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L’ONU réclame la mise en œuvre de l’accord politique du 31 décembre

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a noté mercredi devant le Conseil de sécurité une décrispation de la crise politique en République démocratique du Congo (RDC) après la signature d’un accord entre acteurs politiques le 31 décembre 2016.

cenco« La signature de l’accord du 31 décembre ouvre des perspectives nouvelles pour une résolution pacifique de l’impasse politique.

Cependant, des efforts majeurs seraient nécessaires afin d’avoir l’adhésion de tous les acteurs et une mise en œuvre de bonne foi », a souligné M. Ladsous devant les membres du Conseil.

« En l’absence d’une pareille adhésion, la mise en œuvre dudit accord serait difficile et aurait des conséquences néfastes au plan politique et sécuritaire », a-t-il ajouté.

Selon M. Ladsous, la signature, sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de cet accord entre les signataires et les non-signataires de l’accord politique du 18 octobre est intervenue à moment critique de la vie politique de la RDC où les tensions politiques montaient et des incidents violents avaient éclatés dans un certain nombre de villes dans le pays à la suite de l’expiration du second et dernier mandat du Président Joseph Kabila le 19 décembre.

  « La conclusion de cet accord a contribué décrisper la situation qui aurait pu exploser car les acteurs politiques qui avaient rejeté l’accord politique du 18 octobre maintenaient leur position selon laquelle les institutions nationales et provinciales deviendraient illégitimes après le 19 décembre », a-t-il souligné.

Le Secrétaire général adjoint a toutefois rappelé que certains acteurs politiques à l’instar du Mouvement de libération du Congo (MLC) n’ont pas encore adhéré à l’accord même si ce dernier a récemment indiqué qu’il devrait le faire incessamment.

Les membres de l’opposition menés par le Premier Ministre actuel Samy Badibanga sont eux aussi réticents à signer l’accord. Ils maintiennent que certains arrangements de l’accord du 31 décembre, notamment ceux relatifs au processus électoral ne seraient pas réalistes.

« La Majorité présidentielle a pour sa part envoyé des signaux inquiétants concernant son soutien à l’accord, y compris en signant ce dernier avec des réserves qui ne sont pas tout à fait claires pour le moment », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général adjoint a estimé qu’il faudrait un appui politique, financier, technique et logistique majeur pour que les élections se tiennent en décembre 2017.

« Des retards dans la mise à jour du fichier électoral, dans la mise en place du gouvernement de transition et la mise en œuvre des clauses de l’accord du 31 décembre pourraient avoir un impact négatif sur ce délai.

Nous devrons par conséquent faire de notre mieux pour éviter l’accumulation de retards dans le processus électoral », a-t-il dit.

Hervé Ladsous s’est dit inquiet des informations faisant état de violations des droits de l’homme et d’actes de violence à Kinshasa et dans d’autres villes à travers le pays les 19 et 20 décembre. «

Nous encourageons le gouvernement de la RDC à mener une enquête approfondie sur les événements qui ont conduit à l’usage excessif de la force et à la perte de vies humaines pendant la période du 19 au 20 décembre et à faire en sorte que les responsables rendent des comptes », a-t-il dit.

 S’agissant de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, il a noté qu’elle restait volatile. Alors que la menace posée par les Forces alliées démocratiques (ADF) et les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), continue, les activités des milices ont augmenté dans de nombreuses régions du pays.

La Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO), en appui aux forces de sécurité nationales congolaises, poursuit ses efforts pour contrer les activités déstabilisatrices des ADF et des FDLR, a-t-il ajouté.

M. Ladsous a encouragé les membres du Conseil de sécurité à continuer de demander aux acteurs politiques congolais d’approuver rapidement les modalités de mise en œuvre de l’accord du 31 décembre et de mettre en place un gouvernement transitoire d’unité nationale.

« Ne pas le faire risque de retarder la tenue des élections et d’accroître considérablement le risque d’une nouvelle crise politique et d’une augmentation de la violence à travers le pays », a-t-il conclu.

UN News Service

La MONUSCO réitère son soutien à l’Accord du 31 décembre

De même qu’elle a salué et appuyé l’Accord du 18 octobre résultant du dialogue de la cité de l’Union Africaine sous les auspices du Togolais Edem Kodjo, la mission onusienne au Congo reste, à ce jour, dans la droite ligne des autres partenaires de la RD Congo qui ont donné leur quitus en faveur de l’application intégrale de l’Accord du 31 décembre.

monusco_cencoC’est la conclusion que l’on peut retenir de la première conférence hebdomadaire de la Monusco pour cette année 2017 d’hier, mercredi 11 janvier 2017. Félix Prosper Basse, son Porte-parole, a éclairé la lanterne à propos de cette nouvelle feuille de route qui attribue la primature au Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement. «Les conclusions de l’accord doivent s’appliquer au plus vite que possible pour permettre au pays d’avoir un gouvernement de transition. Nous nous félicitons de cela. Il est le fruit d’un compromis par les congolais eux-mêmes », a-t-il souligné.

2017 est, en effet, selon les prophéties politiques, une année de paix, de l’amélioration du social des congolais et des élections crédibles, apaisées et démocratiques en RD Congo. Dans un document remis à la presse au sortir de ce face-à-face, Antonio Guterres, le nouveau Secrétaire Général des Nations Unies s’est préoccupé profondément à convier les décideurs du monde à accorder plus d’importance à la sécurité de leurs populations. Comment venir en aide aux millions d’êtres humains pris au piège de conflits, et qui souffrent énormément dans des guerres interminables ? Telle est la principale question qu’il s’est posée. Toute son inquiétude qui mérite bien des solutions idoines se résument en ces termes : «Une force meurtrière décime les civils. Des femmes, des enfants, des hommes sont tués ou blessés, forcés à l’exil, dépossédés et démunis. Même les hôpitaux et les convois humanitaires sont pris pour cible. Dans ces guerres, il n’y a aucun gagnant : tout le monde est perdant. Des milliards des dollars sont dépensés, détruisant des sociétés et des économies entières et alimentant des méfiances et des peurs qui se transmettent de génération en génération… ».

Surmonter les divergences

C’est cela une recommandation qui mérite son pesant d’or. Dans le contexte de la RD Congo, Félix Prosper Basse a exhorté les acteurs politiques à poursuivre les travaux techniques qui perdurent sur les arrangements particuliers au centre interdiocésain de la Gombe. Vu comme un acte additif aux yeux d’une bourrée d’acteurs, l’Accord du 31 décembre stipule que la primature revienne au Rassemblement réuni autour d’Etienne Tshisekedi. La condition impérieuse pour retirer la nation de la boue demeure, pour tout dire, l’apaisement des vues auprès des uns et des autres. Et dès lors que les intérêts du peuple seront favorisés, on n’assisterait plus à cette crise.

«De la solidarité et la compassion dans notre vie quotidienne, au dialogue et au respect quelles que soient les clivages politiques… Des cessez-le-feu sur le champ de bataille, aux compromis à la table des négociations pour parvenir à des solutions politiques… », a recommandé le patron de l’Onu, lors de son investiture du 1er janvier 2017. Tenez, face, à tout, la réponse appropriée se situe dans un dialogue franc et sincère, dans l’acceptation de l’un et dans la priorité aux intérêts du peuple congolais.

Par Aubin Kandembi (La Prospérité)

RDC: Vers la signature de l’accord par toutes les parties impliquées dans les négociations directes.

Ça y est ! Les Evêques ont persuadé toutes les parties prenantes aux discussions directes, même le Front pour le Respect de la Constitution, de déposer leurs propositions sur les arrangements particuliers.

cencoSi la Majorité présidentielle a déposé les siennes, il y a quelques jours ; avant-hier, tard dans la soirée, c’est Eve Bazaïba et les siens qui s’y sont employés, quoi que n’ayant pas encore signé l’Accord du 31 décembre 2016. Maintenant la même méthodologie de travail, les Evêques ont rouvert les travaux, hier mercredi, 11 janvier 2017, au Centre Interdiocésain. Pendant le laps de temps que les parties ont eu à se regarder droit dans les yeux, les Evêques, eux, ont pris soin de remettre à chacune les propositions des uns et des autres. Ce faisant, ils attendent les contre-propositions dans un timing réduit, soit dans quatre jours, à dater du 11 janvier. En clair, c’est le samedi, 14 janvier, soit un jour avant la fin de la session extraordinaire du parlement, qu’interviendra la clôture des travaux. Mais, que recèlent les propositions sur les arrangements particuliers fournies par les uns et les autres ? D’abord, au niveau du profil du Premier ministre. Le Rassemblement préconise trois conditions.

