Archives pour la catégorie Humanitaire

Mandela et le Mossad : un hoax made in Israël

par Gilles Munier (Afrique Asie – février 2014)*

Israëlafrique – S’attaquer à la mémoire du leader sud-africain en affirmant sans preuve qu’il a été entrainé par le Mossad est de la calomnie. Israël espère qu’il en restera quelque chose.

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Copie du passeport éthiopien avec lequel Nelson Mandela a voyagé en 1962. Sous la fausse identité de David Motsamayi. (Ph. Tiers)

Un certain David Fachler, chercheur et colon israélien originaire d’Afrique du Sud, a affirmé que Nelson Mandela s’est présenté en 1962 à l’ambassade d’Israël en Ethiopie, sous le nom de « David Mobsari », pour demander à être formé au maniement des armes et au sabotage, et que le Mossad a été chargé de son entraînement.

Ce n’est qu’en octobre 1962, après la parution dans la presse des photos de militants de l’ANC (African National Congress) arrêtés près de Johannesburg que le Mossad a découvert, dit-il, que « David Mobsari » et Nelson Mandela  ne faisaient qu’un.

Ce bidonnage calomnieux – ce hoax, comme on dit aujourd’hui –, paru le 20 décembre dernier, curieusement sur le site Internet de Haaretz, quotidien considéré en Israël comme pro-palestinien, est à prendre avec des pincettes. Le fac-similé de la note du Mossad n’a pas été publié. Le communiqué du 9 décembre des Archives diplomatiques israéliennes faisant état d’une conversation sur la situation au Proche-Orient entre un représentant israélien« non-officiel » et « Mobsari » est bien vague et ne prouve rien… sinon que Benjamin Netanyahou et l’ultra-raciste Avigdor Lieberman – redevenu ministre des Affaires étrangères – sont au centre de l’opération visant Mandela. Lire la suite Mandela et le Mossad : un hoax made in Israël

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Burundi : Le SOS d’Amensty International – Nkurunziza s’en tape

L’ange n’est pas tombé du ciel. C’était prévisible et c’est arrivé. Le président sortant et candidat à sa propre succession, Peter Nkuruniza a été réélu. Le pays est au bord des tensions. Cela ne laisse pas indifférent qui craint tout basculement de la situation sociopolitique.

Le cortège accompagne le cercueil d'Emmanuel, un sympathisant du FNL d'Agathon Rwasa. RFI/Sonia Rolley
Le cortège accompagne le cercueil d’Emmanuel, un sympathisant du FNL d’Agathon Rwasa. RFI/Sonia Rolley

D’après son rapport publié le jeudi 23 juillet, Amnesty International accuse les autorités burundaises d’avoir réprimé des manifestations comme s’il s’agissait d’une insurrection. «Le pays semble sur le point de sombrer dans un conflit », prévient-elle.

Selon l’enquête menée par Amnesty International, la police burundaise a eu recours à la force létale de manière excessive, y compris contre des femmes et des enfants : «C’était pour réduire au silence ceux qui s’opposent au 3ème mandat de Pierre Nkurunziza.» Lire la suite Burundi : Le SOS d’Amensty International – Nkurunziza s’en tape

Kinshasa marks the 21st Commemoration of the Genocide against the Tutsi

To mark the 21st commemoration of the Genocide against the Tutsi, the Embassy of the Republic of Rwanda in DRC yesterday organised a night vigil and a mass at Sacré Coeur Church in Kinshasa.

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The night vigil was attended by members of the Rwandan community, friends of Rwanda, Ambassador of Haiti in Africa, 2nd Councillors of the embassies of Kenya, Burundi, and Zimbabwe, Charges d,affaires of Canada and Belgium, and the Belgian Military attaché in DRC.

As part of the event, two documentary films were shown including “Tuez les tous”, and “Les detectives de l,histoire: France coupable?” which trace the history of the 1994 Genocide against the Tutsi – from root causes, implementation and consequences. After these two documentaries, there followed a short documentary highlighting the major achievements of Rwanda after the genocide. Lire la suite Kinshasa marks the 21st Commemoration of the Genocide against the Tutsi

Carnage à Beni territoire : Si l’uniforme pouvait parler…

Par Umbo Salama • Sur Arc-en-Ciel

Près d’une centaine de personnes ont été massacrées, jeudi 20 novembre à VEMBA et à TIPIOMBA à 7 km de Mavivi-Ngite, près de Beni (à environs 350 Km au Nord de Goma, à l’Est de la RD Congo). Des assaillants portaient des effets de FARDC. Comment les obtiennent-ils ?

La tenue officielle des FARDC @ photo droit des tiers
L’uniforme officielle des Forces Terrestres des FARDC (Ph. Tiers)

Comme il en est l’habitude, ces massacres sont imputés aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF). Une version qui ne convainc pas Juma Balikwisha, député national élu de Beni territoire. C’est une nouvelle attaque qui porte à 200 le nombre de personnes tuées en un mois dans le territoire et ville de Beni. Ces violentes attaques ont touché trois villages : Tipiomba, Vemba et Masulukwede, à une trentaine de kilomètres de la ville de la Béni. La plupart des victimes sont des civils, qui revenaient de leurs champs ou des différents marchés où ils vendent leurs produits vivriers. Ils ont été massacrés par balles, à coups de haches et de machettes.

Si l’uniforme pouvait parler

« Ça fait la chair de poule, ce nouveau carnage enregistré entre 14 et 19 heures, le jeudi 20 novembre », s’exclame Pascal Muhindo Mapenzi, directeur de la Radio Moto à Oicha, qui s’est rendu sur leue quelques heures après le massacre. En effet des présumés ADF-NALU ont investi les villages de Tipiomba et Vemba, logeant la rivière Nzuma, à environs 10 km à l’Est de MAVIVI, en Groupement de Batangi-Mbau, dans le Secteur de Beni-Mbau, en cheval avec le Parc National de Virunga.

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Victime des tueries de vemba (Ph. FaceBook/Désiré Kyambi)

Les assaillants, vêtus en uniforme militaire des FARDC, pour détourner l’attention de la population civile, ont pris d’assaut les villages. « Les tueurs avaient rejoint les habitants chez le Chef de Village aux environs de 13 heures. Ils ont même bu ensemble et les habitants croyaient congratuler les éléments des FARDC pour la sécurité. Une heure plus tard, nous ne savons pas ce qui s’est passé. Brusquement ces assaillants ont ligoté ceux qui buvaient avec eux et ont découpé d’autres à l’aide de la machette, ou de la hache. Ceux qui résistaient étaient tout simplement fusillé. Même le chef du village, Mr Karose a été tué», raconte le prénommé Kativiti, un des survivants.

Avant de s’en aller, les assaillants ont emporté des chèvres, des poules, la récolte de cacao et des tronçonneuses. « Ils on même égorgé une vache et qu’ils se sont gés à quelques mètres du bar de Mr Karose où ils ont tués plus de 50 personnes y compris le chef du village », indique un survivant tout tremblotant. Les FARDC viennent de se déployer dans ces villages pour le ratissage. Il est interdit de fréquenter des champs où ces assaillants ont commis ces atrocités. Au même moment, la MONUSCO effectue de patrouilles aériennes dans la zone. Lire la suite de ce post de Umbo Salama → ici.

RDC : Muyej vs HRW – « Likofi 3 » ou ping-pong

Le théâtre était prévisible. En lingala on dit « o tie libala, na tie likwangola ». Traduisez : « Tu expose la planche, je la taille à la manchette ». Entre « Monsieur l’intérieur » et Madame « l’observatoire mondial des droits humains », ça sent un lit séparé. Le divorce n’est pas encore consommé mais il est prévisible. Le père a expulsé l’oncle SCOTT CAMPBELL du bureau conjoint des Droits de l’homme en RDC, mais la mère HRW a jette l’huile sur le feu en réitérant les élucubrations de l’oncle. L’enfant pleure et annonce un nouveau foyer.

