22 septembre – Journée Mondiale sans voiture : Gros plan sur le transport à Kinshasa et à Goma

En pleines difficultés de mobilités dans les villes de la RDC, pourquoi une journée « En ville, sans ma voiture ! » ? Une telle entreprise est née d’un constat : la planète fortement préoccupée par la pollution et la mobilité urbaine. En ville, beaucoup se plaignent d’une mauvaise qualité de l’air, de nuisances sonores, d’encombrements, etc. Malgré cela, le parc automobile et la circulation croissent… Les agglomérations urbaines de la RDCongo, de Kinshasa à Goma en passant par Kisangani et Lubumbashi via Butembo et Mbujimayi, sont réputées être parmi les « grandes poubelles » des l’automobile dans lesquelles pullulent des autos déclassés des lignes asiatiques achetés en seconde main pour raison de survie. Quel danger cela présente-il ?

Un taxi bus de marque Mercedes 207 transportant des passagers sur l’avenue de Libération (ex- 24 novembre) à la hauteur pond reliant le rond point Mulard et le Parking Kimbondo à Bandalungwa le 24/05/2013 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Un Mercedes 207 sur l’avenue de Libération, ex- 24 Novembre, à Kinshasa. (Ph. John Bompengo/Radio Okapi)

« Nous n’écoutons d’instincts que ceux qui sont les nôtres, Et ne croyons le mal que quand il est venu. »

– L’Hirondelle et les petits Oiseaux ; Jean De La Fontaine

La journée « En ville, sans ma voiture ! » a pour objectif de favoriser la prise de conscience collective de la nécessité d’agir contre les nuisances générées par la croissance du trafic motorisé en milieu urbain. Il ne s’agit pas seulement de lutter contre la pollution atmosphérique ou contre le bruit mais aussi d’améliorer la qualité de vie en ville.

Pourtant, sur les rues et avenues des villes de la RDC, le nombre d’engins motorisés concurrence celui des piétons. Les vieux vélos de nos grands-parents ont disparus. Ils ont été remplacés par des motocyclettes asiatiques bon marchés appelés « Wewa » à Kinshasa et à Lubumbashi et dont sont friands les compatriotes du centre du pays. Au seul rond point Victoire dans la commune de Kalamu, les effectifs des motos Freedoms de des voitures Hiace sur les tronçons Katindo-Birere et Katindo-Ndosho ou INSTIGO-Kibarabara-Deux Lampes – Majengo en pleine capitale touristique de la RDC sont à défaut identifiés des lignes Hiace ou Mototaxi. Les vrombissemnt nourissent ces artères le jour comme la nuit.

À Kinshasa, en plus de deux sociétés de transport en commune TRANSCO du gouvernement central et NEW TRANSKIN du gouvernement provincial qui concurrencent des milliers de Mercedes 207 et 208 dits « Esprits de Mort » pour leur nombre record d’accident des deux dernières années, le gouvernement Matata a acheté 90 minibus de marque Hyundai. Ces véhicules seront donnés à crédit aux transporteurs privés regroupés au sein de l’association des propriétaires des véhicules. Ils seront affectés au transport en commun. Au total, ce sont 250 minibus qui ont été commandés par le gouvernement qui veut améliorer les conditions du transport en commun dans la capitale congolaise. Ce faisant, le problème de transport dans la capitale de la RDC est loin d’être endigué.

Lors de l’interdiction « ratée » de circulation des Mercedes 207 au centre ville de Kinshasa, les kinois avaient éprouvé des graves difficultés de mobilité. La situation était particulièrement pénible à l’Ouest de la ville. Les minibus, essentiellement les Mercedes 207, qui desservent le centre-ville n’étaient pas visibles dans les arrêts. Les conducteurs de ces véhicules se souviennent avoir eu peur des réprimandes des autorités policières. Au rond-point UPN par exemple, de longues files d’attente étaient constatées. Des centaines de passagers alignés attendaient les bus aux arrêts les de bus de Transco, la société de Transport au Congo qui dispose d’un charroi de 200 bus opérationnels. La plupart des passagers de Kinshasa, métropole de plus de 9 millions d’habitants, voyagent dans les bus et taxis appartenant aux particuliers. « Esprits de mort », c’est comme ça que les habitants de Kinshasa désignent les minibus appartenant à des privés, qui assurent le transport en commun dans la capitale de la République Démocratique du Congo. Ce sont des véhicules, pour la plupart, amortis et sont souvent la base des accidents de circulation.

En l’absence des 207, les passagers de Matadi-Kibala, Cité Verte et Badiadingi étaient obligés de joindre l’UPN par les quelques rares taxis disponibles afin de trouver une correspondance de Transco pour le centre-ville.

Une enquête menée par RadioOkapi.Net a révélé qu’au moins cinq cent cinquante tickets sont vendus par jour dans chaque bus Transco. Un ticket revenant à cinq cents Francs congolais, la recette journalière équivaut donc à environ deux cent soixante-quinze mille Francs congolais (près de 298 dollars américains).

Dans la ville volcanique, l’entreprise Transport agency and commissionner (TAC) a affecté depuis le 2 novembre 2013 trente voitures pour faire le taxi dans la ville de Goma, dans le Nord-Kivu. Il s’agit d’une première initiative de ce genre dans l’histoire du transport en commun dans cette ville. Jusque-là, le transport en commun à Goma était assuré par des motos-taxis et quelques bus desservant le tronçon Aéroport – Birere – Katindo – Entrée Gouvernorat– Ndosho sur la route de Sake en pleine capitale provinciale du Nord-Kivu.

Face à cette mosaïque, le pays est loin de faire sa fête et repenser un lendemain meilleur. La RDC devra faire face à un grand défi catastrophique, voir un risque naturel. Un risque naturel implique l’exposition des populations humaines et de leurs infrastructures à un évènement catastrophique d’origine naturelle. Un risque naturel est donc la rencontre entre un aléa d’origine naturelle et des enjeux humains, économiques ou environnementaux.

Embouteillages et absences de transports, voilà autant de des clivages qui dessinent le secteur de transport en commun dens les milieux urbains de la RDC. Dans certaines autres villes, comme Kisangani et Mbandaka, la mobilité est encore assurée par vélo ; le fameux « Toléka » étant encore une réalité. Bukavu est réputée être une ville des mototaxis. De même que Beni et Butembo.

La journée sans voitures existe depuis 1998 mais n’est pas vraiement une nécessité dans les villes où se mouvoir d’un point à un autre reste un casse-tête. Et les bilans des dernières années montrent une certaine désaffection et un réel désengagement des grandes communautés urbaines. Le pays est encore une poubelle des vielles voitures de l’Europe et de l’Asie. Celles-ci ne tiennent pas le coût pour longtemps, il pilule dans nos bidonvilles des cimetières des voitures et des vielles motocyclettes. « Il faudra entrevoir un recyclage des ces déchets métalliques et des usines de montages des voitures neuves accessibles à toutes les bourses pour endiguer ce clivage », précise un expert de l’automobile.

By Lola K. Lumbi & Mc.-Héritier K. • ©The Kivu Times ™ • Friday, September 19, 2014

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