 Que le premier ministre soit compétent, rassembleur et jouissant d’une expérience politique. A la Majorité, l’on maintient les trois conditions, en estimant que l’expérience dont il est question, doit être une expérience professionnelle dans la gestion de la Res publica. Au regard de ces critères, l’on peut bien comprendre les intentions des parties. Ensuite, il y a la taille du Gouvernement qui divise. Eu égard aux multiples défis et à la modicité des finances, le Rassemblement estime qu’un Gouvernement de 45 personnes donnerait d’épargner le pays de folles dépenses. Pour la majorité, 60 personnes permettraient d’avoir un Gouvernement qui reflète le caractère d’union nationale. Sur ce point précis, un expert a plutôt conçu une équipe gouvernementale de 35 personnes, et où il n’y aura ni ministre d’Etat, ni vice-ministre. Enfin, il s’est agi de la composition du Conseil National de Suivi. En dehors de la présidence, qui est dévolu d’office à Etienne Tshisekedi, du fait de son combat politique et de la sagesse qu’il incarne, il est prévu trois postes de vice-présidents. Les discussions portent sur ces postes.
 Au niveau de la Majorité présidentielle, le gâteau devra se partager de la manière suivante : un vice-président viendrait du Front pour le Respect de la Constitution, un pour la Majorité présidentielle et un autre pour la Société civile. Du côté Rassemblement, le partage ne peut se concevoir qu’en termes d’un poste pour la MP, un poste pour le FRC et un poste pour le Rassemblement. Voilà la quintessence de la matière. Il revient dès lors aux délégués des parties prenantes de faire diligence, pour qu’après que les propositions soient confrontées les unes aux autres, que le samedi déjà, les Congolais de tout bord connaissent les critériums qui permettront à l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, de désigner, en son sein, un Premier ministre. Ainsi, contrairement aux malaises qui ont prévalu ces derniers jours, donnant de penser ou de croire qu’une croix serait mise sur ces assises, il n’en est rien. Les parties prenantes sont entrées dans le vif du sujet. Le samedi, 14 janvier prochain, l’essentiel sur le profil du Premier ministre, la taille du Gouvernement ainsi que la composition du Conseil National de suivi, seront connus.
(La Prospérité)

Nord-Kivu : L’effondrement du pont Semliki détériore l’économie dans le Grand-Nord

Le pont qui permettait de franchir la rivière Semliki au sud-est de Béni s’est effondré au passage d’un camion de marchandises la semaine dernière. Conséquence, les villes de Butembo et Beni restent coupées de l’autre rive du territoire de Beni, frontalière à la l’Ouganda. Les prix explosent dans la région.

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Un camion dans les eaux de la Semliki après effondrement du pont. (Ph. Tiers)

Butembo et Beni, mais aussi les régions environnantes, notamment la grande partie de l’ex-province Orientale, de l’ex-Equateur et toute la partie nord du Nord-Kivu sont dépendants de transafricaine numéro 8 reliant le port de Mombassa au Kenya à celui de Lagos au Nigeria. Ce couloir important jonchant la RDC via la route national numéro 4, constitue un des axes importants du Corridor Central COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe), long de 1 300 kilomètres, dont font partie le Burundi, la République démocratique du Congo, le Rwanda en Afrique Centrale ; mais aussi la Tanzanie et l’Ouganda en Afrique Orientale.

L’effondrement du Pont Semliki est la raison principale de l’explosion des prix sur les marchés, dans cette partie orientale de la RDC, dépendante de l’énergie pétrolière, faute d’autres sources. Cette hausse des prix est constatée à Butembo et environs. « La chute vertigineuse du franc congolais en est aussi l’une des raisons majeures », explique Kule Vuhimbwira de la Fédération des Entreprises du Congo.  Actuellement, le dollar américain frôle les 1500 Francs Congolais, contre 930 F, en septembre 2016. Lire la suite Nord-Kivu : L’effondrement du pont Semliki détériore l’économie dans le Grand-Nord

Transition à haut risque en République démocratique du Congo

Après des mois de contestation sévèrement réprimée en République démocratique du Congo, un premier ministre issu de l’opposition, M. Samy Badibanga, a été nommé le 17 novembre. Mais la transition politique reste incertaine, car le président Joseph Kabila pourrait briguer un troisième mandat, en dépit des remous que cela susciterait dans le pays et dans toute l’Afrique centrale.

Par Sabine Cessou (Le Monde Diplomatique)
Joseph Kabila vs Etienne Tshisekedi. (Ph. Tiers)
Joseph Kabila vs Etienne Tshisekedi. (Ph. Tiers)

«Le président reste en fonctions » : la banderole en faveur du président Joseph Kabila flotte devant le siège du parti au pouvoir, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Pour les partisans du chef de l’État congolais, il s’agit de répondre à un autre slogan, répété à l’envi par des foules de manifestants : « Kabila, dégage ! » Le message du PPRD est clair : M. Kabila, en place depuis 2001, n’a aucune intention de partir. Pourtant, la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC), qui limite à deux le nombre de mandats successifs, lui impose de quitter ses fonctions le 19 décembre.

Le PPRD invoque l’impossibilité matérielle d’organiser le scrutin et cite l’article 70 de la loi fondamentale : « À la fin de son mandat, le président de la République reste en fonctions jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu. » En mai, un avis de la Cour constitutionnelle lui a donné raison. Mais l’opposition met en doute la bonne foi du gouvernement. Depuis des mois, celui-ci cherche en effet à maintenir M. Kabila au pouvoir par tous les moyens. Ne parvenant pas à faire sauter le verrou constitutionnel du nombre maximum de mandats, il a tenté, en janvier 2015, de modifier la loi électorale pour y introduire une clause imposant un recensement de la population, préalable à l’enrôlement des nouveaux électeurs (environ 8 millions). Dans un pays de 80 millions d’habitants grand comme quatre fois la France, ces opérations auraient pu, en pratique, prendre plusieurs années. La manœuvre aurait donc abouti à un report indéterminé de l’élection présidentielle — une sorte de mandat « ouvert » pour M. Kabila. C’est alors que le navire a commencé à prendre l’eau : bien qu’il détienne trois quarts des sièges à l’Assemblée nationale, le PPRD a été contraint de faire marche arrière après trois jours d’émeutes dans la capitale, Kinshasa, du 19 au 21 janvier 2015. Lire la suite Transition à haut risque en République démocratique du Congo

Butembo : une milice attaque en marge de l’expiration du mandat de Kabila

Des miliciens Mayi-mayi ont attaqué la prison centrale du district pénitentiaire de Butembo (ex-Prison de kakwangura) dans l’est du Congo lundi, s’engageant dans un combat armé contre les forces de sécurité, dans le contexte de tensions accrues à la fin du dernier mandat du président Joseph Kabila.

« Depuis ce matin, il y a eu des incursions par les Mai Mai (milice). Ils voulaient libérer les prisonniers de la prison centrale », a déclaré à Reuters Maître Fabrice Kakurusi, avocat et activiste des droits humains en ville de Butembo au Nord-kivu. « Ils veulent profiter de la journée pour libérer les prisonniers », précise-t-il. Un porte-parole de la police a déclaré que les miliciens tentaient de piller mais avaient été repoussés par les forces de sécurité.

Pour sa part, André Alin Atundu, porte-parole de la majorité a déclaré ceci : « Nous avons la police, l’armée et les services de renseignements qui travaillent pour nous. Peut-être il y aura des turbulences pendant deux ou trois jours, mais finalement les manifestants auront faim. »

RD Congo : la stabilité politique au mépris de la jeunesse mobilisée ?

Négociations de la dernière chance. A l’approche de la fin du deuxième mandat du président Joseph Kabila, la communauté internationale fait tout pour éviter la déstabilisation politique du Congo. En poussant opposition et majorité à se parler. Ce faisant, elle pourrait faire malgré elle le jeu du clan Kabila. Et prendre à contre-pied une jeunesse mobilisée.