Des policiers congolais participant à l’Opération Likofi dans la capitale de la RDCongo, Kinshasa, le 2 décembre 2013. (© 2013 Privé/HRW)

Dans un rapport de 63 pages, HRW avait décrit comment des policiers en uniforme, portant souvent des cagoules, avaient traîné des membres présumés de gangs connus sous le nom de « kulunas » hors de leurs demeures pendant la nuit et les ont exécutés. Les policiers avaient ouvert le feu et tué des jeunes hommes et garçons non armés devant leurs maisons, dans les marchés ouverts où ils dormaient ou travaillaient, ainsi que dans des terrains à proximité ou dans des espaces isolés. Un grand nombre d’autres ont été emmenés – sans que les policiers ne présentent un mandat d’arrêt – vers des destinations inconnues, et soumis à des disparitions forcées, précise HRW dans son rapport.

Ces accusations n’ont pas laissé muet sieur Richard Muyej, ministre RDCongolais de l’intérieur, affaire coutumière et décentralisation. Dans un point de presse, Richard Muyej refuse de comprendre que le rapport de l’Ong britannique ne fasse aucune allusion aux victimes des Kuluna. Depuis son cabinet de travail, hier mercredi 19 novembre, le Ministre de l’Intérieur crie au complot et annonce Likofi 3.

Pour Muyej, « En dépit de cette  campagne éhontée de dénigrement de notre police, le Gouvernement de la République va poursuivre ses efforts de sécurisation de la population et réaffirme sa détermination de mettre bientôt les moyens conséquents à disposition du commandement de la ville pour la matérialisation de l’opération « LIKOFI 3 » ».

Le ministre de l’intérieur voit dans le rapport de HRW une sorte de néocolonialisme en affirmant : « Nous nous retrouvons, comme au XIXème  siècle, quand, au nom de la civilisation, on colonisait les Africains et on leur coupait les mains. Dans la même logique, la règle de « diviser pour mieux régner » trouve sa place dans ce document de Human Rights Watch. »

Réagissant à ce point de presse, HRW a soulevé quelques inadéquations dans le propos tenus par le ministre. Par exemple, « lors de cette conférence de presse, M. Muyej a présenté deux individus dont il a affirmé qu’il s’agissait de personnes figurant sur deux photographies publiées dans le rapport, l’une d’elles étant identifiée comme ayant été tuée lors de l’Opération Likofi, et la seconde comme ayant été victime d’une disparition forcée. M. Muyej a également affirmé qu’un troisième homme, dont la photo a été publiée dans le rapport en tant que victime d’une autre disparition forcée, avait comparu devant un tribunal, puis jugé et remis en liberté. Cet individu n’était pas présent lors de la conférence de presse. M. Muyej a fourni les noms de ces trois individus aux médias.

Human Rights Watch a comparé les noms cités par M. Muyej à ceux des personnes figurant sur nos propres listes, mais qui n’avaient pas été publiés dans le rapport afin de protéger les familles des victimes. Or, il y a une divergence entre les noms. Les noms fournis à Human Rights Watch par les familles des victimes n’ont aucun rapport avec ceux qui ont été cités par M. Muyej. Ainsi, nous estimons que les individus présentés par Muyej ne figurent pas parmi les cas documentés par Human Rights Watch. »

Ce n’est qu’une épisode…

Nobel de la Paix 2014 : Malala rattrapée, Mukwege relégué

Le prix Nobel de la paix 2014 a finalement été accordé à la jeune pakistanaise Malala Yousafzai et à l’indien Kailash Satyarthi. Pour Dénis Mukwege, « on attendra encore », dixit la Lucha.

La militante pakistanaise Malala Yousafzai (Ph. AFP)
La militante pakistanaise Malala Yousafzai (Ph. AFP)

La jeune militante pakistanaise Malala Yousafzai a fini par décrocher le prix Nobel de la paix 2014 qu’elle partage avec Kailash Satyarthi, un autre militant indien du droit des enfants. Si la challenger de Denis Mukwege à l’édition 2013 a été repêchée cette année, il faudra attendre encore pour « l’homme qui répare les femmes », estime une militante de la Lucha, un mouvement citoyen de Goma au Kivu.

Les deux lauréats ont été choisis par le comité parmi une liste 278 candidats « pour leur combat contre l’oppression des enfants et des jeunes et pour le droit de tous les enfants à l’éducation », a déclaré le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland. En 95 prix remis à 128 lauréats, c’est la 29e fois que le prix Nobel de la paix est remis conjointement à deux personnes. Lire la suite Nobel de la Paix 2014 : Malala rattrapée, Mukwege relégué

Goma Needs Water…

#GomaVeutDel’Eau ou #GomaNeedsWater est une campagne de Lutte pour le Changement (LUCHA) visant à plaider aux autorités provinciales et nationales sur la nécessite d’accéder à l’eau potable dans la ville de Goma. La campagne date de longtemps et si vous êtes intéressés par la réponse y réservée par le Gouverneur de la Province. Comme par courtoisie politique, l’homme répond:

Comprenez enfin que Goma ne manque pas des sources d’eau, il est à bord du lac Kivu. Un gigantesque réservoir d’eau nécessitant seulement un approvisionnement et traitement.

Il est temps ou jamais de s’y mettre…

 

22 septembre – Journée Mondiale sans voiture : Gros plan sur le transport à Kinshasa et à Goma

En pleines difficultés de mobilités dans les villes de la RDC, pourquoi une journée « En ville, sans ma voiture ! » ? Une telle entreprise est née d’un constat : la planète fortement préoccupée par la pollution et la mobilité urbaine. En ville, beaucoup se plaignent d’une mauvaise qualité de l’air, de nuisances sonores, d’encombrements, etc. Malgré cela, le parc automobile et la circulation croissent… Les agglomérations urbaines de la RDCongo, de Kinshasa à Goma en passant par Kisangani et Lubumbashi via Butembo et Mbujimayi, sont réputées être parmi les « grandes poubelles » des l’automobile dans lesquelles pullulent des autos déclassés des lignes asiatiques achetés en seconde main pour raison de survie. Quel danger cela présente-il ?

Un taxi bus de marque Mercedes 207 transportant des passagers sur l’avenue de Libération (ex- 24 novembre) à la hauteur pond reliant le rond point Mulard et le Parking Kimbondo à Bandalungwa le 24/05/2013 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Un Mercedes 207 sur l’avenue de Libération, ex- 24 Novembre, à Kinshasa. (Ph. John Bompengo/Radio Okapi)

« Nous n’écoutons d’instincts que ceux qui sont les nôtres, Et ne croyons le mal que quand il est venu. »

– L’Hirondelle et les petits Oiseaux ; Jean De La Fontaine

La journée « En ville, sans ma voiture ! » a pour objectif de favoriser la prise de conscience collective de la nécessité d’agir contre les nuisances générées par la croissance du trafic motorisé en milieu urbain. Il ne s’agit pas seulement de lutter contre la pollution atmosphérique ou contre le bruit mais aussi d’améliorer la qualité de vie en ville.

Pourtant, sur les rues et avenues des villes de la RDC, le nombre d’engins motorisés concurrence celui des piétons. Les vieux vélos de nos grands-parents ont disparus. Ils ont été remplacés par des motocyclettes asiatiques bon marchés appelés « Wewa » à Kinshasa et à Lubumbashi et dont sont friands les compatriotes du centre du pays. Au seul rond point Victoire dans la commune de Kalamu, les effectifs des motos Freedoms de des voitures Hiace sur les tronçons Katindo-Birere et Katindo-Ndosho ou INSTIGO-Kibarabara-Deux Lampes – Majengo en pleine capitale touristique de la RDC sont à défaut identifiés des lignes Hiace ou Mototaxi. Les vrombissemnt nourissent ces artères le jour comme la nuit.

