Archives pour la catégorie Carnet de Lecture

Regard sur ce que nous sommes…

Il arrive un temps où l'on ne dit plus rien sur les faits de société et consort.
Qu' on se le dise…

Manassée Israël Isolele, artiste

Un beau matin on se réveil et on se rend compte qu' on a plus de mots mais qu' on a des mains. Et on travaille tout simplement. …

Quand on dit que le travaille c'est la santé, effectivement, quand on travaille dans le sens que l'on fait sa part pour le progrès peu importe le groupe. On est serein , on marche dans la paix du coeur car on sait on fond de nous-même qu' on fait ce qu' on doit avec ce qu' on a et comme on peut. Donc le coeur est léger et non enragé.

Avoir le coeur léger sur la balance ca pourrait se définir par peser sa part de responsabilité sur les problèmes et sa part de solution apporté aux problèmes.

Tant d énergie gâchée à se faire du mal en croyant faire du bien. Voir les problèmes, En rajoutant des problèmes sans apporter des solutions concrètes alors qu' au final il suffit de travailler, évidemment, à l endroit du problème plutôt qu' a l extérieur donc à l intérieur plutôt qu' a l extérieur.

Alors ce qui serait encore plus stupéfiant, c'est le cas de le dire.

C'est qu' ils disent: parce que nous sommes en deuil les artistes ne peuvent pas chanter ni danser quand nous savons que nous enterrons nos morts en chantant et en dansant et que même ils manifestent en dansant. Un jour un militaire me dira que le Zimbabwe, l'Afrique du Sud et la RdCongo ont les plus beaux chant de l armée en Afrique.

Et on se rappellera que l histoire de la musique Africaine moderne. Comme le Jazz et toutes les musiques issues des afro-descendant se jouaient dans des endroits clos comme espace, qui les permettaient de transcender la douleur de leur conditions d'esclaves en chantant et dansant…alors sur tout les thèmes pas seulement des chants de révolte ou de tristesse mais aussi d amour et de tendresse car l amour et la tendresse se partage. Et nous verrons par la suite que part le concours de toutes les nations, ce talents d expression naturel qui est un don du Très-Haut. Ce génie africain rendra des nations hyper productifs. ….parce que reconnu , valorisé , encadrer , organisé et finalement acheté et vendu….

Travaillons bon Dieu. Les cités du pays n attendent que leur enfant pour développer le coin.

N attendez pas des expatriés d aller nourrir les enfants du village, de soigner vos parents et vos grands-parents. C est de la responsabilité de chacun .

Et vous verrez que quand on fait sa part , on a plus la force de crier au loin. On respire par Le ventre. S'epoumoner dans Le vide nous parrait alors ridicule. Le soir en rentre seulement, on est fatigué, on va dormir, demain est un autre jour.

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Coup de gueule d’une indignée

Et oui, on nous fait croire à une course au pouvoir alors que nos " élus " n'ont pas de pouvoir si ce n'est le privilège d'être moins pire que les autres pour avoir fait du droit par exemple. La grande majorité sont des Dr en droit.

Je suis désolé de le dire , les avocats profitent du système mieux que quicquonc car ce système est verrouillé par le droit , les voies légales.

Si l'avocat ne profite pas du système alors il profite de l'homme prisonnier du système par l'ignorance de ses droits. La corruption ne passe pas par les musiciens qui n'ont rien, même pas un ministère digne de ce nom mais par tout ces Dr en x et y.

L avocat de base vous dira : payez moi mes vacations, payez moi mon essence , payez moi ma bouteille d'eau, mes unités pour appeler pour que je vous assiste. Et ils n'ont pas honte…il vous dira ici c'est comme ca qu' on vit. Le plaignant alors déjà victime de sa famille , ensuite, du système se verra alors abuser par celui qui est sensé défendre ses droits. Mais soyez en sur ce genre de comportement c'est de la faute du président ! C'est lui qui les a envoyé.

Alors je me suis dit :
C'est étonnant tout ces gens bardé de diplôme et qui sont souvent inutiles pour les orphelins, la jeunesse, l environnement etc….

Alors je me suis demandé comment faire pour que l'éducation rendent nos hommes de pouvoir efficaces et utiles. Alors j ai dit homme de pouvoir mais comme tout le monde est preso. Voyez-vous …. Oui ce monde est dominé par les hommes donc effectivement nous allons vous cibler dans une moindre mesure. Des gens remplies de pouvoir mais sans budget. Quelle horreur!

J observe également que 90% des associations pour les orphelins sont créés par des femmes qui souvent ne savent pas être subventionnées par les hommes de pouvoir qui détiennent la caisse sans tenté d abuser d elle au préalable.

Alors le schéma: la maman se soucis des enfants, quand l homme veut jouir…

Alors je me dis aussi que finalement, seul le fait que rien n'est sur peu rendre tout un groupe d individu aussi jaloux ou possessif.
Car en vérité sur ce genre de terrain tu perds ta femme en un clin d'oeil comme ta terre le temps d'un voyage….qui pour certain aura tout de même durée 30 ans en moyenne. 600 ans pour d autres.

Il y a toujours quelqu'un qui sera là pour vouloir ce que tu possède partant du principe qu' il a forcément été dépossédé par un tiers.
La loi de la jungle.

Et ensuite tout ceux qui ont perdu la mémoire, leur terre, leur parents etc…
Deviennent hyper frustré se sentant incapable de se faire justice. Et pourtant …

Les biens mal acquis ne profitent jamais . Une porte qui se ferme c'est une autre qui s'ouvre. Ayons la sagesse de savoir rendre à Cesar ce qu' appartient à César . Ou au-lieu de regarder la richesse des autres. Créons nos propres richesses.

Tout ca sans parler des dettes.

Le crédit dans tout les sens du terme est le plus gros défis.

Posons-nous la question, qu' avons-nous fait à nos ancêtres jusqu'à Dieu pour être aussi endetté.
Du chef de l état jusqu'au plus petit . Il y a des dettes à gérer.
Et ca court à l union européenne, au FMI pour demander des crédits.