Résumons sans précaution diplomatique les ressorts de la situation congolaise. Depuis leur victoire douteuse aux élections de 2011, Kabila et son équipe ne cachent pas leur dessein de demeurer au pouvoir au-delà des deux mandats présidentiels prévus par la Constitution. En conservant les apparences de la légalité. La révision constitutionnelle et la modification de la législation électorale ayant provoqué une levée de bouclier, le clan a opté courant 2015 pour une stratégie simple : ne pas organiser les élections. Ou plutôt, organiser l’impossibilité pratique de tenir les élections dans les délais en arguant de difficultés financières, techniques, politiques.

Parallèlement, faire acter par la Cour constitutionnelle qu’en cas de non-élection dans les temps, Kabila reste à la barre, et organiser un « dialogue national » pour faire admettre ce « glissement » par l’opposition et la société civile, en échange de postes (dont celui de premier ministre) et d’argent. Détail important : présenter ce dialogue comme la voie responsable et pacifique de résolution de la « crise » électorale et présenter ceux qui s’y opposent par le dernier recours disponible, la manifestation de rue, comme des acteurs violents cherchant à conquérir le pouvoir par la déstabilisation des institutions. Ajouter une dose de stratégie de la tension, pour terroriser les militants et les qualifier de terroristes.

Clos le 18 octobre, le dialogue a repoussé le scrutin présidentiel au mois d’avril 2018. Il offre donc à Kabila une rallonge de seize mois. La manoeuvre est cousue de fils blancs. Mais là n’est pas sa lacune : la majorité de l’opposition, unie dans un « Rassemblement » autour du vieil opposant Tshisekedi, ne s’est pas jointe au dialogue, plombant sa légitimité. Avec des mouvements citoyens dont l’influence sur la jeunesse va grandissant, elle entend soulever la population le 19 décembre pour faire échec à ce qu’elle estime être un coup d’État constitutionnel.

Une perspective qui effraie la communauté internationale, hantée par le risque d’une déstabilisation politique du pays, voire de la région. Cette dernière renvoie aujourd’hui les protagonistes de la « crise » dos-à-dos : les uns doivent montrer une « retenue maximale » dans la gestion de la protestation, les autres doivent « montrer de la responsabilité en garantissant le caractère pacifique de leurs manifestations » (déclaration du Conseil de sécurité du 5 décembre). Surtout, toutes les parties prenantes sont invitées à trouver une « réponse consensuelle » à la crise politique. Concrètement, et face à l’inflexibilité de la majorité présidentielle, il est demandé au Rassemblement de mettre de l’eau dans son vin en acceptant que Kabila reste au pouvoir durant la transition, en échange d’un raccourcissement de cette dernière, de la promesse de ne pas réviser la Constitution et d’un nouveau partage des postes. Vu l’hyper-concentration des pouvoirs au niveau de la présidence, cela revient à laisser à Kabila les clés de la maison un an de plus.

En voulant éviter ce qu’elle considère comme le scénario du pire, la communauté internationale valide malgré elle la stratégie de l’équipe au pouvoir : s’imposer par le fait accompli et le chantage au chaos, suppléer l’absence de base légale et de consentement populaire par la menace de la force. Ce faisant, elle tourne le dos aux plus mobilisés parmi les jeunes congolais, pour lesquels le scénario du pire, c’est le maintien de Kabila au pouvoir après le 19 décembre. Car non seulement ce scénario piétine la constitution et le principe de l’alternance qui en est le coeur, mais il implique le maintien d’un inacceptable, celui de la clochardisation des jeunes, de leur soumission à un ordre arbitraire et prédateur dont Kabila est à leurs yeux la clé de voûte. Quand la communauté internationale craint une « burundisation » du Congo, eux, regardent du côté du Burkina Faso, où la population mobilisée a « dégagé » Blaise Compaoré après 27 ans de règne.

Habitée par cette intransigeance démocratique qui grandit parmi la jeunesse africaine, cette génération a un sens aigu de sa responsabilité historique. Nombre de ses représentants sont prêts au sacrifice – « même si je meurs, cela servira à ceux qui me suivent » entend-on régulièrement. Et ces jeunes ne s’alignent plus aussi docilement sur les consignes des partis d’opposition. L’obtention d’un arrangement de dernière minute reportant le départ de Kabila serait considérée comme une nouvelle trahison des élites, nationales comme internationales. Un déni de justice aux relents postcoloniaux. Accord politique ou pas, cette jeunesse sortira le 19 décembre.

François POLET

Sociologue, chargé d’étude au CETRI et doctorant à l’ULG.

Espionnage : Joseph Kabila et ses proches sur écoute téléphonique

Les nouveaux documents extraits par Le Monde, en collaboration avec le site The Intercept, des archives de l’ex-consultant de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine Edward Snowden confiées à Glenn Greenwald et Laura Poitras, offrent, en effet, une plongée inédite sur le détail d’une collecte visant vingt pays africains, réalisée par les antennes des services secrets britanniques (GCHQ) entre 2009 et 2010. Parmi les chefs d’États Africains visés par les écoutes, Joseph Kabila et ses proches.

techOutre le vice-ministre des mines, c’est le tout puissant conseiller spécial de Joseph Kabila, Augustin Katumba Mwanke, qui était dans les radars. Cet homme discret a la haute main sur les contrats miniers et organise ce que la communauté internationale qualifie de « pillage des ressources naturelles » au service du clan au pouvoir.

D’autres hommes d’affaires proches de Joseph Kabila figurent parmi les personnalités visées, comme Victor Ngezayo à la tête d’un groupe d’hôtellerie notamment. Politique et affaires vont de pair au Katanga où le populaire ancien gouverneur, Moïse Katumbi, profitait de sa position pour orchestrer l’exploitation minière. Proche de Joseph Kabila grâce à qui il a pu constituer sa richesse, M. Katumbi a rallié l’opposition à son maître d’hier qu’il voudrait affronter désormais dans les urnes.

Les télécommunications de grands groupes étrangers opérant sur le continent sont également surveillées. Il en va ainsi du spécialiste italo-suisse de logistique Mediterranean Shipping Company. La plupart des opérateurs de télécommunications sont espionnés, comme le sud-africain MTN, les Saoudiens de Saudi Telecom, France Télécom et Orange.

A 924 km plus au nord, de l’autre côté d’une frontière qui fut traversée par des troupes angolaises venues soutenir Laurent Désiré Kabila durant la seconde guerre du Congo (1998-2003), Kinshasa est également étroitement surveillée. Depuis l’assassinat de son père en janvier 2001, le fils, Joseph Kabila, a pris les rênes de ce géant d’Afrique et semble intriguer les espions britanniques qui visent toutes ses télécommunications ainsi que celles de ses proches conseillers politiques, diplomatiques et militaires.

L’écoute est la surveillance par un tiers de conversations téléphoniques conventionnelles ou de communications réalisées via Internet, souvent par des moyens dissimulés. Les dispositions légales permettent à la justice d’autoriser l’écoute sous ses différentes formes par les autorités ou agences de renseignement pour des motifs reconnus comme autorisés.

Parallèlement à ces formes de surveillance légale, peuvent se produire des écoutes illégales, résultant des agissements clandestins et non autorisés de personnes « privées » voire « publiques ». Pour être légale, l’écoute nécessite une autorisation judiciaire préalable : celle-ci est donnée seulement quand il est impossible de détecter l’activité criminelle ou subversive par l’intermédiaire de moyens moins envahissants. Pour que celle-ci soit appliquée, les lois exigent souvent qu’elle permette d’instruire un crime ou un délit d’une certaine gravité.

RDC : « Pas de signaux pour le départ de Kabila », selon un panel d’experts de la RDC

Son deuxième et dernier quinquennat expire le 19 décembre 2016. Mais Joseph Kabila, président de la République Démocratique du Congo depuis le 26 janvier 2001, est loin de concéder un passage démocratique et civilisé du pouvoir, en dépit de la pression internationale et des tensions internes, opposées à aux manœuvres tendant à rallonger le règne du « Raïs », comme l’appellent affectueusement ses partisans.