À Kinshasa, en plus de deux sociétés de transport en commune TRANSCO du gouvernement central et NEW TRANSKIN du gouvernement provincial qui concurrencent des milliers de Mercedes 207 et 208 dits « Esprits de Mort » pour leur nombre record d’accident des deux dernières années, le gouvernement Matata a acheté 90 minibus de marque Hyundai. Ces véhicules seront donnés à crédit aux transporteurs privés regroupés au sein de l’association des propriétaires des véhicules. Ils seront affectés au transport en commun. Au total, ce sont 250 minibus qui ont été commandés par le gouvernement qui veut améliorer les conditions du transport en commun dans la capitale congolaise. Ce faisant, le problème de transport dans la capitale de la RDC est loin d’être endigué.

Lors de l’interdiction « ratée » de circulation des Mercedes 207 au centre ville de Kinshasa, les kinois avaient éprouvé des graves difficultés de mobilité. La situation était particulièrement pénible à l’Ouest de la ville. Les minibus, essentiellement les Mercedes 207, qui desservent le centre-ville n’étaient pas visibles dans les arrêts. Les conducteurs de ces véhicules se souviennent avoir eu peur des réprimandes des autorités policières. Au rond-point UPN par exemple, de longues files d’attente étaient constatées. Des centaines de passagers alignés attendaient les bus aux arrêts les de bus de Transco, la société de Transport au Congo qui dispose d’un charroi de 200 bus opérationnels. La plupart des passagers de Kinshasa, métropole de plus de 9 millions d’habitants, voyagent dans les bus et taxis appartenant aux particuliers. « Esprits de mort », c’est comme ça que les habitants de Kinshasa désignent les minibus appartenant à des privés, qui assurent le transport en commun dans la capitale de la République Démocratique du Congo. Ce sont des véhicules, pour la plupart, amortis et sont souvent la base des accidents de circulation.

En l’absence des 207, les passagers de Matadi-Kibala, Cité Verte et Badiadingi étaient obligés de joindre l’UPN par les quelques rares taxis disponibles afin de trouver une correspondance de Transco pour le centre-ville.

Une enquête menée par RadioOkapi.Net a révélé qu’au moins cinq cent cinquante tickets sont vendus par jour dans chaque bus Transco. Un ticket revenant à cinq cents Francs congolais, la recette journalière équivaut donc à environ deux cent soixante-quinze mille Francs congolais (près de 298 dollars américains).

Dans la ville volcanique, l’entreprise Transport agency and commissionner (TAC) a affecté depuis le 2 novembre 2013 trente voitures pour faire le taxi dans la ville de Goma, dans le Nord-Kivu. Il s’agit d’une première initiative de ce genre dans l’histoire du transport en commun dans cette ville. Jusque-là, le transport en commun à Goma était assuré par des motos-taxis et quelques bus desservant le tronçon Aéroport – Birere – Katindo – Entrée Gouvernorat– Ndosho sur la route de Sake en pleine capitale provinciale du Nord-Kivu.

Face à cette mosaïque, le pays est loin de faire sa fête et repenser un lendemain meilleur. La RDC devra faire face à un grand défi catastrophique, voir un risque naturel. Un risque naturel implique l’exposition des populations humaines et de leurs infrastructures à un évènement catastrophique d’origine naturelle. Un risque naturel est donc la rencontre entre un aléa d’origine naturelle et des enjeux humains, économiques ou environnementaux.

Embouteillages et absences de transports, voilà autant de des clivages qui dessinent le secteur de transport en commun dens les milieux urbains de la RDC. Dans certaines autres villes, comme Kisangani et Mbandaka, la mobilité est encore assurée par vélo ; le fameux « Toléka » étant encore une réalité. Bukavu est réputée être une ville des mototaxis. De même que Beni et Butembo.

La journée sans voitures existe depuis 1998 mais n’est pas vraiement une nécessité dans les villes où se mouvoir d’un point à un autre reste un casse-tête. Et les bilans des dernières années montrent une certaine désaffection et un réel désengagement des grandes communautés urbaines. Le pays est encore une poubelle des vielles voitures de l’Europe et de l’Asie. Celles-ci ne tiennent pas le coût pour longtemps, il pilule dans nos bidonvilles des cimetières des voitures et des vielles motocyclettes. « Il faudra entrevoir un recyclage des ces déchets métalliques et des usines de montages des voitures neuves accessibles à toutes les bourses pour endiguer ce clivage », précise un expert de l’automobile.

By Lola K. Lumbi & Mc.-Héritier K. • ©The Kivu Times ™ • Friday, September 19, 2014

16 aliments cancérigènes que vous mangez probablement tous les jours

Ce n’est probablement pas quelque chose que vous pensez tous les jours, si les aliments que vous mangez pourraient contenir des substances cancérigènes, mais avec près de 1,5 millions de personnes diagnostiquées avec un certain type de cancer que l’an dernier, peut-être il est temps de regarder ce qui est dans nos aliments pourrait être à l’origine d’un si grand nombre de nouveaux cas de cancer. Voici une liste des 10 meilleurs aliments que vous consommez chaque jour plus probable qui peut contenir des substances cancérigènes ou être soupçonné de provoquer le cancer.

popcorn micro-ondes

1. Microwave Popcorn

Ces petits sacs de pop-corn sont tellement commode de simplement s’en tenir au micro-ondes, vous ne penseriez pas une minute qu’ils pourraient être dangereux pour votre santé, mais ils sont. Tout d’abord, parlons un peu le sac lui-même. Elle est bordée par un produit chimique appelé acide perfluorooctanoïque (PFOA). C’est une toxine, vous pouvez trouver en téflon aussi. Après avoir été chauffé, ce produit chimique toxique est connu pour causer l’infertilité et le cancer chez les animaux de laboratoire. L’EPA répertorie ce produit chimique comme un cancérogène connu. Lire la suite 16 aliments cancérigènes que vous mangez probablement tous les jours

15 septembre, Journée internationale de la démocratie : Quels défis pour la jeunesse dans votre démocratie ?

« Le courage est mis à l’épreuve quand on est dans la minorité, la tolérance est mise à l’épreuve quand on est dans la majorité. » Le thème de cette année se tient sur le fonds de la mobilisation de la jeunesse autour du contexte démocratique dans les États. En République « Démocratique » du Congo, une jeune démocratie ouverte depuis l’aube de la décennie ’90, la jeunesse semble fourrée au troisième plan, au stade de la propagande ou de la base arrière électoraliste ou de représailles. L’engagement des jeunes dans la vie démocratique est loin d’être évident, et l’avenir des démocraties de demain s’en trouve menacée. A l’occasion de la Journée internationale de la démocratie 2014, The Kivu Times attire l’attention sur la nécessité de faire participer les jeunes à la démocratie.

Démocratie participative et mobilisation citoyenne (Ph. Tiers)
Démocratie participative et mobilisation citoyenne (Ph. Tiers)

Le choix de la date du 15 septembre pour célébrer cette journée a été effectué par l’Organisation des Nations Unies et correspond à l’adoption, en septembre 1997, de la Déclaration universelle sur la démocratie. Cette Déclaration pose les principes constitutifs d’une démocratie et définit les caractéristiques et les fonctions d’un gouvernement démocratique.

