« Au nom du pouvoir » – la réplique de la CENCO au PGR Kabange Numbi

L’article est paru sur le site de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, le jeudi  03 Décembre 2015, avant que le site ne soit indisponible. Brouillage ? Toutefois, son esprit traduit une réplique indomptée aux fameuses déclarations du PGR Flory Kabange Numbi contre toute manipulation de l’article 64 de la constitution de la RDC.

Des évêques lors du 16èm assemblée plénière du Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et Madagascar(Secam) le 9/07/2013 à Kinshasa. (Ph. John Bompengo/Radio Okapi)
Des évêques lors du 16èm assemblée plénière du Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et Madagascar(Secam) le 9/07/2013 à Kinshasa. (Ph. John Bompengo/Radio Okapi)

Lorsqu’il le faut, tout propos jugé subversif passant via le nom de domaine « point cd » se veut être brouillé ou coupé. La CENCO serait-elle tombée dans ce cas ?

Le site du collectif des évêques catholiques de la RDC était accessible via www.cenco.cd jusqu’au soir du jeudi 03 décembre dernier. Aurait-t-il été brouillé ou rendu indisponible pour cause d’un article intitulé « Au nom du pouvoir » paru au soir du jeudi dernier sous le lien http://www.cenco.cd/?id_art=271?

Toutefois, comme on peut le lire en cache, l’intégral de l’article est libellé comme suit  :

Au nom du pouvoir

 Le comité permanent de la CENCO n’est pas un quelconque bureau. C’est une assemblée composée des archevêques et évêques présidents des différentes commissions de la Conférence des évêques.

Elle parle et décide au nom des autres évêques ; ses membres ne sont pas des frondeurs, mais des pasteurs, soucieux de leur pays et de la marche des institutions républicaines. Puisque la RD Congo, notre pays est un bien commun, les évêques peuvent et doivent aussi s’exprimer sur la marche des institutions ; c’est une question de conscience et de responsabilité, en tant que pasteurs et citoyens congolais. Nul n’a le droit de décréter le silence général pour toute personne que s’exprime ou prend la parole dans un Etat qui se dit démocratique. L’appareil de l’Etat ne doit aucunement être utilisé au service d’un groupe contre d’autres composantes sociales. La communication n’est pas un exercice qui vise à sacrifier les autres à l’autel public en usant des moyens du pays. Le pays n’est pas la propriété absolue de ceux qui détiennent le pouvoir.

La CENCO s’est opposée à la manière dont les choses se sont passées concernant la désignation du président de la CENI ; la démocratie ne signifie pas l’absence de débat où l’absence de motivation d’un choix.

Si un groupe ne doit imposer ses vues aux autres, un individu fut-il le grand sage de la nation ne peut se permettre de condamner, d’attaquer, d’invectiver et même de menacer les autres au nom du pouvoir et avec les moyens de l’Etat.

Les évêques exercent un pouvoir spirituel, aucun d’eux n’a l’ambition de briguer un mandat politique ou de chercher le pouvoir temporel.

L’interprétation qui est faite de l’article 64 met le citoyen face à ses responsabilités. Personne parmi les évêques ne vise à renverser le régime en place. Les évêques demandent le respect de la constitution et des délais constitutionnels pour les élections ; cela ne peut être considéré comme un appel à soulever la population contre le régime.

On se rappellera, le même jeudi, le Monsiuer Kabange Numbi avait mit en garde contre toute manipulation des dispositions constitutionnelles à des fins populistes.

Dérive frisée

« Toute tentative de recourir à des manifestations de rue pour résister contre les  Institutions en place,  sera interprétée comme une intention avérée de les renverser », insinuait un média proche du pouvoir citant Kabange Numbi.

Pour Kabange Numbi, cet article 64 qui stipule que : «Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui tente de prendre le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution », est abusivement exploité. Parce que, dit-il, à l’heure actuelle, il n’existe en RDC aucun individu ou groupe d’individus qui tente de prendre le pouvoir par la force. Il ajoute que les Institutions du pays exercent le pouvoir en respect de la Constitution.

Kabange Numbi a interprété les dispositions relatives aux manifestations publiques. « Si les manifestations publiques sont garanties par la Constitution, la disposition qui les prévoit,  les assujettit à certaines restrictions », rappelle le Procureur Général de la République. Parmi ces restrictions, l’obligation d’informer l’autorité administrative compétente qui, elle, a la latitude de donner les orientations de la manifestation  notamment,  l’itinéraire.

Il en est de même de l’article 22 de la Constitution garantissant la liberté de pensée et de religion dont l’exercice est soumis à une réglementation. Le PGR Kabange Numbi n’accepte pas d’appels à la résistance et aux troubles contre les Institutions en place.

Contraste…

Publicités