La violence comme forme d’expression?

Ce carnet de lecture est loin d’être clos. Il s’inspire d’un extrait de Sigmund Freud, à savoir :

« L’Homme est, en effet, dit Freud, tenté de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagements, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer. Homo homini lupus : qui aurait le courage, en face de tous ces Enseignements de la vie et de l’histoire, de s’inscrire en faux contre cet adage ? En règle générale, cette agressivité cruelle ou bien attend une provocation ou bien se met au service de quelque dessein dont le but serait tout aussi accessible par des moyens plus doux. »

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation (1930)

Un présumé rebelle lynché, brûlé à Béniville (Ph. France24/Obs)
Un présumé rebelle lynché, brûlé à Béniville (Ph. France24/Obs)

Pour Rappel, nous avions estimé que des exemples de guerres et d’invasions dans l’Histoire suffisent à Freud pour prouver que ce qui l’avance est indéniable. En effet, les conflits historiques cités sont la preuve que l’Homme n’est “pas cet être débonnaire, au cœur assoiffé d’amour”. Ils font également obstacle à la doxa qui affirme que l’Homme se défend quand on l’attaque : si tel est le cas, ne devrait-il pas ne pas y avoir de guerre ? De plus on note une contradiction : L’Homme n’attaque que lorsque l’on l’attaque, cependant qui l’attaque ? N’est-ce pas un Homme ? L’évocation de ces “horreurs” dans la mémoire de tout un chacun est susceptible de réveiller en eux tout ce questionnement!

Ce propos n’a pas laissé indifférent une autre figure pensante qui passe par moment sur ce blog.

Yves Verreydt :

Freud a raison sur plusieurs points et en grandes lignes, mais nous offre-t-il une image complète de l’évolution de la société humaine en mettant l’accent sur l’agressivité innée de l’homme ?
Regardons un peu comment les hommes se rencontrent sur les routes et communiquent par
des ‘Salaam’, ‘Salamu’, ‘Shalom’ avec chaque fois le désir d’éviter des violences infra humaines.
Cet autre penseur français, Jean-Jacques Rousseau dixit : ‘L’homme naît bon, c’est la civilisation qui le déprave ». Ceux qui font des massacres et des tueries dans le grand nord n’ont-ils pas été conditionnés par leur milieu ambiant, en subissant un lavage de cerveau (‘brainwashing’) ? Sommes-nous toujours aussi libres que nous le pensons.
Voyons aussi les petits enfants qui dès leur naissance aspirent à la reconnaissance et l’amour. Ont-ils toujours été bien entourés ? N’y en a-t-il pas qui ont souffert d’imcompréhension et de violences inadmissibles ?
Sommes- nous aussi libres que nous le pensons ? ou plutôt ‘déterminés’ par des conditions de vie imposées ?
Bien sûr une bonne éducation dans l’amour est nécessaire, où les adultes montrent aussi les limites que la société nous impose.
Sinon nous tomberions dans le monde animal où certaines cruautés se manifestent à l’occasion (le lion qui tue ses petits, la chienne qui repousse ses rejetons les plus faibles,…).
Inspirons-nous aussi de Jean-Jacques Rousseau (« Emile », « Le contrat social »), de Léon Tolstoi, ce grand penseur russe du début du siècle précédent, et de Jean-Paul Sartre qui a écrit : « Notre liberté est limitée par la liberté des autres »

Nous :

Cher Yves Verreydt,
Merci de votre intervention, beaucoup enrichissante et aussi bien éloquente.
Chez Rousseau, comme chez Freud, il faudra préciser d’autres aspects, que parfois le monde fait passer pour normal ; alors qu’il s’agit que d’un clientélisme, d’amateurisme universellement admis, de conspiration et des fissures sociales.
Loin de sombrer dans le refus des différences, il est clair que la raison de l’homme de poser ou de ne poser tel ou tel acte est désormais influencée par des petites nuances, qui fondamentalement sont aussi éphémères mais auxquelles l’humanité s’en tient éperdument. Il s’agit des mots vides tels que : race, religion, tribu, clan, couleur des yeux, forme du nez, couleur des cheveux, loge (aversion aux mouvements initiatiques), obédience sexuelle, appartenance politique (centre, gauche, droite, opposition, majorité, société civile, etc.), origines préhistoriques, etc.
De surcroit, cette sorte de deshumanisation de l’humanité passe par ces différences éphémères qui définissent désormais l’homme, l’engloutissent et l’aliène.
Sans sombrer dans une élucubration sarcastique, dogmatique, religieuse ou d’un quelconque courant philosophique ou sociologique, il va sans dire que la conspiration est le centre majeur des délits deshumanisant. Dans une société humaine ou la différence passe comme premier critère de définition des faits et des idées, l’intolérance nait, renait et incite des nouvelles conspirations.
Dans le grand-nord du Kivu, est certes question d’intolérance politique qui fait passer la violence comme moyen d’expression régionalement admis. Du Rwanda, au Soudan en passant par l’Ouganda et la République démocratique du Congo, les vaines luttes des politiques se servant du rempart de peuples ont fait plus des victimes que d’innocents. Ou mieux, y a-t-il d’innocents ? La faiblesse de la force a fait à ce que les impliqués soit propulsés à des plus hautes responsabilités politico-militaires et administratives au point d’insister un retournement de la manivelle, les innocents et les victimes d’hier devenant les bourreaux d’aujourd’hui.
De là nait un cycle de violence continue. Tout le monde voulant sa tailler sa part de lion dans le jeu, il ne reste qu’une contre-vertu à l’œuvre : la violence nourri d’un sentiment d’égoïsme et de lâcheté.
Que faire ?

À Yves Verreydt d’ajouter :

Il est vrai que la ‘nature’ humaine est faite de nombreux facteurs dont nous ne pouvons pas toujours maîtriser ou tenir sous contrôle.
Les différents facteurs auxquels les humains se réfèrent pour justifier leurs comportements ressortent souvent de tentatives de se justifier d’actes inadmissibles accomplis.
Il est vrai alors que nous, les hommes, nous en référons à nos conceptions, croyances et surtout aux vues que la société nous impose dans le domaine racial ou religieux, par exemple.
Osons-nous aller à contrecourant ? Ne devons-nous pas tendre à la déconstruction de cette déshumanisation pour en arriver à une plus grande humanisation. Cela implique certains efforts à accomplir, bien sûr : aller à contrecourant même des tendances fort répandues.
Nous voyons aussi partout des victimes innocentes sans toujours pouvoir distinguer le vrai du faux, mais ‘victime’ et ‘innocent’ ne s’excluent pas mutuellement au profit des ‘loups’ qui nous entourent.

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