Une démocratie véritable requiert une participation véritable des jeunes. Les jeunes ont beaucoup à apporter à la société – à commencer par l’innovation, la créativité et une manière nouvelle d’envisager les choses. Leur participation à la démocratie favorise une citoyenneté active, renforce la responsabilité sociale, consolide les processus et les institutions démocratiques. En outre, les jeunes citoyens d’aujourd’hui sont les leaders et les décideurs de demain. Lire la suite 15 septembre, Journée internationale de la démocratie : Quels défis pour la jeunesse dans votre démocratie ?

15 septembre, Journée internationale de la démocratie : Quels défis pour la jeunesse dans votre démocratie ?

« Le courage est mis à l’épreuve quand on est dans la minorité, la tolérance est mise à l’épreuve quand on est dans la majorité. » Le thème de cette année se tient sur le fonds de la mobilisation de la jeunesse autour du contexte démocratique dans les États. En République « Démocratique » du Congo, une jeune démocratie ouverte depuis l’aube de la décennie ’90, la jeunesse semble fourrée au troisième plan, au stade de la propagande ou de la base arrière électoraliste ou de représailles. L’engagement des jeunes dans la vie démocratique est loin d’être évident, et l’avenir des démocraties de demain s’en trouve menacée. A l’occasion de la Journée internationale de la démocratie 2014, The Kivu Times attire l’attention sur la nécessité de faire participer les jeunes à la démocratie.

Démocratie participative et mobilisation citoyenne (Ph. Tiers)
Démocratie participative et mobilisation citoyenne (Ph. Tiers)

Le choix de la date du 15 septembre pour célébrer cette journée a été effectué par l’Organisation des Nations Unies et correspond à l’adoption, en septembre 1997, de la Déclaration universelle sur la démocratie. Cette Déclaration pose les principes constitutifs d’une démocratie et définit les caractéristiques et les fonctions d’un gouvernement démocratique.

Une démocratie véritable requiert une participation véritable des jeunes. Les jeunes ont beaucoup à apporter à la société – à commencer par l’innovation, la créativité et une manière nouvelle d’envisager les choses. Leur participation à la démocratie favorise une citoyenneté active, renforce la responsabilité sociale, consolide les processus et les institutions démocratiques. En outre, les jeunes citoyens d’aujourd’hui sont les leaders et les décideurs de demain. Lire la suite 15 septembre, Journée internationale de la démocratie : Quels défis pour la jeunesse dans votre démocratie ?

Journée Internationale contre les essais nucléaires : Focus sur l’Uranium et le nucléaire du Congo – Kinshasa

Le 29 août, le monde célèbre la journée mondiale contre les essais nucléaires. C’est en mémoire de la tragique première bombe atomique larguée le 6 août 1945 sur la ville d’Hiroshima au Japon, chacun s’en souvient, mais les premiers « essais nucléaires » sont un peu plus anciens puisque le premier a été tenté en juillet 1945. Depuis lors, plus de 2000 essais ont été réalisés, d’abord dans l’atmosphère, puis de façon sous-terraine ou sous-marine. Dans la rue, on rencontre que l’Uranium à la base de cet essaie serait provenue du Congo-Kinshasa.

Centrale Nucléaire de Fukushima au Japon (Ph. Tiers)
Centrale Nucléaire de Fukushima au Japon (Ph. Tiers)

Au moment où cette journée est célébrée, le Japon est confronté à la plus grande crise nucléaire civile de son histoire et tous les gouvernements utilisant cette technologie essaient de rassurer leurs citoyens. La République démocratique du Congo (RDC) ne fait pas exception. Muni d’un centre nucléaire dans les coffins de Mont Amba sur le site de l’Université de Kinshasa et d’une réserve d’Uranium au Katanga dans les mines de Shingolobwe, la nation Jaune-Rouge-Bleu clair n’est pas isolée du défis planétaire, quant à aux essais et explosions nucléaires. Le 9 novembre 1954, 27 travailleurs congolais avaient perdu leurs vies dans la mine d’Uranium au Katanga aux environs de la cité minière de Shingolobwe. Les autorités rassurent

« Nous suivons ce qui se passe au Japon au jour le jour. Nous nous sentons concernés », a expliqué le professeur Vincent Lukanda Mwamba, commissaire général à l’énergie atomique de République démocratique du Congo (RDC). Son bureau, dissimulé derrière une porte capitonnée façon ministre, est à moins de vingt mètres du réacteur nucléaire congolais. Les ingénieurs congolais assurent que leur réacteur, de type Triga Mark II d’une capacité d’un mégawatt, est totalement inoffensif. Selon le Cren, il est plongé dans une piscine d’eau déminéralisée et son cœur est entouré d’un écran de protection biologique constitué d’une colonne d’eau de sept mètres et d’un béton baryté.

« Jamais d’incident nucléaire » depuis 72

« Nous sommes en bonne coopération avec l’AIEA. Chaque année, il y a des inspecteurs qui viennent ici pour des contrôles », ajoute le Pr Muamba, qui se félicite de n’avoir « jamais eu d’incident nucléaire » depuis la construction du réacteur en 1972. Certes, « les catastrophes naturelles sont imprévisibles », reconnaît le chercheur. Mais il assure que le réacteur de Kinshasa a été bâti « dans un milieu non sismique, loin de l’océan », ce qui le met à l’abri des accidents nucléaires comme ceux de Fukushima au Japon.

Pancarte d'entrée au CREN à la l'Université de Kisnahsa (Ph. Médias Congo)
Pancarte d’entrée au CREN à la l’Université de Kisnahsa (Ph. Médias Congo)

Le réacteur nucléaire de Kinshasa, patrimoine de l’Université de Kinshasa – site du mont Amba, commune de Lemba en République démocratique du Congo – fut le premier réacteur nucléaire installé en Afrique. En 1958, le « Gouvernement général » du Congo belge a acheté à la General Dynamics Corporation (États-Unis) un réacteur de recherche de type Triga Mark I d’une puissance de 10 à 50 kW.

Ce avec l’accord du ministre belge du Congo et du Ruanda-Urundi. Ce réacteur était destiné à la « Commission consultative des sciences nucléaires », présidée par Monseigneur Luc Gillon, recteur de l’Université de Lovanium à Léopoldville de 1954 à 1967. Il fut construit sur le site du Centre Trico de l’université, et consistait en un ensemble de laboratoires de la Faculté des sciences, de la Faculté de médecine, ainsi que de l’hôpital universitaire qui y était rattaché. Il entre en service le 6 juin 1959 pour la recherche, l’enseignement et la production d’isotopes à usages médicaux et agricoles. En 1970, le Centre Trico devient « le Centre régional d’études nucléaires de Kinshasa» (CREN-K). Le CREN-K décide rapidement de se doter d’un réacteur de recherche plus puissant, le Trico II. Celui-ci, d’une puissance de 1 MW est inauguré en 1972.

Pendant ce temps, les périmètres sécuritaires des zones radioactives du Katanga demeurent un grand défi. Dans la localité de Shingolobwe, le minimum est assuré. Shinkolobwe est une localité et une mine située à proximité de Likasi dans le territoire de Kambove (région de Katanga) en République démocratique du Congo. C’est de son que fut extrait l’uranium qui permit aux États-Unis de construire la bombe atomique lancée sur Hiroshima, celle lancée sur Nagasaki étant à base de plutonium issu de réacteurs nucléaires, eux-mêmes alimentés par le combustible uranium. « L’uranium fut vendu aux américains dans le cadre du projet Manhattan par Edgar Sengier, le directeur de l’union minière du Haut Katanga qui avait eu l’intuition de l’importance de l’uranium et avait fait transporter 1 200 tonnes de minerai à New York dès 1939 », renseigne une source Coloniale dans l’ex-Congo Belge.