A quelques semaines de la fin constitutionnelle de son mandant, le président Kabila de la RDC peine à se prononcer sur le financement des prochaines élections générales au pays (Ph. Tiers)
A quelques semaines de la fin constitutionnelle de son mandant, le président Kabila de la RDC peine à se prononcer sur le financement des prochaines élections générales au pays (Ph. Tiers)

La période précédant le 19 décembre 2016 est une période de tous les dangers en RD Congo, suite au sabotage de la tenue des élections par le régime Kabila, en violation de la constitution et ce, pour soutenir la volonté manifeste du Président Kabila de ne pas quitter le pouvoir.

Néanmoins le dernier espoir est placé dans les démarches de la CENCO afin qu’il ait lieu avant le 19 décembre 2016 un accord politique permettant d’éviter l’hécatombe qui se profile à l’horizon.

La RDC a connu des scénarios, et non les moindres, jamais expérimentés dans d’autres pays. Seul pays du monde qui a pu voir un président et quatre vice-présidents à son sommet, la RDC a aussi le record des accords politiques ayant débouché à des partages de pouvoir. En plus de l’usage de la force comme outil de répression de tout soif de démocratie et des coups d’Etats répétitifs depuis son indépendance, le pays serait sur la voie d’un « Etat d’urgence » conspiré ou non souhaité, avec le cumul des massacres aux colorations génocidaires dans le Beni-Lubero au Nord-Kivu. Lire la suite RDC : « Pas de signaux pour le départ de Kabila », selon un panel d’experts de la RDC

Ce que les politiciens – opposants et Kabilistes – ne savent pas dire au peuple de RDC…

Le 19 décembre 2016 sera à la fois un début et une fin. La RDC est aujourd’hui un pays où se croisent les superpuissances, sans dire les nouveaux maîtres du monde. Et, bien qu’avec une diplomatie moins performante, Kabila semble maîtriser cet aspect que les autres acteurs, sauf l’église catholique, qui, elle aussi, est au centre d’un vaste réseau d’informateurs jésuites à travers le monde. A Kinshasa, ça se joue entre Washington, Bruxelles, Paris, Beijing et New Delhi.

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Située entre les Grands-lacs de l’Est de l’Afrique et l’océan Atlantique, la RDC est en cheval entre plusieurs zones d’influences géostratégiques.

Parmi les opposants, un certain Moïse Katumbi et un certain Vital Kamerhe ont de l’avance – à l’international bien sûre – en termes d’informations privilégiées. Eux aussi, comme Kabila, ils savent ce que c’est un « copain », un ami et un partenaire.

Ce n’est plus à démontrer, si l’Union Européenne ne réussit pas à sauver son ancien allié qui s’est tourné aux chinois, Joseph Kabila, elle lui préfèrerait Vital Kamerhe, apparu « observateur UE », lors des élections au Gabon. Pendant que les démocrates et les conservateurs des USA et de l’UK – sionistes pour le plupart – sont proches de Moïse Katumbi. Dans une option ou dans une autre, Etienne Tshisekedi est perdant. Mais pas son fils Félix Tshisekedi, qui flirte entre Kamerhe et Katumbi, mais beaucoup plus avec Katumbi, à qui il a presque confié l’influence derrière toute la publicité autour de ce qu’on appelle aujourd’hui « Rassemblement ». Tout le monde n’est pas dupe. Mais, c’est l’une des raisons pour lesquelles l’opposition s’oppose plus à l’autre opposition qu’au régime en place. Lire la suite Ce que les politiciens – opposants et Kabilistes – ne savent pas dire au peuple de RDC…

RDC | Remaniement : Joseph Kabila tourmente dans son camp et piège les « anti-dialogue »

Ils n’en peuvent plus ! Ministres et vice-ministres d’Etat attendent de savoir s’ils vont rester, partir ou être mutés, pour le plus grand plaisir du président. Enervé par l’échec du plan de glissement conspiré et la machination du dialogue, l’homme de Kingakati ressert ses liens et revoie dans son camp.

A quelques semaines de la fin constitutionnelle de son mandant, le président Kabila de la RDC peine à se prononcer sur le financement des prochaines élections générales au pays (Ph. Tiers)
A quelques semaines de la fin constitutionnelle de son mandant, le président Kabila de la RDC peine à se prononcer sur le financement des prochaines élections générales au pays (Ph. Tiers)

Samy Badibanga nommé aux affaires étrangères (en remplacement de Raymond Tshibanda) ? Patric Muyaya au sport ? Mfumu Nemwanda N’semi bientôt ministre ? Mystère… Bienvenue dans l’enfer du remaniement façon Joseph Kabila ! Autour de la table du Conseil des ministres, ce matin, personne n’en soufflera mot évidemment. Mais ce jeu de bonneteau, imminent, a le don de mettre à vif les nerfs du gouvernement. Il faut dire que c’est probablement le dernier grand chambardement du quinquennat, censé constituer une « équipe de crise » pour 2016. Lire la suite RDC | Remaniement : Joseph Kabila tourmente dans son camp et piège les « anti-dialogue »

Beni : Nouvelle attaque des presumés ADF

Ce lundi 23 novembre 2015, vers 17 heures 45 minutes, il y a eu embuscade tendue par les ADF/NALU sur le tronçon Mbau-Kamango au niveau de la localité de Mamundyoma ( 25 Km), Secteur de Beni-Mbau, Territoire de Beni, Province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo.

Beni

Le bilan fait étant de trois ( 3 ) personnes tuées tous des civiles. Les corps des victimes sont exposés à la morgue de l’hôpital général de Oïcha. Tout en condamnant fermement c’est acte criminel, la CRDH exige au commandement des opérations Sokola 1 à renforcer les mesures sécuritaires dans le tronçon Mbau-Kamango et Oïcha-Eringeti pour mettre fin aux embuscades répétitives dans cette partie du Territoire national.

La CRDH a le profond regret de constater que les militaires qui sont engagés au champs de bataille accuseraient trois (3) mois sans recevoir leurs soldes. Elle demande au gouvernement Congolais de bien encadrer ces combattants de la paix en mettant à leurs dispositions tout les nécessaires.

De @Tyna Kasoki – OASIS CONGO MEDIAS

Conférence de Presse animée par Me OMAR KAVOTA et TEDDY KATALIKO, le 08 Juin 2014, à l’Hôtel KABINDA-CENTER, Commune de Lingwala, KINSHASA-RDC.

VERBATIM CONFERENCE DE PRESSE

SITUATION SECURITAIRE AU NORD-KIVU, SOS CONTRE LE TERRORISME EN PUISSANCE A BENI ET GOMA

Conférence de Presse animée par Me OMAR KAVOTA et TEDDY KATALIKO, le 08 Juin 2014, à  l’Hôtel KABINDA-CENTER, Commune de Lingwala, KINSHASA-RDC.

 

Mes dames et Messieurs de la Presse,

Heureux de voir répondre massivement à notre invitation. Pour ceux à qui nous ne sommes pas familiers, nous nous présentons comme :

-Maître OMAR KAVOTA, Coordonateur du Centre d’Etudes pour la Paix et les Droits de l’Homme (CEPADHO), Ong-DH, active à l’Est de la RDC. Je suis celui qui a démissionné volontairement des fonctions de Vice-Président et Porte-parole de la Société Civile du Nord-Kivu, pour fin mandat.

-Mr TEDDY KATALIKO, Président de la Coordination de la Société Civile Territoire de BENI.

 1. OBJECTIF DE LA COMMUNICATION

L’objectif de cette Conférence de presse est de tenter tant soit-peu de restituer la vérité des faits sur ce qui se passe au Nord-Kivu. Par ce qu’en tant que témoins directs des événements, nous avons de la peine en réalisant que nombreux d’entre nous (Operateurs politiques, Analystes, Journalistes, Diplomates, Citoyens lambdas, etc .) sont ceux qui comprennent mal ou ne comprennent pas du tout ce à quoi la République fait face à l’Est du pays. Cela l’est de manière innocente pour la grande partie de gens. Cependant, il est possible qu’une petite minorité d’agitateurs et des manipulateurs quand bien même sachant le véritable problème qu’il y a, se contentent de désinformer l’opinion, de présenter autrement le problème en vue de tirer des dividendes de la situation.

La conséquence c’est qu’en force de dénaturer le problème, en force de l’ignorer ou de le présenter autrement, l’on isole les chances d’y trouver de véritables solutions et de fois l’on décourage la solidarité nationale et internationale pourtant requise pour l’endiguer.

