Nord-Kivu : « Bwito, une chefferie poudrière oubliée» – Communiqué de presse de la Société Civile

SOCIETE CIVILE FORCES VIVES DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

COORDINATION PROVINCIALE DU NORD-KIVU

Tél. : (+243) 994410 534 /  991762062/  997739569

E-mail : societecivilenk@gmail.com, thdaquinmuiti50@gmail.com

COMMUNIQUE DE PRESSE N°23/2017

« Bwito, une chefferie poudrière oubliée»

La Coordination Provinciale de la Société Civile, Forces Vives du Nord Kivu, alerte la communauté nationale et internationale que la Chefferie de Bwito, en Territoire de Rutshuru, fait face, depuis environs une année,  à une insécurité grandissante causant la mort, le déplacement massif des populations civiles innocentes, enlèvements, déportations et kidnappings suivis de demandes de rançon.

Presque tous les groupements de cette chefferie sont concernés par cette insécurité ; nous avons cité les groupements Bishusha, Kihondo, Bukombo, Tongo, Bambo, Kanyabayonga et Mutanda.

 Les dernières attaques en date sont celles qui ont endeuillés Nyanzale etBualanda.Des personnes ciblées selon leur appartenance ethniques ont été froidement abattues,Des maisons incendiées ainsi que des menaces d’attaques d’autres petits villages persistent jusque à ce jour.

La Coordination Provinciale de la Société Civile, Forces Vives  du Nord Kivu souligne que des chefs des groupements et d’autres leaders d’opinion sont sélectivement ciblés ettués. A titre illustratif, l’ancien chef de la Chefferie de Bwito, Monsieur Désiré BukafuShekerabeti avait été tué près de Lueshe, le chef de Groupement de Bambu Monsieur Luanda Bonane,  son successeur Monsieur Kisubaet le dernier en date le Mwami Mabuanano Kivu du groupement de Bishusha, ont également été tués. Le chef ad intérim de la Localité de Bincha dans le Groupement de Kihondo a lui aussi, été tué et tous au cours de l’année 2016.

L’on peut être poussé à penser qu’il y a véritablement une politique savamment pensé par les ennemis de la paix dans le Bwito pour l’anéantissement de l’autorité de l’Etat dans cette partie du territoire national. Des hommes de Dieu dont un prêtre de la Paroisse de Birambitso ainsi que les humanitaires ne sont pas aussi épargnés par les pratiques odieuses qui frisent le terrorisme dans cette zone. Le comble de malheur est que  les auteurs de ces actes ignobles et lâches n’ont jamais été retrouvés et donc pas sanctionnés. Il apparait clairement que les auteurs intellectuels seraient  certains politiciens mal intentionnés qui touchent sur la fibre ethnique pour opposer les communautés entre elles alors que ceux-ci vivaient jadis dans une convivialité.

 Des groupes armés dits Mai Mai, Nyatura et autres, associés ou non aux  Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda, FDLR en sigle, opèrent impunément dans cette Chefferie. Ces derniers, divisés en deux fractions, s’affrontent sur le sol congolais pour accomplir leur projet d’anéantissement des autochtones. Il y a lieu de noter que les forces de sécurité (FARDC et PNC) ne sont pas suffisamment déployées dans la Zone, ce qui permet à ces groupes armés d’opérer en toute quiétude.

Cette situation d’insécurité persistante dans la Chefferie de Bwito en général, et les tueries ciblées et systématiques des Chefs coutumiers et autres leaders d’opinion dans cette zone en particulier, devrait au plus vite, interpeller les uns et les autres sur la nécessité de trouver une solution durable à l’activisme des groupes armés nationaux et des combattants FDLR en vue de la cohabitation pacifique entre les communautés pour un développement socio-économique dans cette contrée.

La Coordination  de la Société civile, Forces Vives du Nord Kivu, rappelle que la Province ne mérite pas de devenir une nouvelle Somalie ou Syrie ou un nouveau Beni qui connaissent  des tueries en répétition. La chefferie de Bwito devient de plus en plus une poudrière. Elle craint pour des actes de génocide. C’est aujourd’hui ou jamais qu’il faut agir pour prévenir ce crime.

A cet effet, la Coordination Provinciale de la Société Civile, Forces Vives du Nord Kivu, formule les recommandations suivantes :

  1. Au Gouvernement National de la RDC :
  2. D’évaluer les opérations militaires de traque contre les FDLR dans la région et de reprogrammer une traque musclée contre ce groupe armé étranger ainsi que de tous les autres groupes armés nationaux dans la région ;
  3. D’évaluer les opérations d’identification des « citoyens rwandais encore présents sur le sol congolais» pour apprécier leur accès ou non au statut de réfugié et prendre les dispositions nécessaires pour prévenir d’éventuelles migrations incontrôlées, sources de conflits entre communautés congolaises ;
  4. De faciliter l’accès facile aux sujets Rwandais non armés aux centres d’inscription du HCR et la CNR en vue de jouir de leur droit au statut de réfugiés et leur éviter l’apatridie après la mise en application par le Rwanda de la « clause de cessation »;
  5. De déployer suffisamment d’éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo et de la Police Nationale Congolaise tout en veillant à leur véritable prise en charge, pour l’anéantissement définitif des groupes armés étrangers/ FDLR et nationaux/ Mai Mai et Nyatura, encore actifs dans le Bwito;
  6. De diligenter une enquête indépendante aux fins d’établir les responsabilités et sanctionner les auteurs de ces actes ignobles dans le Bwito;
  7. De prendre en charge les victimes de cette barbarie humaine dans le Bwito;
  8. De s’investir dans les actions de stabilisation de la Chefferie de Bwito ;
  9. Au Gouverneur de la Province du Nord Kivu, de :
  10. Mettre tout en œuvre pour rétablir l’autorité de l’Etat sur l’étendue de la Chefferie de Bwito;
  11. Venir en aide aux populations victimes de cette insécurité;
  12. A l’Assemblée Provinciale et à la Justice civile et militaire du Nord Kivu, de :

Procéder à des enquêtes parlementaires et judicaires en vue de dénicher  tous les auteurs de l’insécurité et des crimes commis dans le Bwito ainsi que leurs complices;

  1. Aux communautés vivant dans la Chefferie de Bwito de :
  2. Demeurer soudées les unes des autres comme dans le passé ;
  3. Collaborer avec les services de sécurité et les enquêteurs pour leur permettre d’atteindre les objectifs assignés.
  4. Dénoncer toute personne impliquée, de prêt ou de loin, dans les actes criminels ou toutes autres activités à caractère tribalo ethnique qui sont à l’origine de l’insécurité et de la non paix dans la région.
  5. Aux organisations de la Société Civile et au Baraza la Wazee du Nord Kivu :
  6. D’amorcer des actions de sensibilisation en vue de dissocier la population congolaise des FDLR et la population congolaise des citoyens rwandais présents dans leurs villages ;
  7. D’Initier des actions d’encadrement et de collaboration entre les jeunes des différentes communautés pour se désolidariser des groupes armés nationaux et étrangers ;
  8. De collaborer avec les élus du peuple et les autres services dans les investigations sur les auteurs des crimes et leurs complices en chefferie de Bwito.

Ainsi fait à Goma le 10 janvier 2017

Pour la Coordination de la Société Civile Forces Vives du Nord-Kivu

Th. d’Aquin MUITI LUANDA, Président 

Bary NEGURA, Rapporteur Général

Etienne KAMBALE, Rapporteur Général Adjoint

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