La mine est officiellement fermée, à la suite notamment d’un éboulement ayant causé la mort de 8 personnes le 8 juillet 2004. Si l’extraction d’uranium est depuis longtemps abandonnée, la mine est toujours exploitable pour le cobalt. Cependant, en août 2006, le Sunday Times publie un article affirmant que « les douaniers tanzaniens auraient saisi un chargement d’uranium 238 le 22 octobre 2005. Chargement que l’Iran aurait importé du Congo (RDC). » Les autorités iraniennes et congolaises avaient démentis ces allégations, et l’ancien gouverneur du Katanga, Urbain Ngoy Kisula, avait demandé la mise en place d’une commission d’enquête. Dossier classé sans suite…

« L’urgence est urgentissime »

Le vol dans les années 1970 de deux barres de combustibles nucléaires faiblement enrichis, dont l’une n’a jamais été retrouvée, avait montré les défaillances du système. Les États-Unis avaient noté, entre autres, le faible salaire des employés (entre 40 et 150 dollars par mois) qui pourraient être tentés de monnayer leur accès au site ou de se lancer dans d’autres activités illicites. « Aujourd’hui il n’y a pas de salaires de moins de 300 dollars par mois », assure le professeur Lukanda Mwamba. Au prix de la barre de combustible, il n’est pas certain que cela suffise…

L’autre inquiétude porte sur les glissements de terrain. Le centre est situé sur le campus de l’Université de Kinshasa, une zone soumise à une forte érosion. En 2011, l’ancien ministre de l’Enseignement Supérieur et universitaire Léonard Mashako Mamba, lançait « un cri d’alarme désespéré parce que les érosions sont en train d’emporter la première et la plus grande université du pays ». « L’urgence est urgentissime », avait-il dit, estimant que le centre d’études nucléaires, même s’il n’est pas le plus vulnérable des bâtiments, est aussi menacé.

Têtes d'érosion menaçant le site du CREN & CGEA à Kinshasa (Ph. Radio Okapi)
Têtes d’érosion menaçant le site du CREN & CGEA à Kinshasa (Ph. Radio Okapi)

Pendant que trois têtes d’érosions s’apprenaient dangereusement au Centre régional d’études nucléaires de Kinshasa (CREN-K) cadre de recherche scientifique et environnementale, on se souvient encore de la réunion régionale sur la sureté des réacteurs nucléaires de recherche en Afrique qui s’est tenue le lundi 27 février 2012. A l’université de Kinshasa, le commissaire général à l’énergie atomique en RDC, avait affirmé que le réacteur du Centre régional d’études nucléaires de Kinshasa (CREN-K), jadis menacé par plusieurs têtes d’érosion, est « désormais hors de danger. » Le commissaire général du CREN-K avait même salué l’implication des autorités congolaises et des partenaires de la République du Congo  pour la protection de l’Université de Kinshasa, où est se trouve le CREN-K : « C’était un souci qui nous préoccupait pendant un moment. Nous avons tout fait pour nous expliquer auprès du Gouvernement de la gravité du danger qui menaçait le centre nucléaire. Le Gouvernement a financé la construction d’un collecteur pour le protéger», a-t-il déclaré. Il a poursuivi en disant : « Le Gouvernement est en train d’agir aussi pour moderniser ce centre », a-t-il poursuivi, citant « le financement pour la construction d’une clôture adaptée. C’est surtout pour protéger aussi la population du danger ».

Une prise de conscience progressive

La prise de conscience des dégâts occasionnés pendant ces campagnes d’essais a été lente à venir mais, peu à peu, de plus en plus de pays ont décidé de renoncer aux essais nucléaires. On se souvient qu’en France cela avait fait partie des premières décisions prises par le Président Chirac en 1995. Un traité sur l’interdiction totale des essais nucléaires a été ouvert à la signature en 1996… mais jamais mis en application faute, justement, de signataires en nombre suffisant !

Depuis 2004, le réacteur nucléaire de Kinshasa est à l’arrêt. « Il faut changer le tableau de commande et passer d’un pupitre analogique à un pupitre numérique », explique le professeur Mwamba. L’investissement n’est que de 3 millions de dollars, le centre attend pourtant toujours un financement. Il n’y en a pas non plus pour remplacer la clôture actuelle, inadaptée, par un vrai mur d’enceinte. En 2006, selon les révélations faites récemment par WikiLeaks, les États-Unis s’inquiétaient des lacunes dans le dispositif de sécurité. « Nous avons maintenant des caméras de surveillances et des policiers sur le site 24 heures sur 24 », assure le commissaire général.

Le polygone de Semipalatinsk

C’est en 2009 que les Nations Unies ont proclamé la création de la Journée internationale contre les essais nucléaires et choisi pour la célébrer la date du 29 août. Cette résolution (la 64/35) a été adoptée à l’unanimité.

On se souviendra qu’à l’origine de cette résolution se trouve la République du Kazakhstan, ancienne république membre de l’URSS et indépendante depuis 1991, qui souhaitait commémorer la fermeture du polygone d’essais nucléaires de Semipalatinsk, le 29 août 1991.

Le but final de la résolution de l’ONU est de sensibiliser à la nécessité d’interdire les essais d’armes nucléaires et travailler à l’édification d’un monde plus sûr.

By Mc-Héritier K. – © The Kivu Times – Friday, August 22, 2014

Afrique : Journée mondiale de l’aide humanitaire sous les menaces d’Ébola

C’est le 19 août ce mardi. Dans de nombreuses régions du globe, les humanitaires travaillent, parfois au péril de leur vie, souvent dans l’anonymat le plus total. Alors la grande épidémie d’Ébola est à la porte de tous les pays de l’Ouest à l’Est, les mécanismes de préventions doivent être accrus.

Un camps de l'Unicef/Mobilisation sur le prévention du Virus Ebola (Ph. Rfi)
Un camps de l’Unicef/Mobilisation sur le prévention du Virus Ebola (Ph. Rfi)

Même s’ils accomplissent un travail de fourmi, leurs interventions sont indispensables et permettent souvent à des populations de retrouver un minimum de dignité. L’ONU a promulgué le 19 août, Journée Mondiale de l’aide humanitaire en espérant sensibiliser l’opinion publique à l’assistance humanitaire et à la nécessité de soutenir ces actions partout dans le monde.

Pendant ce temps, le virus Ébola continue sa progression en Afrique de l’Ouest. L’OMS annonce que les chiffres officiels sont sous-évalués au regard de l’étendue de l’épidémie. Le Nigeria, pays le moins touché, a confirmé jeudi 14 août quatre cas mortels. Le département d’État américain évacue déjà des familles de son personnel diplomatique à Freetown, en Sierra Leone et dans d’autres capitales des États menacés.

« Le personnel présent dans les zones d’épidémie relève des preuves montrant que le nombre de cas rapportés et le nombre de morts sous-estiment largement l’ampleur de l’épidémie », affirme un communiqué de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié jeudi 14 août au soir. Les différentes ONG sur le terrain ainsi que la Croix-Rouge insistent vendredi sur la nécessité de se mobiliser davantage face à l’épidémie d’Ebola « largement sous-évaluée ».

La directrice de Médecins sans frontières de retour d’une visite en Afrique de l’Ouest lance un cri d’alarme : c’est une épidémie « qui se répand et [la situation] se détériore plus vite que notre capacité à y faire face. » Cette dernière a lancé un appel à une coordination internationale renforcée sous la houlette de l’OMS. « Tous les gouvernements doivent se mobiliser. Il faut le faire maintenant si nous voulons contenir cette épidémie », a-t-elle affirmé à la presse.