Nous sommes convaincus que si les medias que vous représenter peuvent restituer la vérité à la Société, celle-ci se mobilisera en faveur d’une  solution durable et définitive pour arrêter le mal.

A cet effet, nous envisageons articuler notre Communication de ce jour sur 3 points, à savoir :

-La problématique des massacres des civils à BENI ;

-La récente attaque de l’aéroport de Goma ; et enfin,

-Notre point de vue sur les tractations en cours au sujet d’un prochain  Dialogue National.

2. APERCU SUR LA SITUATION DES MASSACRES DES CIVILS A BENI

Ce qui se passe en Ville et en Territoire de BENI c’est le pire de l’histoire de notre pays. Tuer les personnes à la manchette ou à la hanche, éventrer les femmes enceintes, broyer les têtes des enfants en les cognant contre le mur sans moindre pitié tel est l’image de ce qui se vit dans cette partie du pays depuis le 02 octobre 2014. Jusqu’à ce jour, nous comptons au moins 430 personnes sauvagement exécutées, ce qui présente une moyenne de 54 civils tués chaque mois, soit 14 civils/semaine et donc 2 morts chaque jour.

Si face à cette cruauté nous pouvons rester indifférents, alors notre sens humain perd sa valeur.

La question que nombreux se pose c’est sans doute, qui fait tout ça ?

 Il ne faut pas passer par 4 chemins pour identifier l’ennemi, les tueurs des Civils à BENI. Nous savons qu’ici à KINSHASA vous avez appris toute sorte de ragots  quant à ce. Certaines bouches vous ont dit sans rire que :

-Ce sont les FARDC engagées dans les Operations SUKOLA1  qui massacrent les civils à Beni ;

-Ce sont les casques bleus de la MONUSCO qui distribuent les machettes et les armes aux tueurs ;

– Ce sont les compatriotes rwandophones en migration vers le Territoire de BENI ou d’IRUMU (ITURI)  qui massacrent les civils, etc.

Retenez que tout cela n’est que mensonge éhonté. Ce genre d’affirmations mensongères faites surtout dans l’unique intention de nuire de décourager toutes les volontés disponibles à contribuer à endiguer l’hémorragie, de désinformer ou d’intoxiquer la population  traduisent purement et simplement, à défaut de la complicité et de la haine, la trahison contre notre chère patrie la RDC.

S’agissant par exemple de ceux mettent en cause les FARDC:

Qui peut ignorer que dans la plupart des cas, nombreux survivants des massacres ne l’ont été que grâce à l’intervention des FARDC ? Allez-y voir, dans les localités où les massacres ont été perpétrés, comme : ERINGETI, KAINAMA, KOKOLA, KISIKI, MBAU, MAMUNDIOMA, KAMBI YA MIBA, MAVIVI, MUSUKU, en Secteur de BENI-MBAU pour le Territoire de BENI ou dans certains Quartiers comme PAIDA, BOYKEN, NGADI ou MATEMBO en Ville de BENI. Méconnaître ces sacrifices consentis par l’armée dans ces moments difficile relève de l’ingratitude, si non de la complicité avec les tueurs.

Aussi, rappelons-nous : Il y a eu des moments où l’armée au cours de cette Opération Sukola1 a mené des rudes  combats, où l’on pouvait facilement assister à la mort de 5 Officiers supérieurs, sans compter la vingtaine ou la trentaine des combattants. Mais, jamais ce jour là à on a assisté à aucune scène de pillage ou d’assassinat d’un seul civil par les militaires en colère pouvant prétexter  venger leurs compagnons d’armes.

Comment se pourrait-il qu’à l’ occasion de rien ces militaires qui ont défendus la population au prix de leur sang soient ceux qui se détournent et se livrent aux massacrent les civils ? Non, c’est absurde et donc injustifiable.

Nous croyons par contre que les operateurs de cette thèse cherchent tout simplement soit à révolter les militaires soit à les inciter à se retourner contre les civils pour briser ainsi le mariage FARDC-Population. Aussi, il se voit dans cette campagne une certaine volonté des détracteurs du Chef de l’Etat (Commandant Suprême des FARDC) à vouloir opposer la population contre lui, en le présenter comme le bourreau de ceux en faveur de qui il se bat pour sécuriser. C’est méchant et très malhonnête.

Quant à ceux qui accusent les casques bleus de la MONUSCO :

 Pendant qu’on voit les éléments de la brigade d’intervention de la MONUSCO agir au coté des FARDC pour combattre l’ennemi à Beni, pendant qu’on assiste aux embuscades contre les Casques bleus à Beni, ça parait insultant de dire que la MONUSCO serait de mèche avec ceux qui tuent les civils à Beni.  Il est clair que les conspirateurs de pareille thèse  voudraient susciter de l’énervement dans le Chef de la mission en vue d’obtenir son désengagement. Pour le bien être de la population, il faut leur faire échec et se méfier d’eux.

Et pour ceux qui incriminent nos compatriotes d’expression rwandaise en migration vers IRUMU et BENI :

Il faut noter que ceux-ci ne peuvent apporter la moindre preuve de leur affirmation. Il y a lieu de croire que pour des intérêts inavoués ou par nostalgie du mal, il y a ceux dont le plaisir c’est de raviver les tensions interethniques pour perpétuer la violence à l’Est du pays. Ce sont eux qui pourraient être à l’origine de ces propos.

Mais alors la question persiste, qui massacre les Civils à Beni ?

En réponse, mes dames et Mrs de la Presse, disons cela tout haut à l’intention de toute la Communauté tant nationale qu’internationale : Ceux qui tuent à BENI, ce sont des terroristes. Ce sont des islamistes, des jihadistes du genre ou de l’espèce BOKOHARAM, ELSHABAAB, ALQUAIDA, etc et cela avec comme objectifs :

  • La mise en place d’un système de terreur d’épuration systématique des populations civiles,
  • Le déplacement force des populations en vue d’occuper progressivement leurs terres et d’exploiter les ressources naturelles,
  • L’installation des foyers d’intégristes religieux et des bases d’entrainement terroristes dans la zone

Un ensemble des sujets Ougandais, Kenya, Somaliens, Tanzaniens, Rwandais, Soudanais, Burundais, Centrafricains et Congolais qui se couvrent le label ADF-NALU (au nom de cette rébellion ougandaise) aujourd’hui sous une nouvelle dénomination ‹ MDI › Muslm Defense International, alors que ce sont des véritables terroristes qui s’assignent pour mission islamiser de force toute la région et créer un Etat Islamiste dans la Région de Grand-Lac.

L’extrême nord du Territoire de BENI, dans le Parc de VIRUNGA et la Vallée de la rivière SEMULIKI ont abrité jusqu’il y a peu des CENTRES d’Instruction pour former ces terroristes. Leurs essais de bombes artisanales ont fait par plus de 4 fois des victimes en Ville de BENI au cours du premier Trimestre de 2014.

Pour ces Terroristes, l’armée régulière congolaise ne pouvait pas venir démanteler ce centre international de terrorisme (allusion faite aux destructions par les FARDC des Camps MADINA, CANADA, ISSA, MAKOYOVA, MAKEMBI, TSUTSUBO, ABIA KAMBI YA MIBA, KAMBI YA CHUI) qui a valu des millions des dollars, d’importantes ressources matérielles et humaines. Et comme pour y arriver l’armée a bénéficié de la complicité de la population, les Jihadistes viennent faire payer cela à cette population.

Ces Terroristes, pour s’enraciner, ont réussi à asseoir un réseau d’intelligence très entretenue, un circuit financier/économique transfrontalier très fort ainsi que des complicités locales et internationales. A ce sujet, au 1er semestre 2013 nous avons par exemples documenté de cas de recrutements des jeunes dans des mosquées au N-Kivu, Sud-Kivu, Maniema et ITURI, le kidnapping des plus ou moins 894 civils en Territoire de Beni convertis de force en musulmans (selon les témoignages de plus de 383 civils libérés, des combattants-Adf rendus ou capturés par les FARDC). Ceux qui s’opposaient à cette conversion forcé étaient exécutés sans autre forme de procès, c’est le cas de 3 Prêtres de la Paroisse Catholique de MBAU, en à en croire un combattant ADF capturé.

