Kakolele, vêtu en couleurs du PPRD lors de la campagne électorale de 2011. (Ph. Tiers)

Nord-Kivu│Beni : Une coalition des groupes armés commandée par Bwambale Kakolele prétend combattre les égorgeurs.

L’homme se réclame à la tête de 4 brigades (un bataillon) dans la vallée de la Semliki. Son objectif, jusque-là annoncé sur les ondes des médias : traquer les auteurs des massacres qui sévissent à Beni depuis octobre 2014.

C’est au téléphone d’Austère Malivika que Kakolele a dévoilé sa nouvelle aventure dans l’Est du Congo. Il se réclame à la tête d’un bataillon suffisamment équipé, pour en finir avec les présumés auteurs du génocide de Beni. Outre, il s’insurge contre le partage de pouvoir entre politiciens à l’issu de l’accord du 31 décembre 2016, sous l’égide de la CENCO. Pour cet officier rebelle, il est moins admissible que la question sécuritaire à l’Est de la RDC n’ait pas été prise en compte lors des négociations directes au centre inter-diocésain à Kinshasa ; et que les politiques rabâchent uniquement sur les postes dans le nouveau gouvernement, sans se soucier du quotidien des citoyens.

Une prise de position qui ne fait pas l’unanimité à Beni, Butembo et Bunia, où cet officier réfractaire est connu pour son activisme armé, et parfois pour ses rapprochements répétitifs avec les rebellions téléguidées de l’extérieur. D’aucuns y voient une main noire, visiblement conçue par certains milieux Kinshasa, où Kakolele était censé se retrouver en résidence surveillée, pour peut-être faits fins malveillantes.

Ancien gardien de l’équipe Nyuki de Butembo passé par le commerce de l’or à Bunia, Emmanuel B’wambale Kakolele est mieux connu pour son activisme rebelle et militaire de longue date. Celui qui mixe le business et les armes est passé par l’armée ougandaise, les Mai-Mai Kasindiens, a combattu au Soudan et dans les rangs de l’ex-APC, la faction armée de l’ex-rébellion du RCD/K-ML[1]. C’est lors de la réunification de la RDC qu’il est sensé intégrer l’armée loyaliste, avant d’être incarcéré à Makala pour tentative d’une nouvelle rébellion à Beni, d’où il se dérobera, puis signalé quelques mois après dans les rangs du CNDP[2] de Laurent Nkunda et passe très vite dans le camp présidentiel où il battait publiquement campagne pour Joseph Kabila (voir photo), arboré des couleurs du PPRD. Plus tard, il est encore signalé dans les forces soutenant le M-23[3], avant de faire reddition et se retrouver à Kinshasa, où il circulait paisiblement.

Arrêté en fin octobre 2015 dans la localité de Niania en cheval entre les provinces du Haut-Uele, de la Tshopo et de l’Ituri, le général Emmanuel Bw’ambale, connu sous les sobriquets de « Ngringo » et mieux de « Aigle Blanc », avait été transférée 20 octobre 2015 à Kinshasa par les services de sécurité militaire.

Proche de Sultani Makenga, de Muhindo Akili, de Fall Si Kabwe et de Gabriel Amisi Kumba « Tango Four », cet officier des FARDC était accusé d’organiser les groupes armés Maï-Maï dans la région de Mambasa et Wamba[4]. Des accusations rejetées en bloc par Kakolele, qui aurait déclaré aux services qui l’interrogeaient « avoir déjà quitté l’armée pour la vie civile« .  Selon les mêmes sources, «Aigle Blanc» aurait brandi à ses geôliers comme preuve de ses allégations sa carte de membre effectif du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). On ne sait de quelle manière il se serait à nouveau dérobé des mailles des services de sécurité à Kinshasa pour se retrouver dans la vallée de la Semliki à Beni.

The Kivu Times

[1]. Rassemblement congolais pour la démocratie – Kisangani Mouvement de libération, aujourd’hui parti politique agréé en RDC.

[2]. Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) est l’administration rebelle établie par Laurent Nkunda dans la région du Kivu entre 2006 et 2009.

[3]. Mouvement du 23 mars, rébellion dissoute le 25 octobre 2015 ; composée d’ex-rebelles du CNDP réintégrés dans l’armée congolaise à la suite d’un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa, avant de se mutiner en 2012.

[4]. « Bunia: le général Bwahambele alias «Kakolele» transféré à Kinshasa », Radio Okapi, le 21 octobre 2015.

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