Parce qu' en fait il n y a rien qu' ils sachent conserver le plus longtemps possible dans sa pleine valeur. Allez – y comprendre. C est a dire qu' ils jouissent sans avoir et crame la vie jusqu'à ce qu' il n y ai plus rien. Et ensuite ils vont pleurer et dire que la distraction c'est pas bon . Alors que plus jouisseur qu' eux avec tout leur mariage a fêter, les deuils à organiser, les collations à fêter les ceci les cela . Et tout ça il faut être bien habillé. Cotiser Pour le pagne, cotisé, cotisé. Ils savent cotiser sans savoir épargner.
Et Pour aller voir ta famille faut surtout pas arrivé les mains vides. Rassure toi tu as à peine le temps de dire j arrive qu' on t a déjà demandé un cadeau.
Tu veux aller développer un coin . Au préalable il faut que tu fasses déjà des dépenses pour quelques choses que tu ne possèdes pas encore.
Il faudra arriver avec:
– 5 litres d'huile
– sac de riz de 25 kg
– la farine
– de la bière
– etc…

Et donc tu serais quelqu'un parce que tu as ….donné les provisions qui ne dure qu' un temps. Quand ca sera épuisé. Ils reviendront te demander et c est celui qui donne qui lui habillé en basket et jean qui aura le pouvoir quand celui qui demande est en costard cravate.

Alors comme conclusion.
Notre problème est la consommation. Nous cherchons à avoir avant d'être. C est juste incroyable.
Mais comme le salut est individuel rien n est perdu pour l individu.

Ce comportement qui consiste uniquement à vendre et acheter. C est ca l ennemi du Congo également. Parce qu'on crée, qu'alors l industrie se développe.
Vendons nos idées et achetons l idée de notre grand-mère. Et l argent circulera alors à flot à l intérieur.

Je crois que ce sont ce genre de paramètres auxquels il faut faire face de manière individuel plutôt que boycotter l'art collectivement.

Ils sont tous instruits je vous rassure mais hélas, la grande question est à quoi ca sert si c'est …..?

Et c'est là, qu'un moment donné quitte à choisir, je préférais ne pas être instruite mais au-moins savoir faire pousser des tomates.
Qu' on se le dise!

Pardon d'avance.

Effectivement j ai eu à parler des traditions. En disant que c est une arme. Mais ce que j attend de la tradition c'est sa science pour la vie. Car nos us et coutumes mélanger à l état de survie. J ai des doutes.

Et tout ça ne se réglera pas par les manifestations. Je crois que les magasins de vêtements militaires sont malheureusement en rupture de stock pour rien.

Soyons sportifs pour de vrai plutôt qu'acheter le vêtement de sport. Ou courons vraiment que d'uniquement s'habiller en courir.

PS: Je n ai jamais vu un vrai militaire avec un gros ventre.

Manacée Israël Isolele est artiste musicienne d'origine Congolaise (RDC), vivant entre Paris et Kinshasa.

RDC : Une image polémique… mais pour rien !

Par Antoine Vumilia Muhindo 


Nous serions, semble-t-il en train de passer de la civilisation de l’écriture à celle de l´image. Nous avons tellement pris conscience de la force de l’image et du langage corporel, que finalement tout n´est plus qu´image. On veut paraître jeune, intelligent riche, fort etc, même si on ne l´est pas, en se composant une image qui va avec. C’est le règne du paraître, et le monde de la politique n’échappe pas à la règle. Au Congo par exemple, le port d’un béret en public , signe de ralliement à la branche bout-en-feu de l’opposition , peut suffire à le laver de ses péchés un homme qui a été à la tête d´une milice meurtrière ou qui, il y a quelques mois encore, participait à coeur joie au pillage du pays . 

À cet effet on entend souvent revenir un mot : “charisme”. Cela se résumerait à l’image de confiance en soi et d’autorité que doit refléter un leader et cela semble suffisant pour convaincre de sa capacité à gouverner. Manquer de “ charisme” est la faute qui ne pardonne pas au Congo. Tant pis si vous êtes incohérent, corrompu et démagogue, ayez du “ charisme” et le reste suivra ! Dans la même veine un “ vrai” opposant se doit d’afficher en public l´attitude la plus arrogante possible face à l’autorité, tant pis si après il se fait régler ses factures par cette même autorité. On se justifiera en disant – avec charisme bien sûr- :” C’est l’argent du pays! “ Car on sait que ce que le peuple veut c’est le “charisme” et les insultes rigolotes. Ca crée de l’ambiance et ça rassure en même temps.


La dernière affaire autour de l’image dans la politique congolaise est celle suscitée par la photo de Vital Kamerhe, chef de file du´une branche de l’opposition reçue par Joseph Kabila en consultation , où on le voit saluer ce dernier en s’inclinant légèrement , de même que Kabila aussi est très légèrement en position inclinée. Les détracteurs de cet opposant n’ont pas manqué de dénoncer un manque de charisme , et ce fut l’occasion notamment de ressortir les accusations habituelles de complicité avec l´ennemi. Il est vrai qu´à sa place j’éviterais d’offrir à mes adversaires cette image, pour de simples raisons de marketing politique.


Ceci dit, à mon humble avis la chasse aux sorcière qui a lieu en ce moment n’a pas raison d’être. En effet pour Vital Kamerhe et la branche de l’opposition qu’il dirige, Kabila est le Chef de l’Etat et lui, Kamerhe est député. Le rapport hiérarchique étant sans ambiguïté, il paraît normal, adversaire politique ou pas , de manifester du respect sans pour autant aller jusqu’au ridicule, selon les us et coutumes en vigueur pas qu´au Congo. Le président de l’UNC a toujours été cohérent sur ce point. On conviendra qu’il est à ce jour un des rares hommes politique à n’avoir jamais versé dans les insultes même au plus fort des crises politiques, aussi bien envers les représentant du pouvoir qu’envers ses faux amis au sein de la branche extrémiste de l’opposition.On se souviendra par exemple de son respect envers Etienne Tshisekedi qui a parfois déconcerté plus d’un y compris au sein de son propre camp. Eh bien, c’est que l’élégance en politique est une denrée rare au pays où l’insolence fait partie office de programme politique .

Mais la vraie question serait de savoir pourquoi cette image fait-elle jaser ? Pourtant on a bien vu des images de Tshisekedi Père presqu’en embrassades avec Mobutu en 1997,on sait que son fils rencontre en secret des émissaires du régimes et que sa famille a profité des largesses financières de la part des Kabila. Mais pourquoi cette bagatelle autour d’une image, alors qu’elle est cohérente avec les paroles et les actions d´un homme? Répondre à cette question, qui n’est pas mon but ici, serait un vrai début pour la compréhension de la classe politique congolaise qui ressemble à un panier de crabes.