C’est pourquoi nous disons que le contexte sécuritaire en Territoire de  BENI nécessite une attention particulière de chacun de nous. Le problème est aussi grand que nous ne l’imaginons. Il nécessite, pour l’endiguer, la mobilisation de toute la Communauté nationale et internationale, la solidarité des toutes les provinces de la RDC, des Etats de la Région, de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, des USA et des Nations Unies.

Seule la RDC ne peut pas faire face à cette hémorragie sans le concours des Etats amis. C’est ici l’occasion de féliciter la TANZANIE qui a joué sa part en mettant la main sur le cerveau no.01 de l’ADF MDI, JAMILI MUKULU. Les autres Etats voisins devaient en matière de coopération avec la RDC dans cette lutte, imiter la TANZANIE, étant donné que nombreux recrues viennent de chez-eux.

Nous encourageons le Chef de l’Etat à prendre le devant dans la mobilisation de la Communauté nationale et internationale pour que ce problème soit compris de par le monde. Si le Nigeria, le Cameroun, le Mali n’ont pas eu honte de le faire pour appeler à la solidarité internationale, la RDC ne pourra plus non plus à son tour s’en empêcher.

Nous voudrions finir ce point en fixant l’Opinion que : ce qui se passe à BENI n’est jamais l’affaire de massacres des Civils par les FARDC ou la MONUSCO, ou la complicité de l’armée. Le dire ainsi c’est tout simplement cracher sur les efforts jusque là consentis par les FARDC, voire sur la mémoire de ceux qui sont tombés sur la ligne de front pour cette cause.

Sachons tous qu’à BENI il y a plutôt des Terroristes, sans objectif militaire. Ils ont de têtes pensantes (en RDC et à l’extérieur du pays), des Noyaux des Coordinations  dans les profondeurs (foret /parc) et des groupes satellites opérant en groupuscules dans les faubourgs  des agglomérations pour décapiter, éventrer les civils sans défense.

Contenir leur mode opératoire passé de la guerre classique à la guérilla ou guerre en symétrie nécessite une compréhension commune et des moyens conséquents aussi bien humains que matériels, la solidarité nationale et internationale.

Chercher à réduire ce grand problème aux simples individus (Commandants des Operations militaires par ex., unités FARDC engagées sur les fronts) revient à le minimiser, à le dénaturer et à s’isoler des pistes vers une solution durable.

3. DE LA RECENTE ATTAQUE DE L’AEROPORT DE GOMA

 A notre niveau, la récente attaque de l’aéroport de GOMA est un signe qui ne trompe pas sur les risques d’une nouvelle guerre à l’Est du pays. Ce serait peut être inapproprié de réduire une menace de ce genre à un seul petit individu KAMBALE MALONGA, présenté comme cerveau de cette tentative de déstabilisation par les Officiels.

Avec la menace terroriste dans la région, les incursions  rwandaise et ougandaise dans le Territoire de RUTSHURU, NYIRAGONGO et BENI observées les mois derniers, il y a lieu de considérer que derrière KAMBALE MALONGA se cache une main noire. KAMBALE  parait un arbre qui cache la forêt.

Partant du mode opératoire des combattants, des armes dont ils ont fait usage, le lieu choisi pour déstabiliser la ville (très stratégique même pour la province), il faut comprendre qu’il y a là un réseau qui peut avoir des ramifications aussi bien à l’intérieures qu’à extérieur du pays.

Tout en saluant l’action des Forces et Services de sécurités qui ont réussi à mettre la main sur ces malfrats, nous restons prudents en attendant la suite et appelons la population à plus de vigilance. Dans l’entre temps, nous encourageons le Gouvernement Central à ouvrir l’œil et le bon, à suivre de prêt la situation pour éviter toute éventuelle surprise.

  • DES CONSULTATIONS EN PERSPECTIVES D’UN EVENTUEL DIALOGUE NATIONAL, NOTRE POINT DE VUE

Tout en étant en Province, nous suivons de près la démarche entreprise par le Chef de l’Etat qui  procède en ces jours par les consultations de la représentation de la population en vue de juger ou non de la pertinence d’un éventuel Dialogue National.

 

Nous saluons cette approche choisie par le Président de la République qui depuis son avènement à la tête de ce pays s’est toujours montré ouvert pour échanger sur des questions intéressant la vie de la Nation.

Cependant, étant donne que  KINSHASA n’est la RDC, nous encourageons le Chef de l’Etat à faire le tour de Province pour écouter aussi la voie de l’intérieur du pays. A la limite, si le Président pouvait faire le tour de grands blocs de la république (Est, Centre et Ouest) et écouter les avis et considérations des Congolais de l’arrière pays, afin de se faire un aperçu véritablement national.

Toute fois, s’il arrive que l’agenda du Chef de l’Etat ne lui facilite pas de faire le tour des Provinces en réponse à notre vœu, qu’il lui plaise au cas où il est décidé de la tenue du Dialogue National a lieu, d’inscrire sur les matières à traiter, outre le dossier électoral, le dossier sécuritaire et particulièrement du Terrorisme en émergence à l’Est du pays.

Par ce qu’il est clair que dans le contexte actuel de Terrorisme au Nord-Kivu et dans d’autres provinces de l’Est, la sécurité du processus électorale est menacée.

Merci pour votre attention soutenue. Nous sommes disposés à répondre à vos Questions.

-Me OMAR KAVOTA, Tél : +243 993 53 53 53 ; 810 75 75 11 ;E-mail : maitrekavota@gmail.com;

-TEDDY KATALIKO, Tel : +243 998 5491 36 ; E-mail : kataliko_teddy@yahoo.fr

Beni : Un carnage de plus… 10 morts

« Le bilan est de 10 morts », apprend-on des sources de la société civile sur place à Beni-ville.

Près de 600 personnes ont été exécutées à l'arme blanche dans la région de Beni. (Ph. Tiers)
Près de 600 personnes ont été exécutées à l’arme blanche dans la région de Beni. (Ph. Tiers)

C’est au quartier Matembo, en commune de Mulekera, à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Beni que ce carnage s’est produit. Des asssaillants armés aux gourdains, machettes, autres armes blanches et quelques armes à feu ont fait irruption de cette partie de la ville martyre du Nord-Kivu et ont commencé à égorger des citoyens.

Matembo est située en cheval de la RN-4 en direction d’Oïcha, à près de quelques kilomètres de l’aéroport international de Mavivi qui abrîte un campement de la MONUSCO et une base mobile de l’unité de réaction rapide du régiment commando des FARDC, armée loyaliste RDCongolaise. Matembo c’est  aussi à un pas de Ngadi, le lieu qui a vu tombé le colonel Mamadou Ndala en début 2014.

Ce énième carnage intervient 72 heures après qu’un contingent tanzanien de la brigade d’intervention de l’ONU soit tombé dans une embuscade tendue par des présumés ADF dans la même zone, vers Kokola, au tour d’Oïcha, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Certaines sources sur place attribuent ces tueries à un commando dirigé par le colonel réfractaire Bisambaza, ayant fait défection des FARDC et à la tête d’un mouvement rebelle en gestation dans cette zone.

RDC | 16 février : Journée mémorable pour une démocratie fiction au Congo-Kinshasa

16 février 2015 – 16 février 1992 ; c’était il y a 23 ans… la grande manifestation connue sous le nom de la Marche des Chrétiens disait son mot sur des pavés et chaussés de la RDC, alors Zaïre. Organisée par les Chrétiens de Kinshasa, cette marche  visait à obtenir la reprise de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) qui avait été un moment suspendue par le pouvoir de l’époque. Face à la marée humaine, les forces gouvernementales de sécurité tirèrent à bout portant sur les manifestants pacifiques non-armés.

A la fin de la réunion du lundi 3 février 1992, le Comité Laïc de Coordination avait décidé de lancer un APPEL AU PEUPLE DE DIEU ET AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE pour les inviter à participer à cette « Marche d’Espoir » et sauver la nation congolaise. Modeste Bahati rédigea cet Appel sous la dictée de Pr. Kabemba, Marie-Thérèse Mulanga et de nous-même, avant bien sûr d’être finalisé par Lumbi. La phrase « Chrétien, lève-toi, engage-toi, libère le Peuple de Dieu ! », qui clôturait cet Appel était une inspiration personnelle de Marie-Thérèse Mulanga.

ch1Les Congolais qui ont encore une bonne mémoire savent pertinemment bien qu’Honoré NGBANDA a été le bourreau de l’opposition ex-zaïroise regroupée au sein de l’USOR et alliés dont le leader était Etienne Tshisekedi. Outre le massacre du 16 février 1992 des chrétiens, Honoré NGBANDA s’est distingué par des assassinats politiques qui lui ont valu le surnom de  » TERMINATOR « .