En Guinée-Conakry « l’urgence sanitaire nationale » est en vigueur depuis ce mercredi 13 août. Selon Aboubacar Sidiki Diakité, président de la cellule de crise guinéenne, plusieurs camions transportant du matériel et du personnel médical se dirigeraient vers tous les postes-frontières avec la Sierra Leone et le Liberia.

La journée mondiale de l’aide humanitaire de cette année survient en pleine crise humanitaire à l’espace planétaire : la névralgique épidémie de fièvre hémorragique Ébola qui décime des milliers d’individus en Afrique de l’Ouest avec une probable extension sur tout le continent, la crise au moyen orient depuis le dernière incursion de l’armée heureux dans la bande de Gaza, les crises syriennes et ukrainiennes, les palpitations afghanes et irakiennes encrées d’un islamisme radical politisé à outrance, la crise centrafricaine qui ne veut pas dire son dernier mot et frôle la scission du pays, les massacres perpétuelles au vue et au sue de tout le monde dans la pleine de la Ruzizi et à Mutarule dans le Kivu en RDC, des menaces d’insurrections en Ituri et à Masisi à l’est de la RDC, etc., les signaux sont aux rouges dans plusieurs coins du globe.

Un don même minime peut représenter beaucoup s’il est bien utilisé sur le terrain. « Les travailleurs humanitaires sont ceux que nous dépêchons sur place pour montrer notre solidarité avec ceux qui souffrent. Ils représentent ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine mais leur travail est dangereux… » avait fait savoir M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, lors de la célébration de la Journée mondiale de l’aide humanitaire 2010.

#Ituri : Neuf ans de #servitude #pénale pour le chef #milicien Yves #Kahwa Panga

Le verdict est tombé le mercredi 13 août 2014 à Kisangani. La cour militaire de la Province Orientale a condamné l’ancien chef milicien de l’Ituri, Yves Kawa Mandro, à 9 ans de servitude pénale principale.

L'ex-chef milicien Yves Kawa dans le box des accusés devant la cour militaire de la Province Orientale, qui l'a condamné à 9 ans de prison mercredi 13 août à Kisangani. Ph Radio OKapi/Godelieve Omomdo
L’ex-chef milicien Yves Kawa devant la cour militaire de la Province Orientale à Kisangani. Ph Radio OKapi/Godelieve Omomdo

Connu aussi sous les pseudos de Abdoul Karim, l’ancien chef tribal hema-gegere et milicien Yves Kahwa Panga Mandro a été reconnu coupable notamment de coups et blessures volontaires, assassinat, participation à un mouvement insurrectionnel, détention d’armes de guerre, crime contre l’humanité et crime de guerre. Pour les mêmes faits, Yves Kawa avait été condamné en première instance, en 2006, à 20 ans de prison par le tribunal militaire garnison de l’Ituri.

« Yves Kawa, qui était jugé par la cour militaire de Kisangani, dans la Province orientale a aussi été condamné à payer 85 000 dollars de dommages et intérêts à la dizaine de victimes représentée », a ajouté Dismas Kitenge, prédident du Groupe Lotus, une organisation de défense des droits de l’Homme en RDC. Comme le condamné a déjà passé neuf ans de prison, « le greffier a déclaré qu’il devrait être libéré prochainement, après les formalités d’usage », a expliqué le président du Groupe Lotus, rappelant que « la cour de Kisangani lui a accordé des circonstances atténuantes, entre autres en raison de son jeune âge lors des faits ».

Yves Mandro Kahwa Panga est né le 20 août 1973 à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, République Démocratique du Congo (RDC). Ancien membre de l’Union des Patriotes Congolais (UPC) de Thomas Lubanga Dyilo, il crée, le 14 février 2003, le Parti pour l’Unité et la Sauvegarde de l’Intégrité du Congo (PUSIC).

Le PUSIC était activement soutenu par les autorités ougandaises dans le cadre de la coalition FIPI (Front pour l’Intégration et la Paix en Ituri – coalition entre le PUSIC, Front Nationalise et Intégratif de Floribert Njabu Ngabu et les Forces Populaires pour la Démocratie au Congo de Thomas Unen Chen). Ces groupes contrôlaient une grande partie du nord et du nord-est de la RDC, notamment des zones de la province du Nord-Kivu, celle de l’Ituri et de grandes parties de la Province Orientale et de la province de l’Équateur.

Yves Kahwa Panga, alors Chef Tribal et Milicien du PUSIC en Ituri (Ph. Trial-Ch.Org)
Yves Kahwa Panga, alors Chef Tribal et milicien du PUSIC en Ituri (Ph. Trial-Ch.Org)

En dépit de la signature, le 16 mai 2003, de l’accord de cessez-le-feu de Dar es-Salaam entre les membres du Front pour l’Intégration et la Paix en Ituri, du Gouvernement congolais et des cinq factions rebelles en Ituri, les affrontements se sont poursuivis tant à Bunia qu’à Tchomia ainsi que dans d’autres localités de l’Ituri.

Selon les accusations portées contre Mandro Kahwa Panga, son parti serait responsable de cette déstabilisation du district d’Ituri. De plus, en ayant mis le feu à un centre médico-social, des écoles et des églises dans les localités de Zumbe et Bedu Ezekere entre le 15 et le 16 octobre 2002, Mandro Kahwa Panga serait responsable de la mort d’au moins 10 personnes. Mandro Kahwa Panga Yves a été arrêté le 9 avril 2005.

© MCHKThe Kivu Timesjeudi 14 août 2014

#Kinshasa : Les prix des #vivres frais explosent

Valse des étiquettes des vivres frais constatée sur tous les marchés de Kinshasa. La variation va de 15 à 30% selon des estimations. La rareté serait à la base de cette surchauffe dont les conséquences sur le panier de la ménagère se font cruellement sentir. Le pouvoir d’achat des gagne-petits s’en tire substantiellement éroder. En attendant que des mesures correctives ne soient trouvées, se nourrir à Kinshasa est davantage devenu un casse-tête.

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Les ménagères ne savent plus où donner de la tête. La surchauffe qui a gagné le marché des vivres frais les ayant pris de court. Et pourtant, les signes avant-coureurs étaient perceptibles et prévisibles. Le retrait de  la firme « Orgaman » de la chaine d’importation de ces vivres frais aurait dû pousser à des anticipations sur d’éventuelles conséquences. L’on a assisté à un attentisme qui a laissé couler le temps jusqu’à donner la voie libre à l’explosion des prix. La loi de l’offre et de la demande dicte sa loi sur le marché. Présentement, l’offre serait en baisse au point de jouer négativement sur la tendance générale des prix qui a opté pour l’ascenseur. Selon des enquêtes menées sur le terrain, il ressort que la fluctuation va de 15 à 30%. Cette qui constitue une poussée énorme face à l’accalmie qui s’est constatée pendant une période relativement longue sur les différents marchés des denrées alimentaires.

A la base de cette flambée des prix il y a la rareté. En effet, le plus gros importateur des vivres frais, Orgaman, ayant décidé de changer sa sphère d’activités, la reprise en main de sa part du marché n’avait pas été assurée. D’où, ce flottement aux conséquences incalculables. Un carton de cuisses de poulet de 10 kg est passé de 20 000 à 30 000 francs congolais (21,5 à 32,5).  Les côtes de porc sont passées de 27 000 à 35 000 Fc (29 à 37,6 USD). Auprès de l’autre major dans l’importation des vivres frais, Congo Futur, il s’est constaté une rupture de stocks de tripes, poulets et cuisses de poulet. Nos confrères de la radio onusienne ont constaté qu’ « aux chambres froides de Ledya, ce sont les pieds de porc et les tripes qui manquent. Les stocks qui sont arrivés la semaine dernière se seraient écoulés comme de petits pains », s’entend-on dire. Un importateur sérieux a confié : « Orgaman importait un bateau de vivres, alors que nous c’est juste quelques containers».

