#Great_Lakes (#DRC): Mary #Robinson s’en va, la roue tourne pas comme d’habitude

L’irlandaise s’en va des Grands-Lacs. L’ONU en a ainsi décidé. La génitrice de l’accord cadre d’Addis-Abeba se chargera désormais du changement climatique au près de l’instance intercontinentale. L’algérien Saïd Djinet serait ressenti en son remplacement. Une réponse aux menaces de Barack Hussein Obama l’Africain par rapport aux processus démocratique dans la sous-région ?

Mary Robinson, alors RSSGNU dans les Grands-Lacs.
Mary Robinson, alors RSSGNU dans les Grands-Lacs.

Mary  Robinson[1], jusque-là, Envoyée Spéciale de l’ONU pour la région des Grands-Lacs africains, est rappelée à New-York pour occuper le poste d’Envoyée Spéciale du SG de l’ONU pour le changement climatique. Son rôle, selon un scoop de l’agence de presse Belga, sera de mobiliser les énergies et la volonté politique dans le cadre de la préparation du Sommet sur le climat prévu pour le 23 septembre prochain au siège de l’ONU à New York. Assurément, l’entendement officiel du départ de Robinson ne passe pas facilement auprès de fins espionnes. Des approximations, comme en pareilles circonstances, vont leur pesant d’or.

Dans les milieux diplomatiques internationaux, l’on croit savoir que Ban Ki-moon  s’apprête à dépêcher en RDC une personnalité adaptée aux circonstances du moment. Un dur rompu aux missions difficiles, pas un cuistre à la langue de bois. À l’heure où les États-Unis menacent la quiétude des chefs d’États dans la sous-région des grands-lacs sur leurs probables prochains mandats consécutifs à des inadmissibles modifications constitutionnelles, tout porte à croire que la « communauté internationale » (si elle existe), se cherche une main plus dissuasive très politiquement impliquée dans la gestion des pays dans la sous région.

Pas loin de la coutume à chaque changement d’étape dans la difficile évolution du processus de normalisation, de pacification, de démocratisation et de stabilisation de la RDCongo. Il en était ainsi lorsqu’il s’agissait d’amener Mzee Kabila, les pro-rwandais du RCD/Goma et les pro-ougandais du MLC, du RCD/KML et du RCD/N, en 1999, à cesser le feu. Pour pousser à la matérialisation des conclusions du Dialogue inter congolais de Sun-City, l’ONU avait mis en place une nouvelle structure chapeautée  par de nouvelles têtes. L’ONU n’avait pas dérogé à sa règle,  la veille des élections de 2006, avec la venue de l’américain William Lacy Swing dont la mission était de faire accepter aux anciens belligérants les résultats sortis des urnes. C’est suivant la même logique que le Britannique Alan Doss vint pour presser Kinshasa à négocier avec la nébuleuse rébellion CNDP du Général déchu Laurent Nkunda Seba Mihigo ; puis Roger Meece, qui eut l’audace d’assister aux tumultieuses éléctions de novembre 201; avant que l’Allemand Martin Kobler ne vienne pour sonner le glas du tristement célèbre M23. Hac habierit, passons !

De Mary Robinson, l’on retiendra, à l’avantage du Congo,  la résolution 2098 du Conseil de sécurité, de laquelle est née la robuste Brigade spéciale d’intervention de la Monusco, constituée des soldats africains aguerris, qui a fait ses preuves dans les collines hostiles du Nord-Kivu contre les forces du mal incarnées par le M23. A son actif, la signature de l’Accord cadre d’Addis-Abeba entre les Chefs d’États de la CIRGL pour stabiliser, particulièrement, la RDC.

