Nord-Kivu : 15 autres victimes du génocide sporadique à Beni, Butembo menacée

Le récent périple du président Joseph Kabila au Nord de la province du Nord Kivu n’a pas éteint les lampions génocidaires et sanguinaires présumés ADF/Nalu dans la région de Beni et environs. À Butembo comme à Béniville, c’est la psychose. L’ombre de la mort et des assassinats n’a pas dit son dernier mot.

La présence du président #Kabila à Beni n'empêche pas les tueurs d'opérer.
La présence du président #Kabila à Beni n’empêche pas les tueurs d’opérer.

Pendant que Béniville se réveillait sous tensions et tirs ininterrompus jusqu’aux premières de l’après-midi du dimanche 02 septembre suite aux altercations entre agents de l’ordre et manifestants dénonçant les l’assassinat par armes blanches de 15 personnes aux alentours de Munzambaye en commune de Ruwenzori au Nord-est de Béniville, dans la ville voisine de Butembo, des tracts des présumés ADF/Nalu ont été visibles, annonçant d’éventuelles attaques des ces terroristes inconnus dans cette agglomération urbaine du Nord-Kivu.

«Il y a eu carnage la nuit du 1er au 02 novembre, à Beni dans le quartier Bel-Air, dans l’est de la ville. On a tué huit personnes: deux militaires et six civils», a déclaré à l’AFP Me Teddy Kataliko, président de fédération d’associations Société civile du territoire de Beni.

Citant des témoins, M. Kataliko a ajouté que les responsables sont des éléments «présumés appartenir à l’ADF», la rébellion des musulmans ougandais des Forces démocratiques alliées à laquelle sont attribués les autres carnages. «Toutes les dépouilles sont arrivées à la morgue, il y a huit corps. Il y a un enfant, trois femmes, les autres sont des hommes. Deux militaires ont été tués par balle, l’enfant a été percé par un couteau et les autres par machette», témoigne à l’AFP Chirac Katalya, journaliste et membre de société civile.

Ras-le-bol des étudiants et élèves de Butembo, suite aux ménaces des présumés ADF (Ph. P. Mapendo Makelele)
Ras-le-bol des étudiants et élèves de Butembo, suite aux ménaces des présumés ADF (Ph. P. Mapendo Makelele)

Cette nouvelle tuerie a provoqué des heurts violents lors d’une manifestation de protestation. «La population (…) a procédé à des manifestations violentes. Elle voulait s’en prendre aux édifices publics. (…) Tous les édifices publics ont été protégés, mais ils s’en sont pris à la statue du président Kabila» qui avait quitté Beni vendredi, a déclaré Jean-Edmond Bwanakawa Nyonyi, maire de Béniville. Katalya a expliqué que la police avait tiré en l’air pour disperser la foule, mais que des manifestants avaient «voulu coûte que coûte détruire la mairie». «Une personne avait été blessée par balle à la cheville», a-t-il ajouté.

Plus au sud, à Butembo, à la fois deuxième du Nord-Kivu et charnière de son business, les activités ont tourné au ralenti ce lundi 3 novembre. À l’origine, un tract ramassé dans la partie Est de la ville, avertissant d’un éventuel attaque des présumés ADF/Nalu. « Dans ce document qui était côté d’une grande grenade explosive, les auteurs annoncent le carnage à la manière de Beni pour le mercredi 5 novembre », renseigne Jacques Maliro, journaliste et acteur des forces vives à Butembo.

« C’est une panique généralisée qui saisit la population. Des étudiants, des élèves et des écoliers ont manifesté, mettant fin aux programmes dans différentes écoles et universités de la ville. Les commerces sont restés fermé. La ville ressemble à un vaste lieu de dieu. Dans les rues de la ville, des groupuscules et une circulation très moins intense… », tel est le topo dressé par Jacques Maliro.

Les jeunes de Butembo dénonçant le génocide qui sévit au Grand-Nord Kivu.
Les jeunes de Butembo dénonçant le génocide qui sévit au Grand-Nord Kivu. (Ph. Tiers)

Durant le mois d’octobre dernier, une série de massacres attribués à l’ADF a fait une centaine de morts en ville et territoire de Beni. Les victimes, dont des enfants, ont été tuées à l’arme blanche et parfois décapitées. Toutefois, des voix se sont élevés dénonçant une probable complicité entre d’une part les éléments de l’armée, les politiciens originaires de la région, les opérateurs économiques et quelques milices locales, notamment des mosaïques de groupes Maï-Maï très actifs entre les territoires de Béni et de Lubero, autour des villes de Butembo et Béniville ; et d’autre part les auteurs de ce « génocide silencieux et sporadique » attribué à tord ou à raison aux ADF.

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