De nombreux militants de l’UDPS en ont été victimes. Ce braintrust du régime Mobutiste a été parmi le pré-carré du maréchal Mobutu que l’opinion a qualifié de  » Faucons  » et qui a contribué à l’échec de la Conférence nationale souveraine (CNS), ce qui a engendré la rébellion de l’AFDL.

Dans la mémoire collective des Congolais jadis (Zaïrois), le sang, les cris et les pleurs des innocents Enfants de Dieu, chrétiens et non chrétiens, croyants et non croyants, manifestants pacifistes, résonneront et bourdonneront dans les oreilles des Congolais à vie; parce que la répression fut disproportionnée par rapport aux manifestants sans arme, qui marchaient pacifiquement et qui avaient pour arme des livres saints comme la bible et des textes des prières.ch2

L’organisation de la manifestation pacifique des Chrétiens était gérée par des prêtres Catholiques et quelques personnalités de la société civile. La revendication principale était, je préfère écrire ce que l’Archevêque de Kinshasa Laurent Mosengwo Pasinya à dit dans son homélie de ce matin, lundi 16 février 2009, 17 ans jour pour jour « la réclamation du processus démocratique, il demande aux Congolais de continuer à réclamer la vraie démocratie pour le bien être des Congolais».

Le 16 février 1992, dimanche matin avant de partir, les manifestants ont prié sous la conduite de l’Abbé Valentin Mwemba, Curé de la Paroisse Saint Joseph et de Vicaire Alpha Kimini et Modeste Ngemba; Les manifestants chantaient des louanges et des cantiques, mais en face d’eux des soldats armés jusqu’aux dents; les soldats du criminel dictateur Mobutu Sese Seko Kuku Ngendu Waza Banga,  dirigé par le sanguinaire Nbganda Zambo Ko atumba, « terminator » de triste mémoire, Ministre de la défense de la junte qui donnera l’ordre de tirer des rafales d’armes de guerre automatique à bout portant dans la foule; c’était un carnage, un massacre, une boucherie comme celui de la marche réprimée des étudiants le 04 juin 1969. Des morts partout dans les différentes têtes des manifestations de 24 Communes de Kinshasa, et des quartiers comme celle de l’Abbé Iswa, Curé de la paroisse Saint Luc qui marchaient vers la jonction du point de la rencontre finale, l’Eglise Saint Joseph de Matonge, dans la Commune de Kalamu à 200 mètres du Rond point Victoire. Il est difficile de donner le chiffre exact des morts parce que la répression était organisée en deux escadrons : en premier ligne, il y avait des commandos qui tiraient sur les manifestants et en deuxième ligne ceux qui ramassaient des cadavres.

ch3La vérité étant têtue et 17 ans après ces événements, une source militaire a révélé une estimation de 300 à 400 morts environ. Une vingtaine des corps entassés dans la paroisse Saint Joseph  par le courage du Père Belge Léon de Saint Moulin avec les éléments de la croix rouge qui ramassaient les cadavres devant l’escadron de la mort, malheureusement, ils seront récupérés par des commandos dans l’enceinte de l’Église.

Un miracle se produira: Dieu va assister ses serviteurs, selon les témoins, une histoire incroyable mais vraie qui va se passer dans la colonne des manifestants qui est partie de la Paroisse Saint Gabriel de Yolo-sud. L’Abbé Lazare de la paroisse de Yolo à la tête de la marche dans la chaussée Kimuenza se verra rejoindre par plusieurs manifestants de la Société Civile et de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), à la proche de l’intersection de l’avenue Kimuenza et l’avenue Kapela qui divise les deux quartiers Yolo-Sud et Yolo-Nord, soudain, des soldats vêtus d’uniformes que les Congolais n’avaient pas l’habitude de voir, des mercenaires étrangers venus des pays voisins et des soldats Ngbandi, payés par Mobutu pour tuer.ch4

L’Abbé Lazare prendra la parole et dira à tout le monde de « ne pas insulter, ni jeter des pierres aux militaires parce qu’aujourd’hui Dieu sera avec nous », subitement, les militaires vont ouvrir le feu contre les manifestants en position accroupie  pour prier Dieu.

(avec l’aimable autorisation des aînés qui ont documenté cet événement… je n’avais pas encore l’âge scolaire)

Politique | Feuilleton Kamerhe – Moloka : Quand le pouvoir récupère

Après J.-C. Muyambo, J.-L. E. Kyaviro, etc. ; Vital Kamerhe est-il le prochain locataire d’une cellule à Makala ? Personne ne sait, mais on sait déjà que les « Kabilistes » manipulent la justice RDCongolaise pour se débarrasser des plus farouches des opposants au régime en place au pays. Si la stratégie des récupérations des « banalités judicaires » du passé est mise en avant plan par les « pouvoiristes », pour l’ancien speaker de l’assemblé nationale ; ne soyez (soyons) pas surpris que la « justice congolaise » rabâche en fourbe sur une affaire classée, et d’ailleurs pour laquelle un arrangement à l’amiable a déjà eu lieu. Un mal congolais ?

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Vital Kamerhe et Joseph Kabila. [Les Archives…] (Ph. Tiers)

À en croire le Phare, la Ministre de la Justice et Droits Humains avait donné injonction au Procureur Général de la République de se pourvoir en cassation contre la décision du tribunal de grande instance de Gombe et d’ordonner le renvoi de la cause devant le tribunal de paix de Ngaliema. On croyait que cette affaire qui avait défrayé la chronique judiciaire et sociopolitique durant l’année 2013 avait été enterrée définitivement. Mais non, voilà qu’elle revient à la suite du réquisitoire de pourvoi en cassation introduit par le PGR sur injonction d’une autorité politique en la personne de l’ex-Ministre de la Justice.

L’irrecevabilité du réquisitoire du PGR

Ce mercredi 28 janvier 2014, ça va encore chauffer comme avant-hier lundi à la Cour Suprême de Justice qui, aux yeux des membres de I’UNC, devrait être déclarée incompétente. En effet, déjà en 13 octobre 2014 Me Mukendi Wa Mulumba avait déposé un pourvoi en cassation en invoquant des motifs de droit dont l’irrecevabilité du fait de la transaction conclue en 2013 entre Kamerhe Vital et Wivine Moleka. Cette dernière s’était désistée de toutes les actions introduites d’abord sous le RP 26.633 devant le tribunal de paix de Ngaliema et ensuite sous le RPA 18.648 devant le tribunal de grande instance de la Gombe. Par ces actes de désistement, le ministère public comme partie au procès perdait ainsi sa qualité d’agir. Etant donné que le ministère public est réputé un et indivisible, le pourvoi en cassation introduite par le Procureur Général de la République doit être déclarée irrecevable.

Le bâtonnier national propose de revenir au juge naturel.

Hier à l’audience publique à la Cour Suprême de Justice, le bâtonnier national Matadiwamba, avocat de Mme Wivine Moleka, a fait montre d’une sportivité sans égal et d’un respect des règles de la procédure en demandant aux juges des céans de renvoyer cette cause devant le juge naturel qu’est le Tribunal de Grande Instance de la Gombe. Une façon polie et subtile de déclarer irrecevable le réquisitoire du Procureur Général de la République.

Pour sa part, Me Mukendi Wa Mulumba a ensuite enfoncé le clou en avançant le deuxième moyen de cassation, dont le fait que ce réquisitoire du PGR n’avait pas été soumis à l’examen du juge de fond pour permettre un débat contradictoire. Au cours duquel le public aurait découvert que les deux parties avaient conclu in « tempore non suspecte » une transaction dans laquelle Mme Moleka avait renoncé à toutes ses actions déposées devant les deux juridictions naturelles, à savoir le Tribunal de Paix et le Tribunal de Grande Instance. En effet, les principes, du contradictoire et le respect des droits de la défense constituent les principales règles qui distinguent l’office du juge du raisonnement juridique tel qu’il peut être pratiqué en dehors du procès.

