#Goma (Nord-#Kivu) : Des ex-#M23 impliqués dans l’#insécurité ?

« Ils rentrent dans la ville, et qu’est-ce qu’ils font dans la ville ? Vous le savez très bien ! La conséquence c’est qu’ils vont insécuriser la population …»

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Ces propos sont ceux de Monsieur Jules Hakizumwami, président de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu. D’après celui-ci, les membres de l’ex-groupe politico-militaire de Mouvement du 23 mars – M23 – qui ont été dispersé et qui se sont refugié dans les pays voisins, notamment au Rwanda et en Ouganda, reviendraient à compte-goutte et en ordre dispersé au pays. Ceux-ci ne seraient pas de loin dans l’insécurité qui sévit ces derniers temps dans la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu.

Le contrôle frontalier remis en cause

« Ils rentrent sans aucun contrôle [aux frontières]. Ils rentrent comme ils étaient partis, avec les armes, avec leurs tempéraments [de vengeance], les rancœurs ; parce qu’ils sont été quelque part où ils ont été humiliés, et ils reviennent pour se venger contre ceux-là qui les ont humilié, qui les ont démantelé et qui ont hurlé sur eux », a précisé le président de l’organe législatif provincial du Nord-Kivu. Ces membres de l’ex-M23 reviennent sans aucun mécanisme de gestion ni de contrôle dans leurs pays d’accueils qui partagent plus de 500 km de frontière poreuses avec la République Démocratique du Congo dans la province du Nord-Kivu.

Ces propos sont rejetés par Jean-Serge Kambasu Ngeve, cadre de l’ex-M23. « Depuis que les processus de retour est amorcé, il n’y a qu’un seul militaire du M23 qui a bénéficié de l’amnistie, le colonel Antoine Manzi qui reste encore en Ouganda. Il n’y a aucun militaire du M23 qui soit présent en RDC pour pouvoir expliquer leur prétendue implication dans l’insécurité au Nord-Kivu ou ailleurs sur le territoire national », renchérit-il. Pour Kambasu, l’autorité ne cesse de briller dans son impuissance face aux réalités sécuritaires au Kivu, d’où elle chercherait des justificatifs par-ci par là pour se dédouaner de son incompétence et de sa mauvaise foi manifeste.

Après leur retrait de Goma, ces rebelles de l’ex-mouvement politico-militaire du M23 appuyés par le Rwanda et l’Ouganda, s’étaient senti humilié et confus de la perte sans arme de ce nouvel eldorado conquis qu’est la ville touristique, siège des institutions provinciales du Nord-Kivu. Goma est aussi est une plaque tournante dans le commerce frontalier et international des ressources minières dont la cassitérite de Masisi. C’est aussi la deuxième porte d’entrée de la province avec deux postes douanières qu’elle partage avec la ville Rwandaise de Gisenyi. Sa longue occupation favoriserait un élan financier au mouvement, tout en maintenant son positionnement géostratégique dans cette deuxième ville politique du pays après Kinshasa. Goma c’est aussi une sorte d’épicentre politique de la RDC dans ses relations avec les pays de la sous-région des Grands-Lacs. Les retours des anciens rebelles dans la ville n’est une occasion de se venger des pertes subies dans le processus politique par l’ex-mouvement du 23 mars.

Le président de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu n’écarte pas dans cette insécurité la thèse de l’implication des anciens locataires de la prison de Munzenze, libérés par le M-23 lors de son entrée à Goma. « Nous ne pouvons pas dire que les évadés ne peuvent pas commettre des rapts dans la ville », a-t-il signifié.

Une complicité indirecte du gouvernement central

Pour y faire face, le président de la chambre consultative du Nord-Kivu pose un problème de moyens et d’effort collectif. « Les moyen devrait venir de nos efforts, les efforts des contribuables congolais de la province du Nord-Kivu », souligne-t-il. À ce point, il dénonce la volonté délibérée du gouvernement central qui ne laisse pas les provinces s’organiser. D’après lui, une faible rétribution sécuritaire de la part du gouvernement central qui tarde à mettre en œuvre les mécanismes de péréquation, est l’une des raisons de la persistance des poches résiduelles d’insécurité dans certaines villes du Nord-Kuvu, dont essentiellement Goma et Beni. À en croire ces propos, l’exécutif provincial peine, avec des maigres ressources, à assurer sa stabilité avec une armée et une police œuvrant en ordre dispersée. Kinshasa tarde aussi à accélérer le processus de rapatriement formel et ouvert des anciens rebelles de l’ex-M23 afin de minimiser leurs infiltrations dans certains coins de la province.

Toutefois, le mécanisme conjoint de vérification et la CIRGL devraient être actif dans tous mouvements de retour volontaire des belligérants pour s’assurer qu’ils ne constitueront plus un danger contre les atintés qui les accueillent.

©Mc. Héritier Kapitene – The Kivu Times – Wednesday, June 25, 2014

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