Pierre Nkurunziza. Dans le contexte burundais actuel, où le pouvoir vient d’échouer à faire adopter une réforme constitutionnelle et chercherait – selon l’opposition – à revenir à la charge par d’autres voies, la déclaration de Power a été interprétée comme une mise en garde. Mais Bujumbura n’a pas voulu s’en offusquer. « Les États-Unis ont fait un simple commentaire« , affirme Willy Nyamitwe, le porte-parole adjoint de la présidence : « Cela ne nous gêne pas car le président Nkurunziza a affirmé à Samantha Power que la Constitution ne serait pas modifiée avant les élections », prévues pour 2015.

L’intransigeance grandissante des États-Unis tient en partie à la personnalité de ces deux diplomates : Russ Feingold et Samantha Power.

Et de toute façon, selon Nyamitwe, la loi fondamentale n’empêcherait pas Nkurunziza de concourir à nouveau, « puisque sa première élection, en 2005, était au suffrage indirect » et que la limitation à deux mandats ne porterait « que sur les élections au suffrage direct »… Une interprétation de la Constitution qui est loin de faire consensus. Et si le département d’État des États-Unis se refuse à trancher ce débat, un de ses responsables fait savoir « qu’une démocratie qui ne connaît pas de transmission régulière et pacifique du pouvoir n’en a que le nom ». Washington a fait passer le même message de fermeté à Brazzaville et Ouagadougou.

« L’intransigeance grandissante des États-Unis tient en partie à la personnalité de ces deux diplomates [Russ Feingold et Samantha Power] récemment nommés, constate Jason Stearns, spécialiste de la région des Grands Lacs à l’université américaine de Yale. Mais elle n’est pas totalement nouvelle. » En 2012, déjà, Washington avait en effet désapprouvé la volonté du président sénégalais d’alors, Abdoulaye Wade, de se représenter. Cela ne l’avait toutefois pas empêché de le faire, en s’appuyant sur une lecture contestée de la Constitution – pour être finalement battu dans les urnes.

Le président ougandais a les mains libres

Mais la voix de l’Oncle Sam porte davantage dans la région des Grands Lacs. « Depuis quelque temps, les États-Unis font preuve de plus de fermeté avec leurs alliés dans cette zone, remarque Jason Stearns. C’est le cas pour l’Ougandais Yoweri Museveni sur la question des droits des homosexuels. Cela a été le cas pour le Rwandais Paul Kagamé et la rébellion du Mouvement du 23-Mars. Et aussi pour le Congolais Joseph Kabila avec les déclarations de Feingold. » Même si le pouvoir congolais s’est abstenu de réagir publiquement, lesdites déclarations ont été très remarquées et ont agacé en haut lieu.

« Pour des raisons historiques et économiques, la voix des Américains pèse lourdement en RD Congo« , glisse un diplomate en poste à Kinshasa, où, selon la Constitution, Joseph Kabila doit quitter le pouvoir en 2016. Quant à Museveni, la question ne se pose plus pour lui : le président ougandais a les mains libres depuis l’abrogation, en 2005, de la limitation des mandats. Enfin, au Rwanda, une révision de la Constitution n’est pas exclue, à en croire Paul Kagamé dans un récent entretien à Jeune Afrique (no 2778, du 6 au 12 avril). Mais le problème d’une éventuelle nouvelle candidature de sa part ne se posera pas avant la prochaine présidentielle, prévue pour 2017. D’ici là, l’administration Obama ne sera plus en place.

Et les Européens ?

Vis-à-vis de la RD Congo, la position des Européens diffère sensiblement de celle de Washington. « Les Américains sont beaucoup plus offensifs que les Belges et les Français sur la question du respect de la Constitution. Nous ne nous permettons pas de tenir le même discours qu’eux », reconnaît un diplomate européen en poste à Kinshasa. À Paris, on assume cette position plus réservée : « Nous n’avons pas à nous prononcer sur tel ou tel pays, explique Romain Nadal, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. Nous nous fierons au jugement de l’Union africaine, qui est la gardienne des principes démocratiques.« 

Grands_Lacs: Comment réagir face à un éventuel troisième mandat des présidents #Nkurunziza (Burundi), #Kabila (République démocratique du Congo) et #Kagame (Rwanda) ?

Les partenaires internationaux préfèrent le statu quo et la stabilité à court terme, même si cela représente un prix démocratique considérable à payer.