Le bâtonnier Mukendi Wa Mulumba va plus loin en invoquant une jurisprudence de la même Cour suprême de justice devant laquelle il est venu hier solliciter l’irrecevabilité du réquisitoire introduit par le PGR. En effet, il est établi dans l’arrêt RP 631 Dame Tshimanga Musampa contre Kumbelo et consorts, que la Cour Suprême avait relevé que les juges pris à partie avaient rejeté la réouverture des débats introduite par Me Tshimanga au motif qu’elle n’avait pas été communiquée aux parties civiles. Ce, au mépris du principe du contradictoire reconnu à toutes les parties d’attaquer et de se défendre, la possibilité de connaitre et de discuter les documents produits, les témoignages déposés.

Comme dans cette cause, Vital Kamerhe est en même temps défendeur et demandeur en cassation, Me Mukendi demande donc aux juges des céans d’ordonner la jonction de la cause RP 090 avec la cause RP 4362 dès lors que les parties au procès sont les mêmes.

MCHK/TKT avec F.M. /Le Phare


Union pour la Nation Congolaise

COMMUNIQUE DE PRESSE

27 janvier 2015

L’Union pour la Nation Congolaise, UNC en sigle, informe l’opinion tant nationale qu’internationale que dans le cadre des élections présidentielle et législatives chaotiques de 2011, la CENI, à la recherche de la crédibilisation de ce processus, et conformément à la loi électorale, avait demandé aux partis politiques et aux candidats indépendants de dénoncer toute tentative ou toute fraude signalée par les témoins affectés dans divers bureaux de vote.

 C’est ainsi que l’UNC, informée par ses témoins en date du 28 novembre 2011, avait dénoncé, par sa lettre n° 048/PN/UNC/VK/CL/2011 du 28 novembre 2011, à travers l’organe chargé d’engager le parti, son Président National, les divers cas de fraude portés à la connaissance de sa Direction Politique Nationale sur toute l’étendue du territoire national.

 Dans cette correspondance, l’UNC a fait allusion au cas de la candidate Wivine MOLEKA à Mbudi. Cette dernière, s’estimant offensée, avait saisi les Cours et Tribunaux compétents contre la personne de Vital KAMERHE qui a agi au nom de I’UNC. Dès lors, on se pose la question de savoir pourquoi cet acharnement contre Monsieur Vital KAMERHE, alors que les poursuites auraient pu être dirigées contre l’UNC qui est une personne morale dotée de la personnalité juridique conformément à la loi sur les partis politiques.

 L’UNC condamne cet acharnement aux allures politiciennes qui se manifeste davantage à travers la lettre n° 1168/EMMA/906/D/CAB/ MIN/J&DH/2014 du 5 juillet 2014 du Ministre de la Justice et Droits Humains donnant injonction au Procureur Général de la République de se pourvoir en cassation contre la décision du Tribunal de Grande Instance sous RPA 19123/18648 du 7/2/2014, relative à une affaire, entre particuliers et ordonnant le renvoi de la cause à la compétence du Tribunal de paix de Kinshasa/Ngaliema.

 Curieusement, le Procureur Général de la République demande à la Cour Suprême de Justice de casser le jugement du Tribunal de Grande instance avec renvoi de la même cause devant la section judiciaire de la Cour Suprême de Justice, incompétente rationne personae et rationne materiae pour l’audience fixée au 28 janvier 2015 à 9h00

 Quel acharnement méprisant toutes les règles de l’art et violant ainsi les droits du citoyen KAMERHE.

L’objectif poursuivi est d’obtenir à tout prix, même e violation de la loi, la condamnation du Président national de l’UNC, afin de le mettre hors course électorale. C’est pourquoi, I’UNC dénonce et fustige ces vielles méthodes et pratiques relevant d’une autre époque où le plus fort se servait de la justice et autres leviers de l’Etat pour écraser les adversaires, redoutables.

L’UNC met, dès lors, l’ensemble de ses militants et militantes en alerte afin de suivre le déroulement de cette affaire qui sent le roussi et dans laquelle Madame Wivine MOLEKA s’est déjà désengagée, à la suite d’un arrangement à l’amiable intervenu entre parties.

Elle invite le Président KABILA, garant de la Constitution et donc du respect des droits de l’homme, à mettre fin à cette imposture qui, si l’on n’y prend garde, risque de conduire aux conséquences incalculables et regrettables. Pour son Président national, l’Honorable Vital KAMERHE, l’UNC ne se laissera pas faire et est prête à tout. Elle est respectueuse de la loi avec tous ceux qui la respectent et est prête à s’en délier vis-à- vis de ceux qui la violent. Il n’y a point de justice en dehors de la loi.

Enfin, elle réaffirme sa foi en la justice congolaise.


Fait à Kinshasa, le 26 janvier 2015

RDC | Politique : Kabila retend la main aux katangais

Contre toute attente, de récent discours de Katumbi contre un éventuel troisième mandat de Joseph Kabila ne passera pas sans jet d’encre dans le cercle du pouvoir. Si la « Kabilie » semblait moins élégante dans les yeux du millionnaire gouverneur du Katanga, Joseph Kabila semble pourtant un peu plus ouvert à celui qui a cofinancé sa campagne en 2011.

J. Kabila, M. Katumbi et G. Kyungu. (Ph. Tiers)
J. Kabila, M. Katumbi et G. Kyungu. (Ph. Tiers)

Le troisième « penalty », entendez par là « un troisième mandat pour Kabila » que craint Moïse Katumbi semble diviser les Katangais. Si, tirant les sonnettes d’alarmes et emboitant les pas de son jeune frère, Kyungu Wa Kumwanza Gabriel, président de l’assemblé provincial et ancien gouverneur du Katanga, annonçait la semaine dernière que le redécoupage de la RDC n’était pas une affaire katangaise, il faut déjà comprendre que les fils et petits-fils de la bourgeoisie katangaise ne partagent plus l’opinion de leur paire de la majorité présidentielle sur des points de vues précis.

Avant que la case brûle, Joseph Kabila coupe l’herbe sous les pieds de Gabriel Kyungu et Moïse Katumbi. L’autorité morale de la majorité présidentielle a entamé depuis le lundi 5 janvier 2015 des consultations sur place à Lubumbashi, capitale du Katanga, avec la notabilité katangaise, les fils et filles du Katanga présents dans institutions, venant de Kinshasa et de tous les coins du pays.

Featured Image -- 2333Les circonstances d’accommodement serraient toujours concevables pour l’intérêt du pouvoir et du Katanga. Une virtualité à ne pas débusquer. Les dissensions au sein de la Majorité Présidentielle qui s’amorcent au niveau du Katanga, mais aussi de la part d’un richissime homme et mécène populaire à l’instar de Moïse Katumbi n’auraient été souhaitable pour les originaires du Katanga qui veulent tenir le plus longtemps possible ce pouvoir acquis depuis 1997avec le concours de leurs cousins du Kivu.

Dès ce « Dialogue inter-Katangais », en plus d’une sorte de réconciliation non ou mal annoncée entre paires, des sons de Jean-Bosco Mwenda Wa Bayeke ; les contemporains de Jason Sendwe, Fréderic Kibasa, Laurent Desiré Kabila pourtant se convenir sur quelle personne portera afin leur étendard à la présidentielle de 2016 ou 2017-2019 en RDC entre Joseph Kabila, Moïse Katumbi et Katebe Katoto.

Ce « dialogue inter-katangais » autour du président Kabila intervient alors qu’Evariste Boshab, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur est arrivé à Lubumbashi, certainement pour comprendre la volte-face de Moïse Katumbi et les élucubrations alarmistes de Gabriel Kyungu. « Je suis venu faire l’état des lieux de la situation » a déclaré Évariste Boshab Mabudj-ma-Bilenge à sa descente de l’avion.

Un éventuel troisième mandant pour Joseph Kabila, un autre katangais de part son feu héros de père Laurent Kabila et kivutien de part sa très discrète mère Mahanya Sifa, du Maniema, un éventuel découpage territorial prévu par la constitution de février 2006, l’affaire des « Bakata Katanga », les menaces qui planent sur le général John Numbi dans l’affaire Floribert Chebeya, l’affaire « Vano Kiboko », etc. tels sont quelques des sujets qui fâchent dans le chef des Katangais et sur lesquels les Katangais voudrais bien écouter leur « frère » s’exprimer.