Et si on en venait aux choses sérieuses? Aux projets de société , au calendrier électoral? 

16 février 2016 : Ce qu’en retient Godefroy Mwanabwato


16 février 2016, En souvenir de tant de souvenirs…Je me réveille suffocant sur mon petit lit de camps dans la cellule 09 dupavillon I de la Prison centrale de Makala… 

Je sens que mes yeux sont encore lourds de sommeil. Le temps de tirer une clope sportman, je retourne au lit. Mes yeux sont lourds de sommeil. Je n’ai fermé l’œil qu’aux environs de 4 heures. Toute la nuit, avec les camarades de Goma et Kinshasa, nous travaillions sur la journée ville morte du lendemain. Eh oui ! Même à Makala, nous participons à des actions de la Lucha menées à l’extérieur. J’avais alors réussi à faire entrer frauduleusement une tablette Tecno et réussissais à me connecter sur whatsapp afin de prendre part à nos forums stratégiques. 

La nuit du 15 au 16 février 2015, nous travaillions sur les « pigeons ». C’est ainsi que nous appelions les calicots. Nous proposions en temps réel aux amis de l’extérieur des messages à poster sur les banderoles et les tracts destinés à la journée du 16 février 2015 commémorative des martyrs de la démocratie. 

« Papa, maman : bomba bana nayo n’a ndako lobi »  » Restons tous à la maison pour honorer les martyrs du 16 février 1992″ etc… 

Les forums étaient vivants cette nuit-là. Pendant que nous autres les détenus proposions des messages, les amis de dehors étaient mobilisés à les saisir et à les imprimer sur des papiers et des banderoles. D’autres les dispatchaient à travers les artères de Kinshasa et de Goma. 

Quand brusquement je reçois un message d’un camarade de Goma : 

  • Nous sommes encerclés. Ils ont déniché notre lieu de retraite !

Bon sang ! De ma cellule, je sursaute ! Il est 3 heures du matin à Goma. Deux heures à Kinshasa. Comment ont-ils pu dénicher le lieu de retraite des amis? Il y a sûrement une taupe de l’intérieur… Nous nous proposons de retirer tous les amis de Goma du forum. Au cas où leurs téléphones étaient saisis… Ce qui est fait. Nous gardons les combattants de Kinshasa dans le groupe : Bienvenue Matumo, Marcel Héritier Kapitene et Victor Tesongo qui travaillent sur les artères de Kinshasa. 

Nous nous croyons en sécurité. J’essaie de savoir si les amis de Kinshasa sont penards. Bienvenu Matumo me rassure. Puis, nous échangeons sur d’autres tactiques de tractage et sur les pistes à suivre pour ne pas être repéré. Là, à ma surprise, je reçois un autre message de Bienvenue :

  • Mon cher, je sens qu’on nous poursuit ! O’ nous a repérés

Mon Dieu, lui aussi ! Que se passe-t-il dehors ? 

Je demande à Matumo :

  • Tu es là ? 
  • Oui, mon cher, ils nous ont repérés. 

Je n’ai jamais reçu d’autre message de son numéro…

Nous avions décidé de supprimer le forum whatsapp et de retirer tous les participants. J’ai éteint ma tablette et l’ai caché dans l’oreiller. En suivant les informations ce matin-là , j’appris que la journée Ville-morte avait été une réussite à Kinshasa. Bienvenue Matumo, Marcel Héritier Kapitene et Victor Tesongo me rejoindrons quelques jours plus tard dans ma cellule…

Godefroy MWANABWATO 

Congo nde biso


Extrait tiré de « Je ne le dirai pas à mon fils, mémoires d’un combattant de la liberté« 

Et Kabila nomma ses « Commissaires Spéciaux » – Ils ont fini par « cracher sur les gueules »…

L’élection des gouverneurs de provinces c’est comme celui des Chefs de Promotions ou de délégués départementaux à l’Université. On n’a pas besoin de plus de 1000$ dans chaque province pour les organiser ; sauf si lors qu’on veut être « budgétivore».

Les nouvelles provinces ont des assemblées provinciale ; arrêtez de faire de faire de la politicaillerie. On sait bien que ce sont les députés provinciaux qui élisent les gouverneurs.

Bande des … [que dis-je ?]

Oh ! Quelle mauvaise surprise ! Mon aîné et ami Joseph BANGAKYA n’a pas été nommé gouverneur du Haut-Uélé.

Le contexte ethno-tribal a finalement eu le dessus sur Jean BAMANISA SAÏDI, époux à l’Honorable Caroline Bemba, sœur cadette de Chairman J.-P. Bemba, locataire à la Haye. Métis Hema de Djugu, grandi à Bunia, Beni, Kasenyi et Kisangani, Jean Bamanisa n’est pas « commissaire spécial » de son ITURI d’origine, sous peine de susciter le vieux faux conflit – mais surtout pour cause de son appareténance au MSR, parti de l’opposition et membre du G7. On lui a préféré l’élu de Mambasa, ABDALLAH PENE MBAKA,  le métissé arabisé du Maniema et de Mambasa.

Pour Richard MUYEJ, aucun ébahissement. Le « Rund » chez les « Sanga », ça se passe à Kolwezi.

Seront ils responsables devant qui?les assemblées provinciales ou la présidence de la république?c’est une très mauvaise jurisprudence…, prévient un J.-C. KIJANA du NDSCI.

J’accuse le gouvernement de la République Démocratique du Congo

Chers Compatriotes,

Je n’ai pas honte d’accuser le gouvernement RDCongolais d’entretenir un flou sur le lendemain démocratique dans notre pays.

Comme ce fut le cas dans les années 90, sous la deuxième République, le pays est tombé plus bas. C’est atroce de ne pas parler de « dictature ». C’est un véritable putsch constitutionnel qui vient d’être consacré…

Répondant à une requête en interprétation de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la Cour constitutionnelle a enjoint mardi 8 septembre au gouvernement congolais de doter la CENI « des moyens nécessaires pour l’organisation impérative des élections des gouverneurs […] des nouvelles provinces avant toute élection des députés provinciaux et sur toute l’étendue de la République ».

Aujourd’hui, personne ne peut affirmer que les différents scrutins prévus en RDC auront lieu dans les délais impartis. Les congolais sont-t-ils habitués à la misère ou au mal ?

