#Kinshasa : Les prix des #vivres frais explosent

Valse des étiquettes des vivres frais constatée sur tous les marchés de Kinshasa. La variation va de 15 à 30% selon des estimations. La rareté serait à la base de cette surchauffe dont les conséquences sur le panier de la ménagère se font cruellement sentir. Le pouvoir d’achat des gagne-petits s’en tire substantiellement éroder. En attendant que des mesures correctives ne soient trouvées, se nourrir à Kinshasa est davantage devenu un casse-tête.

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Les ménagères ne savent plus où donner de la tête. La surchauffe qui a gagné le marché des vivres frais les ayant pris de court. Et pourtant, les signes avant-coureurs étaient perceptibles et prévisibles. Le retrait de  la firme « Orgaman » de la chaine d’importation de ces vivres frais aurait dû pousser à des anticipations sur d’éventuelles conséquences. L’on a assisté à un attentisme qui a laissé couler le temps jusqu’à donner la voie libre à l’explosion des prix. La loi de l’offre et de la demande dicte sa loi sur le marché. Présentement, l’offre serait en baisse au point de jouer négativement sur la tendance générale des prix qui a opté pour l’ascenseur. Selon des enquêtes menées sur le terrain, il ressort que la fluctuation va de 15 à 30%. Cette qui constitue une poussée énorme face à l’accalmie qui s’est constatée pendant une période relativement longue sur les différents marchés des denrées alimentaires.

A la base de cette flambée des prix il y a la rareté. En effet, le plus gros importateur des vivres frais, Orgaman, ayant décidé de changer sa sphère d’activités, la reprise en main de sa part du marché n’avait pas été assurée. D’où, ce flottement aux conséquences incalculables. Un carton de cuisses de poulet de 10 kg est passé de 20 000 à 30 000 francs congolais (21,5 à 32,5).  Les côtes de porc sont passées de 27 000 à 35 000 Fc (29 à 37,6 USD). Auprès de l’autre major dans l’importation des vivres frais, Congo Futur, il s’est constaté une rupture de stocks de tripes, poulets et cuisses de poulet. Nos confrères de la radio onusienne ont constaté qu’ « aux chambres froides de Ledya, ce sont les pieds de porc et les tripes qui manquent. Les stocks qui sont arrivés la semaine dernière se seraient écoulés comme de petits pains », s’entend-on dire. Un importateur sérieux a confié : « Orgaman importait un bateau de vivres, alors que nous c’est juste quelques containers».

Cette entreprise active depuis 1931 dans le secteur a décidé de liquider ses activités en lien avec les importations des vivres frais. La raison avancée serait la modicité de la rentabilité suite à une fiscalité asphyxiante et une concurrence déloyale. Telles sont les vrais motifs qui ont poussé Orgaman à mettre quasiment la clé sous le paillasson. La société n’a-t-elle pas évoqué « une perte de ses parts de marché et à une rentabilité décroissante » pour justifier la liquidation décidée de ses importantes filiales ? Les craintes justifiées des consommateurs, pour qui le départ de ce major impacterait négativement sur le marché, viennent de trouver justification. Congo Futur, Inalca, Ledya et Maicofroid ne se sont pas partagé la part du marché abandonnée par Orgaman.
   
Privilégier la production locale

L’extraversion de l’économie congolaise est décriée par tout le monde. La structure léguée par le colonisateur avec comme épine dorsale le fleuve Congo et la voie de sortie de Matadi est restée inchangée malgré l’indépendance politique acquise, il y a plus de 50 ans. Dotée des cours d’eau poissonneuses, la RDC ne pouvait pas compter sur l’importation pour nourrir ses 70 millions de consommateurs. Un potentiel inestimable qui aurait dû pousser les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays vers une politique d’introversion de l’économie. Curieusement, le processus d’intégration de l’économie congolaise ne connaît que des ébauches sans une volonté réelle de matérialisation.

Tous se contentent de la rente que procure ces importations. Du poisson produit dans la lac Tanganyika n’atteint que difficilement Kinshasa. Le poisson des lacs Tumba et Maï-Ndombe ne sont même pas consommés à Mbandaka et Kikwit. Les conditions de conservation étant aléatoires, personne ne se hasarde à investir dans le secteur. Jusque-là, les Congolais se nourrissent grâce à la pêche artisanale. Les petites unités de pêcheries ne sont pas en activité en RDC. Dans ces conditions, il est quasi impossible de nourrir une population de plusieurs dizaines de millions d’âmes. Des ressources financières, en devises fortes, consacrées à des importations ne peuvent-elles pas faire l’objet de simulations d’installation progressive des petites pêcheries au pays ?

Dans cette éventualité, la balance de paiement s’en tirerait à bon compte et le pays se doterait des réserves internationales accrues. Cette explosion de prix des vivres frais devra conduire à un changement radical de la politique gouvernementale en la matière. Construire une stratégie d’approvisionnement des populations en denrées de base sur les importations est un risque à ne plus continuer à prendre au risque de rester éternellement dépendant et fragile.

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