Burundi : Le SOS d’Amensty International – Nkurunziza s’en tape

L’ange n’est pas tombé du ciel. C’était prévisible et c’est arrivé. Le président sortant et candidat à sa propre succession, Peter Nkuruniza a été réélu. Le pays est au bord des tensions. Cela ne laisse pas indifférent qui craint tout basculement de la situation sociopolitique.

Le cortège accompagne le cercueil d'Emmanuel, un sympathisant du FNL d'Agathon Rwasa. RFI/Sonia Rolley
Le cortège accompagne le cercueil d’Emmanuel, un sympathisant du FNL d’Agathon Rwasa. RFI/Sonia Rolley

D’après son rapport publié le jeudi 23 juillet, Amnesty International accuse les autorités burundaises d’avoir réprimé des manifestations comme s’il s’agissait d’une insurrection. «Le pays semble sur le point de sombrer dans un conflit », prévient-elle.

Selon l’enquête menée par Amnesty International, la police burundaise a eu recours à la force létale de manière excessive, y compris contre des femmes et des enfants : «C’était pour réduire au silence ceux qui s’opposent au 3ème mandat de Pierre Nkurunziza.»

Jeudi matin, des élemernsts de la police débarquent à Matakura pour  libérer un jeune qui avait été capturé. « Un informateur de la police, un Imbonerakure, est venu, raconte un habitant du quartier. Des jeunes du quartier lui sont tombés dessus et ont alors essayé de le ligoter pour lui soutirer des informations. » Le captif, une fois libéré, dénonce un jeune du quartier qui est immédiatement arrêté. Mais selon cet habitant du quartier, le garçon arrêté ne faisait pas partie du groupe de jeunes en question.

Dans ce quartier où la police est intervenue à plusieurs reprises, où deux militants de l’opposition ont été exécutés récemment, tout étranger devient suspect. La veille, un autre jeune, soupçonné de travailler avec la police, avait été capturé et battu à mort. « Il a refusé de livrer des informations, alors il a été tabassé », explique encore cet habitant de Matakura.

Sarah Jackson, directrice adjointe du Programme Afrique de l’Est, Corne de l’Afrique et région des Grands Lacs déclare que les manifestants ont bravé les balles pour se faire entendre. Elle indique que la police a tiré sur des manifestants non armés qui prenaient la fuite. « Même lorsque des enfants figuraient parmi les manifestants, les policiers n’ont fait preuve d’aucune mesure dans l’usage de balles réelles et de gaz lacrymogènes », accuse-t-elle.

Sarah Jackson estime que le gouvernement doit suspendre les responsables présumés de leurs fonctions en attendant que des enquêtes et des poursuites soient menées : « Cela permettra de mettre un terme à cette situation de violences policières et d’impunité. »

Bien que la plupart des manifestants soient restés pacifiques, Amnesty International trouve que certains ont réagi violemment à l’usage excessif de la force par la police. Et d’ajouter que des policiers ont été blessés par des jets de pierres, une policière passée à tabac, des biens vandalisés et un membre des Imbonerakure tué.

«La police ne tire pas sur les manifestants»

Pierre Nkurikiye, porte-parole adjoint de la police explique que les grenades lacrymogènes sont dirigées à l’endroit des manifestants. Il indique que les policiers n’ont pas tiré à balles réelles en direction des manifestants. Pour Pierre Nkurikiye, les blessés ou les morts sont atteints par des balles perdues.

avec IWACU & RFI

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