L’adaptation peut se définir d’une manière générale comme l’ajustement fonctionnel de l’être vivant au milieu, et, en particulier, comme l’appropriation de l’organe à sa fonction.

L’adaptation correspond à la mise en accord d’un organisme vivant avec les conditions qui lui sont extérieures. Elle perfectionne ses organes, les rend plus aptes au rôle qu’ils semblent jouer dans la vie de l’individu. Elle met l’organisme tout entier en cohérence avec le milieu.

 « L’inaction des hommes de bien permet-elle au mal de triompher ? », il est indispensable de faire le point sur tout le développement du sujet. En premier lieu, le bien et le mal en l’Homme sont à la fois distincts et flous suivant le contexte dans lequel on les étudie. Effectivement, d’un point de vue de la société, la limite entre le bien et le mal sont assez flous puisque l’Homme, entraîné dans son torrent d’envies croissantes et aveuglé par les tendances de la perfection sociétaires, ne perçoit plus que des idées brumeuses qui ne l’aident guère. Il aurait pour fâcheuse habitude de choisir la solution la plus simple qui est de suivre la masse ; individualistes qui partent vers le même but du bien illusoire. Ensuite, il existe également le bien et le mal selon les valeurs.

Beaucoup d’êtres humains tentent de suivre leur instinct de distinction pour savoir comment agir face à l’adversité et aux difficultés. Cependant, même si suivre la raison est digne d’un philosophe, on peut le payer cher ; le don de la vie au nom du bien. Sous prétexte qu’on possède la capacité à distinguer le bien du mal, quand celui-ci cache la mauvaise entité, on ne le voit pas ; aveuglé par sa conviction. Mais comment faire lorsqu’on ne sait plus différencier ?

Entrons dans l’Histoire des bonnes œuvres et de l’humanisme! Il n’y a d’âme sensible qui reste silencieux ou inactif devant le malheur des autres. Surtout quand dans ce cas là, il s’agit de malheur imposé à une masse de paisibles âmes, il n’y a plus de raison d’être atone.

Chers compatriotes, mon âme soufre ! Mon âme souffre d’apprendre que la cours constitutionnelle vient de valider, au compte du pouvoir, la décision accordant au Président de la République les prérogatives de nommer les gouverneurs des provinces.

Ces dernières semaines, les peuples de la République démocratique du Congo, pris dans l’étau d’une folle et meurtrière violence, ont connu sans commune mesure une souffrance horrible. Violence imposée par le cynisme d’un pouvoir anti-démocratique qui donne depuis quinze ans toutes les raisons à des groupuscules, aux intentions tout autant obscurs ou non, de prendre les armes pour se défendre et exiger le minimum de changement appelé de tous les vœux, de tous les coins et recoins de ce grand pays quatre-vingt  fois comme la Belgique. Pour qui connaît ce pays ou a connu les 15 ans de souffrance imposée aux RD Congolais par ce pouvoir dont on ne peut plus se tromper à qualifier de diabolique, l’épi-dénouement violent de la crise RDCongolaise survenu ce début du mois de février était inévitable.

La clanisation et la militarisation à outrance du pouvoir de part et d’autre du fleuve Congo, qui a atteint son summum avec une révision constitutionnelle en 2011 suivie d’une présidentielle équivoque pour permettre à son tenant de régner aeternum ad vitam sur la RDC, ont fermé la porte à toutes les voies de recours pour une alternance. Une alternance pas seulement pour le plaisir de permettre à d’autres de s’asseoir sur le fauteuil tant convoité du Palais de la Gombé, « palais de la nation ». Mais pour changer la situation chaotique dans laquelle son actuel occupant a plongé toute la RDC, seul et ultime but qui anime tous les RDCongolais qui, en leur âme et conscience et au-delà des différences, souhaitent fortement le départ de l’oligarchie clanique et familiale aujourd’hui soutenue à bout de bras par un pseudo pays des Droits de l’Homme, la Belgique. Alors, la seule voie à laquelle les RDCongolais se sont résignés pour ce faire est, malheureusement, celle du fusil et du canon qui fait, malheureusement encore, des victimes à Beni et dans le Rutshuru, mais aussi à Pweto, Mitwaba et Manono. Autant civiles que militaires.

La minorité des citoyens qui ont choisi la voix de l’activisme non violent, sont devenus la proie des services secrets et d’une justice inféodée qui cherche à plaire à l’oligarchie en place en RDC. Pour preuve, le militant congolais Fred Bauma, du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), basé dans l’est de la République démocratique du Congo restera en prison. C’est la décision rendue par le tribunal de Grande instance de la Gombe. Il avait été arrêté en compagnie d’une trentaine d’autres activistes notamment Yves Makwambala, du mouvement Filimbi. Ce dernier a été inculpé de haute trahison puis écroué à Makala.

Fred Bauma a été arrêté le 15 mars dans un climat politique tendu en même temps que plusieurs activistes du Burkina et du Sénégal. Venus en RDC pour une rencontre sur la bonne gouvernance et la démocratie en Afrique, ces activistes ont pour leur part été expulsés après avoir été accusés de préparer des « actes de violences ».

Le fait que les populations, à chaque tentative de renversement du dictateur, soient sorties massivement le long des artères de la capitale pour acclamer les rebelles, en dit long et est assez éloquent. Malheureusement, une fois encore, quand les forces, les prières et les souhaits se conjuguent pour venir à bout de ce pouvoir diabolique, il se trouve des puissances aux intérêts occultes qui viennent à son secours, annihilant l’espoir de tout un peuple!

Les actions « Telema » et « Filimbi » ont été une sonnette d’alarmes. Nos compatriotes péris en celles-ci entendent de nous une action concrète.

Mais ces martyrs ne doivent pas l’être pour rien. C’est pourquoi, le silence face à ce cynisme et après tout ce que les RDCongolais ont connu de plus fou cette année, ne s’apparenterait qu’à une complicité non seulement criminelle mais qui augure de lendemains encore sombres que l’on ne saurait ni accepter, ni tolérer, ni comprendre.