Le départ de Robinson intervient à un moment particulier où la tension monte d’un cran dans la sous-région. Plus récemment, il y a eu des escarmouches sanglantes et meurtrières à la frontière entre les deux enfants têtus de la sous-région, le Rwanda et sa cousine la RDC, entre les armées des deux pays. Tout cela dans un lourd climat causé par la délocalisation des rebelles rwandais des FDLR dans l’hinterland notamment, en Province Orientale et quelque part à l’Équateur. A cela, sont venues s’ajouter les folles rumeurs sur une éventuelle réorganisation des anciens rebelles du M23 à partir du territoire de l’allié angolais.

De l’opprobre sur Édouard Do Santos.

Accusations, vraisemblablement pas non gratuites, car démenties avec la dernière énergie par l’Ambassadeur de la République d’Angola à Kinshasa. Comme si cela n’avait pas suffi, un  cadre de l’ex-Mouvement du 23 (M23), Elie Mutela[2], privilégie l’approche 2D3R – Démobilisation, Désarmement, Rapatriement, Réinsertion et Réintégration pour leurs combattants ainsi que le bénéfice de la loi d’amnistie.

Quelle cartouche en remplacement de Robinson ?

À en croire certaines informations parues dans la presse internationale ce jeudi 17 juillet 2014, l’algérien Saïd Djinet serait ressenti en remplacement de Mme Robson. Djinet a été travaillé comme facilitateur international du dialogue inter-guinéen.

Jusque tard dans la soirée du mercredi 16 juillet, le nom du successeur de Robinson n’était pas encore connu du grand public. Mais,  dans les milieux des fonctionnaires internationaux établis à Kinshasa, Kigali et Bujumbura, l’on se contentait d’en dresser le profil. Ce sera un coriace, un dur à cuire dont la mission sera, non de négocier mais,  de faire respecter la volonté des grands de ce monde au Congo.  La volonté des puissants est à découvrir dans les déclarations tapageuses faites par leurs représentants à Kinshasa : respect de la Constitution, calendrier électoral global, respect des droits de l’homme, etc.

[1]Mary Robinson est née le 21 mai 1944 à Ballina, Irlande. Elle fut la première femme président d’Irlande du 3 décembre 1990 au 12 septembre 1997 et la septième personne à occuper la magistrature suprême. Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a annoncé lundi la nomination de Mary Robinson, de l’Irlande, en tant qu’Envoyée spéciale pour les changements climatiques. Elle sera chargée d’intervenir auprès des gouvernements du monde entier pour mobiliser la volonté et l’action politiques et d’élever les ambitions à l’approche du Sommet 2014 sur le climat que le Secrétaire général convoquera le 23 septembre 2014, à New York. Elle fournira également des conseils stratégiques au Secrétaire général sur la base de ses consultations. Le Sommet sera une étape importante pour mobiliser l’engagement politique en vue de conclure un accord mondial d’ici à 2015 et pour donner de l’élan à une action renforcée visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à bâtir des communautés résilientes face aux changements climatiques. En demandant à Mme Robinson de remplir ces fonctions, le Secrétaire général l’a félicitée pour le travail qu’elle a accompli en sa qualité d’Envoyée spéciale pour la région des Grands Lacs en Afrique, notamment pour les efforts qu’elle a déployés pour assurer la cohésion et la sensibilisation de la communauté internationale aux défis auxquels est confrontée la région des Grands Lacs. Grâce à sa stature internationale, elle a réussi à stimuler la communauté internationale pour appuyer les efforts des dirigeants de la région des Grands Lacs dans les domaines du règlement des conflits, du développement économique et social et de l’intégration des groupes marginalisés, en particulier les femmes. Mme Robinson apportera dans ses nouvelles fonctions plus de quatre décennies d’expérience dans le monde politique et diplomatique. Elle a notamment été Présidente de l’Irlande, de 1990 à 1997, après avoir siégé au Sénat irlandais de 1969 à 1989. Mme Robinson a aussi dirigé, de 1997 à 2002, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme des Nations Unies. Lire l’intégral de cette article des Nations Unies ici

 

[2] Elie Mutela est Directeur de Cabinet de Bertrand BISIMWA, président de l’ex-M23.

Publicités