Cette entreprise active depuis 1931 dans le secteur a décidé de liquider ses activités en lien avec les importations des vivres frais. La raison avancée serait la modicité de la rentabilité suite à une fiscalité asphyxiante et une concurrence déloyale. Telles sont les vrais motifs qui ont poussé Orgaman à mettre quasiment la clé sous le paillasson. La société n’a-t-elle pas évoqué « une perte de ses parts de marché et à une rentabilité décroissante » pour justifier la liquidation décidée de ses importantes filiales ? Les craintes justifiées des consommateurs, pour qui le départ de ce major impacterait négativement sur le marché, viennent de trouver justification. Congo Futur, Inalca, Ledya et Maicofroid ne se sont pas partagé la part du marché abandonnée par Orgaman.
   
Privilégier la production locale

L’extraversion de l’économie congolaise est décriée par tout le monde. La structure léguée par le colonisateur avec comme épine dorsale le fleuve Congo et la voie de sortie de Matadi est restée inchangée malgré l’indépendance politique acquise, il y a plus de 50 ans. Dotée des cours d’eau poissonneuses, la RDC ne pouvait pas compter sur l’importation pour nourrir ses 70 millions de consommateurs. Un potentiel inestimable qui aurait dû pousser les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays vers une politique d’introversion de l’économie. Curieusement, le processus d’intégration de l’économie congolaise ne connaît que des ébauches sans une volonté réelle de matérialisation.

Tous se contentent de la rente que procure ces importations. Du poisson produit dans la lac Tanganyika n’atteint que difficilement Kinshasa. Le poisson des lacs Tumba et Maï-Ndombe ne sont même pas consommés à Mbandaka et Kikwit. Les conditions de conservation étant aléatoires, personne ne se hasarde à investir dans le secteur. Jusque-là, les Congolais se nourrissent grâce à la pêche artisanale. Les petites unités de pêcheries ne sont pas en activité en RDC. Dans ces conditions, il est quasi impossible de nourrir une population de plusieurs dizaines de millions d’âmes. Des ressources financières, en devises fortes, consacrées à des importations ne peuvent-elles pas faire l’objet de simulations d’installation progressive des petites pêcheries au pays ?

Dans cette éventualité, la balance de paiement s’en tirerait à bon compte et le pays se doterait des réserves internationales accrues. Cette explosion de prix des vivres frais devra conduire à un changement radical de la politique gouvernementale en la matière. Construire une stratégie d’approvisionnement des populations en denrées de base sur les importations est un risque à ne plus continuer à prendre au risque de rester éternellement dépendant et fragile.

Nord-#Kivu: des tirs d’obus font 3 blessés à #Beni-ville

Trois personnes d’une même famille ont été blessées, dans la nuit de dimanche 2 mars, à Beni après que deux obus sont tombés sur leur habitation. Des sources sécuritaires à Beni ignorent encore l’origine de ces bombes qui sont tombées au quartier «Résidentiel», à une centaine de mètres du camp militaire Ozacaf.

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Selon les mêmes sources, les victimes de ce bombardement, un homme avec son épouse et leur enfant, sont admises à l’hôpital général de référence de Beni.

Le gouverneur du Nord Kivu,  Julien Paluku a qualifié ces tirs d’obus de sabotage et a lancé une mise en garde contre les auteurs – jusque là inconnus – de cet acte.

«Il y a beaucoup de gens qui sont mécontents de la manière dont les FARDC sont en train de résoudre le problème des ADF, basés dans ce territoire, et veulent saboter tous ces efforts-là. Si, ce sont des indisciplinés au sein de nos forces armées, ils seront arrêtés puis traduits en justice pour qu’ils répondent de leurs actes. S’ils sont des rebelles ADF, qui commencent à s’infiltrer dans la ville, je demande au maire de la ville de Beni, ainsi qu’à tous les bourgmestres de réactiver le système de “dix maisons” qui consiste au contrôle citoyen où, chacun doit savoir celui qui loge dans la maison voisine», a indiqué Julien Paluku.

Deux autres tirs d’obus avaient fait, le 16 février dernier, 9 blessés graves au quartier Mupanda de Beni, un mois après que les militaires ont lancé l’opération de traque contre des rebelles ougandais des ADF dans ce territoire.

Après la défaite en novembre dernier de la rébellion du M23 au Nord-Kivu, au terme d’une offensive des FARDC appuyées par la Monusco, les autorités congolaises et les Nations unies avaient annoncé leur détermination à neutraliser tous les groupes armés qui refusent de désarmer.

Samedi, l’aviation militaire de l’Onu a pilonné une position importante des rebelles ougandais des ADF à Saha Sitisa, localité située à cheval entre Nobili et Kikingi, dans le secteur de Beni-Mbau, à une soixantaine de kilomètres de Beni-ville (Nord-Kivu). L’objectif de ces bombardements est d’ouvrir un couloir afin de permettre aux FARDC d’avancer vers le dernier bastion, où se sont retranchés les rebelles ougandais. Déjà l’armée a repris les positions stratégiques des ADF notamment le sanctuaire de Nadwi, le sanctuaire de Mwalika, Chuchubo, Makoyova 1 et 2.

La Monusco reste déterminée à utiliser tous les moyens à sa disposition pour apporter sa protection à toutes les populations, victimes des exactions de groupes armés, selon un communiqué de la mission onusienne, daté du 1è mars.

Martin Kobler, le chef de la Monusco, avait plusieurs fois invité les groupes armés au désarmement volontaire y compris les ADF.

[Radio Okapi]

#Katanga : Une #misère atroce derrière l’immense #richesse #minière

Kiubo — Un débat houleux s’était engagé sur la marche à suivre pour réparer la route. Incapables de s’entendre sur qui devait déposer les imposants blocs de pierre dans la boue qui paralysait la circulation depuis une semaine, les camionneurs étaient sur le point d’en venir aux mains lorsque l’un d’eux rejeta la faute sur la plus haute autorité de la République démocratique du Congo (RDC).

« La route est pourrie ! Le Congo est pourri ! Vous ne le voyez donc pas ? Si le président était là devant moi, je lui taperais dessus », a lancé l’homme avec amertume avant de retourner au bourbier pour apaiser ses collègues.

Le délabrement des infrastructures en RDC est une dure réalité, héritée de ses nombreuses guerres et d’un manque chronique d’investissements. Mais l’état de la R617, de même que les épidémies récurrentes de choléra qui frappent la province méridionale du Katanga, paraissent grotesques au vu des incroyables ressources naturelles de la région.

La province du Katanga – d’une superficie équivalente à celle de l’Espagne – détient une importante partie des réserves congolaises de cuivre, de cobalt et autres minéraux précieux. Chaque jour, ses rares routes asphaltées voient défiler quantité de camions chargés de métaux, destinés à l’exportation et au transport par bateau via Durban et d’autres ports lointains. Pourtant, sur les millions de dollars de taxes que les sociétés minières reversent aux autorités congolaises, seule une part dérisoire est investie dans le développement social et économique du Katanga, laissant des pans entiers de sa population dans la pauvreté.

400 000 personnes déplacées par la rébellion armée

Ce décalage a attisé les tensions politiques entre les dirigeants du Katanga et le gouvernement central, basé dans la lointaine Kinshasa. Il est également à l’origine d’une rébellion armée dans le centre montagneux de la province, qui a entraîné le déplacement de quelque 400 000 personnes et poussé les Nations unies à déclarer la région en état de crise humanitaire.