Aussi, du silence faut-il sortir et donner de la voix, agir pour défendre le peuple meurtri et opprimé. Les âmes encore sensibles, ayant ne serait-ce qu’un minimum de bon sens, d’humanité et de compassion, ne sauraient rester aphones et laisser le chapitre aux voix maléfiques et mortifères! Edmiund Burke serait encore vivant qu’il nous aurait rappelé ceci: « La seule chose qui permet au mal de triompher est l’inaction des hommes de bien. » Hélas, il n’est plus et la lutte appartient aux vivants, a dit par ailleurs un de ses illustres contemporains! Qu’on se le tienne alors pour dit et donnons la preuve que nous vivons.

Pas pour des broutilles mais pour des actes dont nous saurons gré les générations à venir. Ils l’inscriront, à coup sûr, au fronton de l’histoire des bonnes œuvres et de l’humanisme.

Mandela et le Mossad : un hoax made in Israël

par Gilles Munier (Afrique Asie – février 2014)*

Israëlafrique – S’attaquer à la mémoire du leader sud-africain en affirmant sans preuve qu’il a été entrainé par le Mossad est de la calomnie. Israël espère qu’il en restera quelque chose.

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Copie du passeport éthiopien avec lequel Nelson Mandela a voyagé en 1962. Sous la fausse identité de David Motsamayi. (Ph. Tiers)

Un certain David Fachler, chercheur et colon israélien originaire d’Afrique du Sud, a affirmé que Nelson Mandela s’est présenté en 1962 à l’ambassade d’Israël en Ethiopie, sous le nom de « David Mobsari », pour demander à être formé au maniement des armes et au sabotage, et que le Mossad a été chargé de son entraînement.

Ce n’est qu’en octobre 1962, après la parution dans la presse des photos de militants de l’ANC (African National Congress) arrêtés près de Johannesburg que le Mossad a découvert, dit-il, que « David Mobsari » et Nelson Mandela  ne faisaient qu’un.

Ce bidonnage calomnieux – ce hoax, comme on dit aujourd’hui –, paru le 20 décembre dernier, curieusement sur le site Internet de Haaretz, quotidien considéré en Israël comme pro-palestinien, est à prendre avec des pincettes. Le fac-similé de la note du Mossad n’a pas été publié. Le communiqué du 9 décembre des Archives diplomatiques israéliennes faisant état d’une conversation sur la situation au Proche-Orient entre un représentant israélien« non-officiel » et « Mobsari » est bien vague et ne prouve rien… sinon que Benjamin Netanyahou et l’ultra-raciste Avigdor Lieberman – redevenu ministre des Affaires étrangères – sont au centre de l’opération visant Mandela. Lire la suite Mandela et le Mossad : un hoax made in Israël

Forest doit remplacer le Boeing 737-300 de Korongo Airlines

Je n’y connais pas grand-chose, je sais tout simplement que Korongo Airlines est une compagnie aérienne du Groupe Forest, pour ne pas citer Georges Arthur Forest, le célèbre homme d’affaire belgo-Katangais usant des labels de SN Brussels Airlines.
Cette compagnie n’a qu’un seul appareil, nombreux ne le savent pas. C’est son Boeing 737-300 qui fait Kinshasa-Mbuji-Mayi-Lubumbashi-Johannesburg et assure le relais Lubumbashi-Kinshasa pour les passages de SN Brussels au départ du Katanga ou du Kasaï.
Ce mardi 02 juin, il se fait que le vol de Korongo Airlines au départ de Kinshasa pour Lubumbashi via Mbuji-Mayi a été décalé de 3 heures. Prévu pour 11h50 de Kinshasa, il a été effectif au tour de 15h.
À l’escale de Mbuji-Mayi, tous les passagers en destination de Kinshasa ont été surpris par le message du commandant de bord : « Nous avons connu un problème – nous ne sommes pas à même de nous servir de notre moteur droit – nous allons devoir attendre un technicien qui arrive de Lubumbashi… » Et là, c’est au tour de 17h à Bipempa Mbuji-Mayi wa Balengele mu Bakwanga !
18h, le technicien n’est pas toujours là ! 19h, les passages sont débarqués. 20h : Ils sont conduits à l’Hôtel KADJE à 5 minutes de l’aéroport de Bipempa – un autre calvaire les attend… les robinets sont à sec, quelques chambres seulement sont climatisées, le restaurant de l’Hôtel n’est pas fonctionnel ce soir.
Forest doit remplacer son truc ici avant…

Comment je vois la condamnation de Mohamed Morsi ?

Ceux qui condamnent Mohamed Morsi à la peine de mort ne rendent pas un bon service au continent pour des raisons suivantes (ça ne m’engage que moi):
1) Ils font de plus en plus peur aux dirigeants d’autres pays du continents qui hésitent à quitter le pouvoir, craignant pour leur sécurité judiciaire après le pouvoir.
2) La peine de mort est une pratique invétérée et de surcroît impénitente en ce sens qu’ il permet au bureau de ne pas supporter sa peine. Le condamné s’en sort bénéficiaire en ce sens que sa souffrance et ses peines sont abrégés par sa mort. Exécuter un criminel c’est tout simplement lui faciliter la tâche, lui privant de l’occasion de voir le monde évoluer normalement après lui avoir privé de sa totale liberté. C’est aussi empêcher aux autres potentiels criminels de se servir d’un exemple vivant. La peine de mort est à la fois une facilité et une lâcheté. La peine de perpétuité (prison à vie) ou une peine de travaux forcés à très longue durée sont nobles et positifs en ce sens qu’ils donnent au détenu une chance de reconversion psychique et spirituelle ; mais aussi lui permettant de servir de témoignage vivant aux autres tueurs potentiels.
3) Outre mon aversion négative ou mon jugement critique envers la peine de mort, ça ne vaut plus la peine de taire le fait que pour se débarrasser de Hosni Mubarak, les puissances impérialistes occidentales et les monarchies du golf ont laissé émerger la confrérie musulmane qui mena Morsi au pouvoir après les révolutions égyptiennes. C’est de la pure et simple manipulation à l’oeil nu.
Imaginez un instant que Osama Ben Laden soit capturé vivant et présenté à un juge à Washington ou à New York… Combien l’histoire de l’humanité serrait autre?! Cela aurait permis aux familles de victimes de se venger psychologiquement en assistant à un jugement. C’est plus fort! D’où, la meilleure manière, la plus atroce, à la limite, serait le stress psychologique infligé aux anciens criminels capturés, tout en leur ouvrant deux voies : 1) Une chance de repentance et 2) Des occasions de suicide.
Ne tuez donc pas les criminels capturés. Sensibilisez les plutôt sur la gravité de leurs crimes. C’est plus positif pour eux et pour le reste du monde. Ne salissons pas l’histoire de l’humanité par la couleur du sang.
Après Ben Laden, la nébuleuse terroriste islamiste ne fait qu’émerger. Le monde a privé à Ben Laden l’occasion de lancer publiquement en direct d’une prison, devant des caméras des médias, l’occasion de prononcer son mea-culpa envers l’humanité et à décourager ceux qui ont cru à sa folie.
Réfléchissons un peu plus grand…

