« Likofi’s effects » : Londres suspend la coopération militaire avec Kinshasa

La Grande Bretagne exige des autorités congolaises une véritable enquête pour sanctionner les éléments de la Police nationale congolaise responsables de ces exactions relevées dans le rapport des Nations-Unies, pendant que les USA annoncent la suspension d’un projet de coopération policière prévue en 2015.

avec La Tempête des Tropiques
L'unité spéciale "anti-Likofi" de la PNC avait pour mission de traquer les gangues en villes de Kinsahsa.
L’unité spéciale « Likofi » de la PNC avait pour mission de traquer les gangues en villes de Kinshasa.

Les rapports rédigés par le Bureau-conjoint des Nations-Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) et l’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) sur les violations graves des droits humains pendant l’Opération Likofi menée par la Police nationale congolaise contre les jeunes délinquants dénommés « Kuluna » à travers la ville province de Kinshasa produisent déjà des conséquences négatives contre la RD Congo.

Le Royaume-Uni a décidé, à cet effet, de suspendre son aide à la réforme de la police congolaise. La décision des autorités britanniques fait suite justement à l’un des rapports produits par les Nations unies, publié en octobre dernier, qui accuse des éléments de la police congolaise d’avoir tués et fait disparaître plusieurs dizaines de personnes, plus particulièrement des jeunes gens lors d’une opération anti-banditisme menée dans la capitale congolaise.

C’est ainsi que la Grande-Bretagne a décidé de suspendre son programme d’aide à la réforme de la police nationale congolaise. Il s’agit, selon des sources, de la première mesure de rétorsion de Londres après la publication de deux rapports très critiques sur la police congolaise. Le premier a été publié par le BCNUDH en RD Congo, et l’autre par HRW le 17 novembre dernier.

La décision de la Grande-Bretagne s’appuie notamment sur le rapport de l’ONU, selon lequel des éléments de la police congolaise se sont rendus coupables de violations des droits de l’homme. Les Nations unies accusent les forces de l’ordre d’avoir exécuté neuf personnes et d’en avoir fait disparaître 33 autres.

L’ONG américaine Human Rights Watch va plus loin que le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme en RDC, en affirmant que des policiers ont tué au moins 51 jeunes hommes et adolescents entre novembre 2013 et février 2014.

C’est ainsi que la Grande Bretagne demande une enquête. C’est l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Kinshasa qui a communiqué la décision aux autorités congolaises, il y a près de deux semaines. C’était lors d’une réunion au cours de laquelle des ambassadeurs accrédités en RDC étaient venus s’enquérir auprès du ministre de l’Intérieur Richard Muyej, des mesures prises par les autorités pour sanctionner ces bavures.

La Grande Bretagne entend faire dépendre la poursuite de la coopération policière entre ces deux Etats des actions qui seront entreprises par les autorités pour faire la lumière sur la fameuse opération.

Les autorités britanniques demandent surtout que les autorités de la RD Congo procèdent véritablement aux enquêtes afin de punir les auteurs de ces bavures. Les diplomates européens ont également réclamé la liste et l’identité des policiers qui auraient déjà été condamnés, comme l’affirme les autorités.

La Grande Bretagne est l’un de principaux pays bailleurs de la réforme de la police congolaise. Le programme de coopération militaire entre la RDC et la Grande Bretagne a débuté en 2009 avec un budget de 76 millions d’euros, et devrait s’achever en 2015.

Entre-temps, les Etats-Unis, lors de la même réunion avaient, pour les mêmes raisons avancées par la Grande-Bretagne, annoncé qu’ils vont suspendre, eux aussi, un projet de coopération policière, dont le lancement est prévu l’année prochaine 2015.

Au niveau national, les rapports sur les violations graves relevées dans l’Opération  » Likofi  » divisent certaines organisations des droits de l’homme.

LTT

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