Ibond Rupas Anzam, le directeur d’une ONG œuvrant en faveur du développement régional en RDC, a dit que les gouvernements centraux allouaient traditionnellement peu de ressources au développement, quelle que soit la région. La corruption, les détournements de fonds et la mauvaise allocation des ressources achèvent d’atténuer l’impact de ces maigres budgets. Le 25 février, le Fonds monétaire international a exhorté le gouvernement à s’assurer que la croissance économique – dont le taux annuel est supérieur à 8 pour cent – « profite à tous », et à investir davantage dans l’éducation, la santé et les infrastructures de base.

Les autorités, tant au niveau provincial que national, ont fait preuve d’une « certaine volonté » d’améliorer les choses au Katanga, a dit M. Anzam en citant les projets routiers en cours dans les grandes villes et en périphérie de ces dernières. Les autorités provinciales affirment que certains indicateurs – notamment le taux de fréquentation scolaire – enregistrent une amélioration malgré un niveau de départ très faible.

« Mais dans les zones rurales, les enfants apprennent et les professeurs enseignent dans des conditions qui vous feraient pleurer », a dit M. Anzam. « Au vu de l’ampleur des besoins, ce qui a été fait jusqu’à présent est vraiment insignifiant. »

Voies ferrées hors service

À l’instar des routes, les voies ferrées du Katanga sont dans un état lamentable. Des lignes régulières permettaient autrefois aux agriculteurs ruraux d’approvisionner des villes comme Lubumbashi et Kalemie. Aujourd’hui, ces lignes ont disparu et les agriculteurs ont peu d’intérêt à produire plus que ce qu’ils consomment, a dit M. Anzam. En conséquence, la population urbaine du Katanga dépend davantage des importations de farine de maïs de la Zambie voisine.

L’agriculture de subsistance rend les familles rurales plus vulnérables aux chocs comme la sécheresse, la maladie ou les troubles sociaux tels que le déplacement de masse causé par la présence de milices sécessionnistes dans le fameux « triangle de la mort » du centre du Katanga.

« Tout le monde souhaite la stabilisation de cette zone, qui ne mérite pas son destin », a dit Amadou Samake, le chef des opérations du Programme alimentaire mondial au Katanga, qui distribue des rations aux personnes déplacées. « C’est une région (potentiellement) florissante, très fertile pour l’agriculture. »

Choléra

La santé est un autre domaine dans lequel l’impact du sous-développement de la province est flagrant, notamment sa vulnérabilité au choléra.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la RDC a signalé 33 661 cas de choléra en 2012, soit le taux le plus important d’Afrique, et le deuxième du monde après Haïti qui avait été secouée par un séisme. Le Katanga est une zone critique et la situation semble se détériorer.

Les poussées épidémiques sont monnaie courante sur les rives du lac Tanganyika et de nombreux autres lacs de la province, dont les eaux jouent le rôle de réservoir pour la bactérie à l’origine de la maladie. Mais le choléra frappe également les villes, y compris dans les berceaux miniers de Lubumbashi et Likasi.

Autrefois, le choléra ne sévissait pas à Likasi – une ville de 450 000 âmes au cœur de la région de Copperbelt (« ceinture de cuivre ») au Katanga – rapporte Gaspard Ilunga Dipata, un haut fonctionnaire de santé. Pendant des années, le géant minier Gecamines – une entreprise publique – a contribué à garantir l’approvisionnement en eau et la propreté de la ville, a-t-il dit. Mais l’entreprise a frôlé la faillite dans les années 1990, ce qui a déclenché la dégradation de la ville.

L’épidémie de choléra qui a encore frappé Likasi au mois de janvier était la deuxième en un an, allongeant de 700 cas la liste des 894 occurrences enregistrées en octobre 2012 et juin 2013. Des dizaines de personnes sont décédées de la maladie, qui provoque de violentes diarrhées et une déshydratation rapide.

La contamination des réserves en eau et les mauvaises conditions sanitaires – toutes deux attribuables au manque d’investissements – ainsi que les mauvaises pratiques des habitants en matière d’hygiène sont au cœur du problème, a dit M. Dipata à IRIN.

Du fait du délabrement des tuyauteries, il arrive que l’eau alimentant les quartiers résidentiels de la ville soit contaminée par les excréments. Des interruptions régulières de l’approvisionnement – dues aux coupures d’eau et d’électricité – obligent les habitants à puiser de l’eau non traitée dans les cours d’eau ou les puits à ciel ouvert. La fosse septique se déverse dans les rues, surtout à la saison des pluies, en raison de la surpopulation et du manque de services municipaux.

« Ceux qui n’ont pas de toilettes font ce qu’ils ont à faire dans un sac plastique, qu’ils jettent ensuite », a dit M. Dipata à IRIN.

Les organisations humanitaires tentent de mitiger les conséquences.

L’UNICEF, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, a financé des mesures d’urgence, notamment la distribution de pastilles de chlore et l’installation de réservoirs d’eau. L’organisation a également subventionné la mise en place d’un pavillon à l’hôpital de Likasi, qui soigne gratuitement les malades du choléra.

M. Dipata a dit que les représentants gouvernementaux élaboraient des plans – allant du remplacement des tuyaux à la sensibilisation des habitants – pour faire face au problème, mais qu’il leur fallait encore lever les fonds.

« Les autorités font ce qu’elles peuvent, mais les moyens sont limités », a-t-il dit.

Difficultés budgétaires

Les dirigeants du Katanga imputent de longue date la responsabilité du manque de financement de telles initiatives au gouvernement central à Kinshasa.

La nouvelle constitution prévoit une décentralisation en profondeur du pouvoir, au niveau provincial et local. Son vote en 2006 avait suscité l’espoir d’une gestion plus transparente de la part des dirigeants, davantage à l’écoute des besoins de la population. Cependant, des points cruciaux de la nouvelle charte restent inappliqués.

Le Katanga s’irrite particulièrement de la non-application d’un article accordant aux provinces le droit de conserver 40 pour cent des recettes nationales collectées sur leur territoire.

La province génère environ 1,5 milliard de dollars de recettes annuelles (contre 80 millions de dollars en 2006), et est le principal contributeur aux caisses de l’État, a rapporté le gouverneur Moise Katumbi. Pourtant, le budget des autorités provinciales ne s’élève qu’à 30 millions de dollars, dont seuls 18 millions sont alloués aux services publics et aux infrastructures.

« Imaginez ce que nous pourrions faire avec les 40 pour cent ! », a-t-il dit à IRIN.

Ce riche homme d’affaires se félicite des efforts déployés par les sociétés minières en faveur des infrastructures, ainsi que des services éducatifs et de santé, dans les régions où elles opèrent. En effet, ces dernières ont déboursé 5 millions de dollars pour la rénovation de l’hôpital principal de Lubumbashi, et ont constitué un prêt de 20 millions de dollars pour la reconstruction d’un pont de première importance à proximité de la ville minière de Kolwezi, a-t-il dit.

Ces investissements n’ont pourtant profité qu’à une partie de la population, et n’ont rien fait pour les régions les plus reculées où de violents sécessionnistes ont pu recruter des centaines de jeunes privés du droit de vote – prétendument avec l’appui clandestin de dirigeants politiques locaux.

Angelos Nyembwe, un militant œuvrant à la défense des droits de l’homme à Lubumbashi, s’est plaint que l’essor minier ne profitait qu’à une toute petite élite. Les autorités provinciales, a-t-il fait valoir, ont suffisamment contribué avec leurs propres taxes pour en faire plus en faveur du développement.

« Même à Lubumbashi, les gens meurent car c’est sale partout et qu’il n’y a pas d’eau potable propre », a-t-il dit. « C’est comme si cette richesse n’existait pas. On n’en voit tout simplement pas l’impact. » [IRIN]