De Marcel au peuple du Kivu : Épitre premier

Camarades et chers compatriotes,

Pour se forger un discours électoraliste, tout le monde se lève aujourd’hui et « dénonce » le génocide de Beni. C’est de la pure et simple récupération…

Faignant une guéguerre au sein de la majorité présidentielle (MP), des voix s’élèvent des tous cieux… Ceux-ci dénoncent, ceux-là fustigent, ces autres là présentent des excuses. Toutefois, rien n’a changé. Sur terrain, c’est du statuquo. On tue encore et toujours !

Ne nous laissons pas masqués par des discours récupérateurs, parfois marxisant, provenant des tyrans d’hier et d’aujourd’hui, qui veulent s’approprier notre malheur pour décrocher nos voix. Ils sont malins, et à haut de l’échelle, ils cracheront sur nos têtes. Ils l’ont fait et ils le feront. Ne dit-on pas, dans le vieux dicton, que « qui a bu boira » ?

Aujourd’hui comme hier, ceux qui ont emprisonné que muselé nos frères et sœurs qui ont dénoncé le laxisme du gouvernement et du pouvoir dans la prise en charge sécuritaire dans l’Est du pays, notamment à Beni, Rutshuru et Uvira, sont en train d’essayer de passer pour des sapeurs pompier, mimant des guéguerres mesquines, stériles et puériles. C’est anodin ! Méfions-nous en…

Qui ont mis Nzangi Butondo en prison pour avoir dénoncé l’incapacité de notre armée à sécuriser l’Est de la RDC? Qui ont machiné l’arrestation de Fred Bauma ? Qui sont derrière l’arrestation de Jean-Louis Ernest Kyaviro ? Ne sont-ils pas ceux qui essayent de calmer le jeu en jouant au « sapeur pompier » ? Ce sont eux ! Oui, eux, les pompiers pyromanes !

Il vaut urgemment la peine de comprendre leur machination : « Ordo Ad Chao » qui signifie « du chaos à l’ordre ». Comment une même formule peut-elle être utilisée à la fois pour réaliser la perfection et le mal ? Quel est le mystère occulte derrière cette formule et comment cela fonctionne sur le plan énergétique et stratégique ? Voilà les questions auxquelles chacun de nous devra trouver une réponse.

En effet, la formule est si simple : « Créer un désordre, faire massacrer la population à Beni, Nyamilima, Kokola, Mutarule, etc., et proposer des vaines solutions pour des fins électoralistes ou de récupération. » Pas plus, pas moins ! C’est une véritable stratégie du chaos et du mensonge, imaginée par ceux qui tuent pour pouvoir nous aveugler, bref, pour s’attirer notre sympathie, se faire élire et/ou trouver un argument de glissement. C’est aussi l’une des voies pour nous imposer la balkanisation, créant en nous un sentiment de non appartenance au Congo.

Soyons prudents !

« O’lukando » – Slam d’un isolé

"A nos actes manqués..." (Ph. Elvin K.)
« A nos actes manqués… » (Ph. Elvin K.)

Treize mois depuis que je bois de l’eau de cette autre rivière. Treize mois aussi que j’ai perdu une partie de moi. C’est aussi Treize cent jours de plus que j’ai comme impression d’avoir retrancher de mes jours. Là haut, à plus de Treize cent pieds, les nuages m’ont projeté à quatre-mille kilomètres de mes racines.

Treize jours avant que je ne quitte les seize collines qui forment ma commune… Je me suis réveillé chez mon grand-père à Kambali – Salongo. J’ai pris le vélo mon oncle Thembo pour une course inhabituelle vers Kiribatha, arracher quelques bottes de feuilles de manioc « sombé » pour ma tante Kavira qui venait de mettre au monde. Comme il est de coutume chez-nous de réserver des surprises à la jeune mariée « o’mulunga » ou « o’mughole », un petit excès de zèle me fait avancer jusqu’à Kahondo, bourgade située entre Vuhuvi (ou Vuhovi) et la vallée de la Simuliki où les ignames « bikene » ou « bihama » ne sont plus assez faciles à trouver. « Pourquoi n’ai-je pas pris la direction de Kimbulu ? », me demandais-je. Après tout, les patates douces « biribwa » sont un rechange des ignames. Je m’en approvisionne à Busaghala, mais je dois foncer jusqu’à Kahondo, récupérer un peu de colocase dans le champ la mère-grand. Mère-grand est allée à Rwahwa, je peux amasser n’importe quelle quantité de « Manyagwa » et de « Vikwenye » sans être inquiété. Lire la suite « O’lukando » – Slam d’un isolé

La violence comme forme d’expression?

Ce carnet de lecture est loin d’être clos. Il s’inspire d’un extrait de Sigmund Freud, à savoir :

« L’Homme est, en effet, dit Freud, tenté de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagements, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer. Homo homini lupus : qui aurait le courage, en face de tous ces Enseignements de la vie et de l’histoire, de s’inscrire en faux contre cet adage ? En règle générale, cette agressivité cruelle ou bien attend une provocation ou bien se met au service de quelque dessein dont le but serait tout aussi accessible par des moyens plus doux. »

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation (1930)

Un présumé rebelle lynché, brûlé à Béniville (Ph. France24/Obs)
Un présumé rebelle lynché, brûlé à Béniville (Ph. France24/Obs)

Pour Rappel, nous avions estimé que des exemples de guerres et d’invasions dans l’Histoire suffisent à Freud pour prouver que ce qui l’avance est indéniable. En effet, les conflits historiques cités sont la preuve que l’Homme n’est “pas cet être débonnaire, au cœur assoiffé d’amour”. Ils font également obstacle à la doxa qui affirme que l’Homme se défend quand on l’attaque : si tel est le cas, ne devrait-il pas ne pas y avoir de guerre ? De plus on note une contradiction : L’Homme n’attaque que lorsque l’on l’attaque, cependant qui l’attaque ? N’est-ce pas un Homme ? L’évocation de ces “horreurs” dans la mémoire de tout un chacun est susceptible de réveiller en eux tout ce questionnement!

