Nord-Kivu : Chasse à l’homme à Beni – les « pro-Nyamwisi » dans les viseurs

C’en est allé pour la « traque » des pro-Nyamwisi, du nom de l’ancien ministre et actuel opposant président du RCD/K-ML. Vague d’arrestations ciblées, furètes cartésiennes des résidences, sommations intempestives, scellage des médias, écoutes téléphoniques, interrogatoires ; voilà autant des mesures auxquelles certains proches de Mbusa Nyamwisi, membres et non de l’ancienne rébellion du RCD/K-ML font désormais l’objet.

À peine annoncée par Julien Paluku – gouverneur du Nord Kivu, la traque des personnes soupçonnées commanditaires des tueries de Beni a été lancée dans plusieurs agglomérations urbaines du Grand-Nord. De Butembo à Kasindi, passant par Béniville, opérateurs économiques, politiciens, administratifs et membres des partis d’oppositions de l’aura de l’ancienne rébellion du RCD-ML, à savoir le RCD/K-ML et la DCF/N, font objet d’arrestations de la part d’une unité spécialisée de sécurité rattachée à la présidence de la République opérant en synchro avec les antenne de l’agence nationale des renseignements (ANR) au Nord-Kivu.

La première vague des personnes arrêtées a quitté les enceintes de l’ANR/Beni pour Kinshasa l’après-midi du jeudi 20 novembre. Parmi les interpellés, Madame Jeanne Lusi, agent à la Direction générale des Douanes et Accises – DGDA dans la cité frontalière de Kasindi ; Madame Gertrude Masika Vihumbira a.k.a. « Maman GETOU », présidente FEC/Beni ; Monsieur Kasebere, opérateur économique et commissionnaire en Douanes, Maître Jean-de-Dieu Paluku Kisaka Mwera, maire honoraire Beni, ancien cadre du RCD/K-ML et agent administratif de la Brasserie Simba à Béniville ; et une dizaine d’autres.

Quant à l’honorable Kahindo Mudohu Fabien a.k.a. « Kukumana », ancien député pendant la transition pour le compte des Patriotes résistants Maï-Maï – Forces d’Autodéfense populaire (PRM/FAP), une ancienne milice intégrée dans les FARDC depuis 2002, il avait été arrêté une semaine plus tôt dans sa résidence à Butembo et acheminé à Beni à l’ANR. Souffrant d’un diabète sucré au stade critique, il est aussi accusé d’être en mèche avec les proches de Mbusa Nyamwisi, soupçonné vouloir organiser une nouvelle rébellion au Nord-Kivu.

Interdits de contact avec leurs familles et avocats pendant leur sommation à l’ANR/Beni, ces présumés instigateurs d’une nouvelle rébellion ont été acheminés manu-militari à Kinshasa, ligotés dans un avion affrété pour la cause par le gouvernement de la RDC.

« Il suffit dune moindre suspicion d’avoir des relations avec le leader du RCD/K-ML, ou d’être activiste pour faire objet d’une interpellation», observe Katembo Yotama Tembos, militant en ville e Butembo.

Nyamwisi Antipas, soupçonné par Julien Paluku de vouloir instiguer ne rébellion au Nord-Kivu (Ph. Tiers)

Après Beni et Kasindi les arrestations vont se poursuivre dans la ville voisine de Butembo et autres coins de la province, précise une source proche de l’ANR. Déjà, certains opérateurs économiques et acteurs politiques et des forces vives de la région vivraient dans la clandestine ou auraient franchi la frontière congolo-ougandaise, craignant pour leur sécurité.

Bien avant cette vague, soit du 2 octobre au 2 novembre, avant le point de presse de Julien Paluku qui annonçait cet « autre calvaire » des proches d’Antipas Mbusa Nyamwisi ; environ 120 personnes avaient été tuées dans différentes localités du territoire de Beni au cours d’une série de massacres attribués au rebelles ougandais musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF), selon la Société civile de la province du Nord-Kivu.

La police de la Monusco avait mis en place conjointement avec la police nationale congolaise une stratégie opérationnelle de lutte contre l’insécurité à Beni qui a permis l’arrestation de 200 suspects, dont des membres du groupe armé ADF et certains congolais.

Ces arrestations avaient permis la saisie « d’armes et munitions de guerre, de bombes, de radios et de nombreux effets militaires« , précisait Charles Antoine Bambara, indiquant que la Monusco avait fourni un « soutien logistique » pour les interpellations.

MCHK

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Une réflexion sur “ Nord-Kivu : Chasse à l’homme à Beni – les « pro-Nyamwisi » dans les viseurs ”

  1. Le genocide deBeni est un arbre qui cashe la foret. Toute fois, une chose est sur, le gouvernement congolais est incapable de securiser la population de beni et refuse d’enqueter dans son propre camps mais accuse les opposants sans preuves. Il est vraiment curieux que ces massacres sepassent et se repetent sans qu’un responsable militaire et politique soit sanctionner d’incompétence!

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