Dr Nico Kasanda : déjà 29 ans qu’il s’en est allé

22 septembre 1985 – 22 Septembre 2014, il y a de cela 29 ans  disparaissait l’un des plus grands guitaristes-solo de la musique congolaise moderne. Il a laissé derrière lui un vide qui n’a pas trouvé d’émules. Il a constitué à lui seul ce que l’on a appelé « L’École African Jazz », pour avoir été le véritable rythmicien. Son nom demeure à jamais gravé dans la mémoire collective.

Docteur Nico (né Nico Kasanda wa Mikalay à Mikalayi, dans la province du Kasaï, en République démocratique du Congo le 7 juillet 1939, mort le 22 septembre 1985), est un guitariste, compositeur et l’un des pionniers du soukous.

Voici quelques années, sous les auspices des enfants Kasanda, il a été mis en place un comité de gestion des œuvres du Dr Nico. Celui-ci, comme chaque année, organise une manifestation souvenir au cours de laquelle est lu une déclaration solennelle.

À son actif, l’ancienn président de la république Mobutu Sese Seko lui avait décerné une médaille d’argent et un brevet des arts, sciences et lettres. Tout comme il était le premier musicien a être nommé membre de la commission de censure sur la musique. Il a institué la danse « mutua »s » à partir de sa chanson « Biantondi » tout comme il a fait évoluer les danses « Kiri-Kiri », rumba soukous et Jerk. On lui doit aussi la formation des musiciens comme : Chantal Kazadi, Kutu Kabengele Sangana, Lessa Lassan, Kiambukuta Josky et autres. Certains musiciens ont fait leurs premiers dans l’African Fiesta sous sa direction. Pour ne citer que Pamelo Mounk’A, Michel Ngualali et les chanteuses Phota Astrid, Julio, etc.

Pour le 29ème anniversaire de la disparition du Dr Nico, un album rétro intitulé « Mobali Kitoko » (un bel homme) sort ce mois de Septembre 2014 en téléchargement sur le site internet officiel et en CD avant la fin de l’année. Par ailleurs, les oeuvres du Dr Nico sont depuis près de deux ans déposées et protégées par la société des droits d’auteurs belges SABAM où ses fils se sont affiliés et devenus sociétaires.

Nico Kasanda, après avoir obtenu un diplôme de professeur dans l’enseignement technique en 1957, choisit la guitare. À l’âge de 14 ans, il commence à jouer au sein du groupe Grand Kalle & l’African Jazz, mené par Joseph « Grand Kalle » Kabasele. Il devient alors un guitariste influent. (Jimi Hendrix lui-même est allé jusqu’à l’inviter à ses frais lors d’une tournée à Paris) et l’initiateur du finger-picking congolais, omniprésent à l’époque, ce qui lui conféra le surnom de « Docteur Nico ». En 1963, l’African Jazz se dissout et Docteur Nico et Tabu Ley Rochereau, alors chanteur principal du groupe, forment l’African Fiesta, orchestre qui atteint rapidement la notoriété en Afrique.

Il se retire de la scène musicale vers le milieu des années 1970 à la suite de la faillite de son label musical belge et se consacre à quelques enregistrements au Togo, avant de mourir dans un hôpital de Bruxelles en 1985, à l’âge de 46 ans.

By Lola Kabamba

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