Ce propos n’a pas laissé indifférent une autre figure pensante qui passe par moment sur ce blog.

Yves Verreydt :

Freud a raison sur plusieurs points et en grandes lignes, mais nous offre-t-il une image complète de l’évolution de la société humaine en mettant l’accent sur l’agressivité innée de l’homme ?
Regardons un peu comment les hommes se rencontrent sur les routes et communiquent par
des ‘Salaam’, ‘Salamu’, ‘Shalom’ avec chaque fois le désir d’éviter des violences infra humaines.
Cet autre penseur français, Jean-Jacques Rousseau dixit : ‘L’homme naît bon, c’est la civilisation qui le déprave ». Ceux qui font des massacres et des tueries dans le grand nord n’ont-ils pas été conditionnés par leur milieu ambiant, en subissant un lavage de cerveau (‘brainwashing’) ? Sommes-nous toujours aussi libres que nous le pensons.
Voyons aussi les petits enfants qui dès leur naissance aspirent à la reconnaissance et l’amour. Ont-ils toujours été bien entourés ? N’y en a-t-il pas qui ont souffert d’imcompréhension et de violences inadmissibles ?
Sommes- nous aussi libres que nous le pensons ? ou plutôt ‘déterminés’ par des conditions de vie imposées ?
Bien sûr une bonne éducation dans l’amour est nécessaire, où les adultes montrent aussi les limites que la société nous impose.
Sinon nous tomberions dans le monde animal où certaines cruautés se manifestent à l’occasion (le lion qui tue ses petits, la chienne qui repousse ses rejetons les plus faibles,…).
Inspirons-nous aussi de Jean-Jacques Rousseau (« Emile », « Le contrat social »), de Léon Tolstoi, ce grand penseur russe du début du siècle précédent, et de Jean-Paul Sartre qui a écrit : « Notre liberté est limitée par la liberté des autres »

Nous :

Cher Yves Verreydt,
Merci de votre intervention, beaucoup enrichissante et aussi bien éloquente.
Chez Rousseau, comme chez Freud, il faudra préciser d’autres aspects, que parfois le monde fait passer pour normal ; alors qu’il s’agit que d’un clientélisme, d’amateurisme universellement admis, de conspiration et des fissures sociales.
Loin de sombrer dans le refus des différences, il est clair que la raison de l’homme de poser ou de ne poser tel ou tel acte est désormais influencée par des petites nuances, qui fondamentalement sont aussi éphémères mais auxquelles l’humanité s’en tient éperdument. Il s’agit des mots vides tels que : race, religion, tribu, clan, couleur des yeux, forme du nez, couleur des cheveux, loge (aversion aux mouvements initiatiques), obédience sexuelle, appartenance politique (centre, gauche, droite, opposition, majorité, société civile, etc.), origines préhistoriques, etc.
De surcroit, cette sorte de deshumanisation de l’humanité passe par ces différences éphémères qui définissent désormais l’homme, l’engloutissent et l’aliène.
Sans sombrer dans une élucubration sarcastique, dogmatique, religieuse ou d’un quelconque courant philosophique ou sociologique, il va sans dire que la conspiration est le centre majeur des délits deshumanisant. Dans une société humaine ou la différence passe comme premier critère de définition des faits et des idées, l’intolérance nait, renait et incite des nouvelles conspirations.
Dans le grand-nord du Kivu, est certes question d’intolérance politique qui fait passer la violence comme moyen d’expression régionalement admis. Du Rwanda, au Soudan en passant par l’Ouganda et la République démocratique du Congo, les vaines luttes des politiques se servant du rempart de peuples ont fait plus des victimes que d’innocents. Ou mieux, y a-t-il d’innocents ? La faiblesse de la force a fait à ce que les impliqués soit propulsés à des plus hautes responsabilités politico-militaires et administratives au point d’insister un retournement de la manivelle, les innocents et les victimes d’hier devenant les bourreaux d’aujourd’hui.
De là nait un cycle de violence continue. Tout le monde voulant sa tailler sa part de lion dans le jeu, il ne reste qu’une contre-vertu à l’œuvre : la violence nourri d’un sentiment d’égoïsme et de lâcheté.
Que faire ?

À Yves Verreydt d’ajouter :

Il est vrai que la ‘nature’ humaine est faite de nombreux facteurs dont nous ne pouvons pas toujours maîtriser ou tenir sous contrôle.
Les différents facteurs auxquels les humains se réfèrent pour justifier leurs comportements ressortent souvent de tentatives de se justifier d’actes inadmissibles accomplis.
Il est vrai alors que nous, les hommes, nous en référons à nos conceptions, croyances et surtout aux vues que la société nous impose dans le domaine racial ou religieux, par exemple.
Osons-nous aller à contrecourant ? Ne devons-nous pas tendre à la déconstruction de cette déshumanisation pour en arriver à une plus grande humanisation. Cela implique certains efforts à accomplir, bien sûr : aller à contrecourant même des tendances fort répandues.
Nous voyons aussi partout des victimes innocentes sans toujours pouvoir distinguer le vrai du faux, mais ‘victime’ et ‘innocent’ ne s’excluent pas mutuellement au profit des ‘loups’ qui nous entourent.

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Vous pouvez aussi réagir à cette pensée en nous écrivant ici ou en remplissant le formulaire de commentaire ci-bas, nous prendront la peine de mettre en avant plan vos idées.

L’Homme n’est-il pas cet autre lion « humanisé » ?

6173269862_c77479149b_zIl y a un mois, plus de 132 personnes ont été tués à la manchette au Nord-Kivu, en ville et territoire de Beni. Près de la moitié d’eux l’ont été dans la ville qui m’a vu naître, Béniville. Blessé par cette situation et dans l’impossibilité de la comprendre et de venir à la rescousse des miens blessés dans leur quiétude, je me suis retiré de ce blog pendant près d’un moins. J’étais en quelque sorte lassé de faire la comptabilité de la mort des miens ! Vous et moi, sommes entrain de parcourir un malaise de notre civilisation.