En Afrique centrale, un débat intéressant fait rage actuellement à propos d’un éventuel troisième mandat pour les présidents en exercice. Les présidents Nkurunziza du Burundi (en 2015), Kabila de la  République démocratique du Congo (en 2016) et Kagamé du Rwanda (en 2017) s’approchent peu à peu de la fin de leur second mandat.

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Aucun des trois n’a annoncé, de façon explicite, sa candidature aux prochaines élections présidentielles. Par contre, certaines déclarations récentes faites par des conseillers dans leur entourage immédiat indiquent que, dans les trois cas, un délai supplémentaire au pouvoir n’est tout au moins pas exclu.

Dans les régimes généralement forts présidentiels en Afrique, une alternance du pouvoir au sommet constitue un événement délicat. Dans certains cas (Botswana, Ghana), l’alternance se fait sans remous. Dans bien d’autres cas (Madagascar,  Côte d’Ivoire), les élections présidentielles donnent lieu à des années d’instabilité politique et de chaos. Jusqu’à ce jour, au Burundi, en RDC et au Rwanda, aucun président élu au suffrage universel n’a succédé à un prédécesseur élu. Quelle sera l’attitude belge face à une éventuelle candidature des présidents en exercice du Burundi, de la RDC et du Rwanda pour un troisième mandat ? Et quelle leçon pouvons-nous en tirer en ce qui concerne la politique belge à l’égard de ces trois pays ? Cinq perspectives et approches se présentent : la croissance économique, la paix et la sécurité la démocratisation, la gouvernance constitutionnelle et la lutte contre l’impunité.

1.    Croissance économique

Des chercheurs de l’ODI (Overseas Development Institute) à Londres ont récemment plaidé pour que, dans les pays africains pourvus d’un taux de croissance économique significatif (dit “double digit”), les élections présidentielles n’aient surtout pas d’impact négatif sur la croissance économique. Toute turbulence politique doit être évitée, ce qui revient à suggérer que, dans certains pays, la succession soit “réglée” à l’intérieur du parti dominant. Les élections n’ont alors d’autre fonction que de conférer un semblant de légitimité démocratique à cet arrangement. Appliqué au Rwanda (dont les taux de croissance économique sont impressionnants depuis quelques années), cela signifie logiquement que Paul Kagamé devrait tranquillement encore pouvoir entamer un mandat  supplémentaire. L’usage de conditionnalités politiques  de l’aide par des bailleurs n’est dès lors pas souhaitable.

2.    Paix et stabilité.

Une deuxième approche, où non l’économie mais la paix, la sécurité et la stabilité constituent les principaux objectifs, mène souvent à la même conclusion. Même dans les pays sans croissance économique majeure, les bailleurs craignent généralement une alternance chaotique du pouvoir politique. De véritables élections libres et équitables – où l’opposition n’a pas perdu d’avance – constituent un facteur de risque pour des accords de paix et des équilibres politiques souvent difficilement négociés, particulièrement dans des contextes post conflit fragiles comme au Burundi. Les partenaires internationaux préfèrent alors le statu quo et la stabilité à court terme, même si cela représente un prix démocratique considérable à payer.

3.    État de droit.

Si l’on place la démocratisation en tête de sa liste des priorités, un troisième mandat n’est par contre pas du tout souhaitable. Dans la littérature scientifique, il existe un consensus sur le fait que la limitation à deux mandats présidentiels consécutifs constitue à la fois un indicateur ainsi qu’un moteur de la libéralisation politique. Une telle restriction et la simple possibilité qu’une alternance du pouvoir présidentiel se produise, empêche la concentration du pouvoir au niveau de partis dominants “quasiuniques”, donne de l’oxygène au débat politique et conduit à davantage de “checks and balances”.

4.    Gouvernance constitutionnelle.

Une quatrième approche est depuis peu adoptée par l’Union africaine (UA). Dans cette approche, ce qui compte avant tout est la conformité à la constitution nationale. Un changement inconstitutionnel du gouvernement est de plus en plus sanctionné par l’UA. Ce n’est sans doute pas un hasard si, sur le continent le plus touché par des coups…

Source : STEF VANDEGINSTE, « Comment réagir face à un éventuel troisième mandat des présidents Nkurunziza (Burundi), Kabila (République démocratique du Congo) et Kagame (Rwanda) ? », in La Libre Belgique– mercredi 2 octobre 2013, pages 54 et plus – disponible ici