 

Pour apaiser ma rage, je me suis mis à méditer sur ce fragment Sigmund Freud pour tenter de comprendre l’homme, cet autre homme que je suis peut-être  aussi:

« L’Homme est, en effet, dit Freud, tenté de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagements, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer. Homo homini lupus : qui aurait le courage, en face de tous ces Enseignements de la vie et de l’histoire, de s’inscrire en faux contre cet adage ? En règle générale, cette agressivité cruelle ou bien attend une provocation ou bien se met au service de quelque dessein dont le but serait tout aussi accessible par des moyens plus doux. »

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation (1930)

homo homini lupusLa doxa suppose que l’Homme est nécessairement bon, innocent et qu’il n’attaque que lorsqu’il se sent attaqué. On note, dans un premier temps, l’usage, au sens figuré, de l’adjectif “assoiffé” qui exprime l’émanation d’un besoin vital (puisque c’est de “soif” qu’il s’agit et que boire est un besoin vital pour l’Homme). Dans un seconde temps, il est question de légitime défense “L’homme […] dont on dit qu’il se défend quand on l’attaque”. (Freud) Il s’agit bel et bien, également ici, de désir; le désir de se défendre. Le tout tend à exprimer le fait que notre personne n’est en rien responsable du mal qui arrive autour de nous. La doxa donne l’image d’un Homme qui, originellement bon, n’est que la victime du reste du monde.

Freud n’est pas de cet avis, et montre alors, qu’à l’inverse de ce que la doxa suppose, l’Homme possède une agressivité innéehomo_homini_lupus_est_by_russoturisto-d3ce0nn qui influe sur chacune de ses actions et pensées instinctives. Cette théorie fait donc inévitablement obstacle à celle de la doxa puisque là où l’auteur parle d’agressivité — que l’on pourrait qualifiée d’active — la doxa parle elle d’une défense qui est le résultat d’une attaque préalable soit, d’une agressivité réactive. Le fait que cette agressivité soit lié au données instinctives de l’Homme implique qu’elle n’est en rien le résultat de la vie en société

L’Homme fait de son prochain, en plus d’un auxiliaire et d’un objet sexuel, un objet de tentation. Cela découle de l’agressivité active résidant dans chaque Homme; Faire de son prochain un objet de tentation est nécessaire et non pas éventuelle comme le sont le fait d’en faire un auxiliaire (qui, par définition, est peu important voire secondaire) ou un objet sexuel dit possible. On pourrait conclure que cela est vital; transformer son prochain en objet de tentation n’est pas un désir mais un besoin. L’Homme dépend de l’Homme et les lignes qui suivent le démontrent bien.

indexOn retrouve cette notion de “besoin vital”, que l’on peut qualifier de “pulsion”, lorsque Freud affirme que “L’Homme est […] tenté de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain”. Par définition, c’est donc implicitement d’une autre caractéristique ancrée en chaque Homme qu’il s’agit, une forme d’égoïsme. L’Homme privilégie la satisfaction de son besoin d’agression au bien-être de son prochain.

L’énumération est croissante: il est d’abord question d’exploitation économique, de viol, de vol, d’humiliation, de torture voire d’oppression puis de meurtre, qui est la forme ultime de l’agressivité. On les devine tirés d’expériences vécues.

L’homme est un loup pour l’homme”. Elle a pour but de dire que, en d’autres mots, l’Homme est le pire ennemi de l’Homme. Freud juge le fait énoncé par cet adage, inéluctable. Si l’on ajoute ceci à ce qu’il sous-entendait auparavant, à savoir que l’Homme dépend de l’Homme, on est en droit de conclure que l’Homme se veut volontairement loup pour son prochain, c’est un besoin qu’il cherche à combler.

Pourquoi ou Quand est-ce que l’Homme décide d’assouvir son besoin d’agression ? C’est la question à laquelle répond l’auteur en affirmant que “en règle générale” l’Homme décide, en premier lieu, d’assouvir son besoin d’agression lorsqu’il est victime de provocation.

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Le verbe “attendre” montre que l’agressivité est bel et bien présente et qu’elle ne nécessite qu’un prétexte “valable” pour être manifestée. Par ailleurs on conclu de cette “attente de provocation” que, quand bien même elle omet certaines caractéristiques de la chose, la doxa n’a pas totalement faux lorsqu’elle dit de l’Homme qu’il se “défend quand on l’attaque”.

Dans certains cas cette agressivité cruelle est manifestée volontairement mais de façon injustifiée car visant à atteindre un but pouvant être tout aussi bien atteint sans agressivité. Dans les deux cas précédents, l’Homme est volontairement agressif. L’émanation de cette agressivité est un choix. Le simple fait qu’il la contienne, dans le premier cas, et attende le moment propice (autrement dit une provocation) pour l’exprimer prouve donc bien qu’il en a le contrôle.

Homo-homini-lupus-est_imagelargeFace à cela, il existe tout de même des cas desquelles l’on peut dire que l’Homme n’a pas — ou du moins, plus — le contrôle. C’est-à-dire lorsque, à l’inverse des premières circonstances d’émanation de l’agressivité précédemment citées, il parvint à maintenir temporairement son besoin d’agression, grâce à ce que Freud appelle, ses “forces morales”. Des expressions communes et familières illustrent d’ailleurs assez bien l’idée telles que “La goutte d’eau qui fait déborder le vase” ou encore la locution “Être hors de soi”. L’Homme cède à la violence car n’étant plus en mesure de la contenir. Il s’agit pour le coup d’une émanation d’agressivité involontaire, incontrôlée révélant la “bête sauvage” qui réside tout de même en lui (Freud parle de “spontanéité”).

Des exemples de guerres et d’invasions dans l’Histoire suffisent à Freud pour prouver que ce qui l’avance est indéniable. En effet, les conflits historiques cités sont la preuve que l’Homme n’est “pas cet être débonnaire, au cœur assoiffé d’amour”. Ils font également obstacle à la doxa qui affirme que l’Homme se défend quand on l’attaque : si tel est le cas, ne devrait-il pas ne pas y avoir de guerre ? De plus on note une contradiction : L’Homme n’attaque que lorsque l’on l’attaque, cependant qui l’attaque ? N’est-ce pas un Homme ? L’évocation de ces “horreurs” dans la mémoire de tout un chacun est susceptible de réveiller en eux tout ce questionnement!

Kapitene