Joseph #Kabila – Vital #Kamerhe : Cumul des diversions ? – Anatomie d’un #conflit de #leadership en #RDC

« – Je parles de toi dans mes discours et sur les médias, tu disperses mes acolytes. – Tu te fais passé pour victime et j’en profite pour retarder la sortie du gouvernement », c’est l’inaperçue… Ça ne surprend plus et ça ne le sera presque plus. Depuis un certain moment, le nom le plus cité de la presse congolaise est celui de Vital Kamerhe. L’homme se veut l’opposant le plus farouche de son ancien mentor, Joseph Kabila Kabange, actuel président de la République démocratique du Congo. Des scènes de médiatisation se multiplient, tout porte à croire qu’il y a un secret entre les deux figures de proue de l’électorat oriental de la RDC en 2011. Vital Kamerhe, Joseph Kabila ; deux frères anciens amis très intimes devenus « à peu près » ennemis qu’adversaires ; on dirait une histoire à d’auto-victimisation par usage de l’imprudence de l’autre. Que se veulent-ils l’un à l’autre et où mènent-ils les RDCongolais dont ils seraient apparemment décidés du suicide collectif par une apparente diversion ? L’éviction de Kamerhe au perchoir de l’assemblé nationale coïncidant avec la neutralisation de Laurent Nkunda, il y a une phase de l’histoire qui échappe à une grande partie de l’opinion. Un puits à creuser…

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A la RDCongolaise, Joseph Kabila et Vital Kamerhe ont plus d’histoire commune à rencontre qu’à évaluer. Leur passé convergent et commun n’est pas à rappeler. Kamerhe a fait de Kabila président de République en 2006 et celui-ci à son tour lui a récompensé [« on dirait » via des élections] par le poste de président de l’Assemble nationale Congolaise ; l’équivalent Speacker de la Chambre de représentants.

Très tôt, l’amitié entre ces deux frères locuteurs du swahili se traduit en une crise pour (ou contre ?) la jeune démocratie congolaise.

Au bout de trois ans, le choc inattendu

Alors que l’opposition assiste de loin le match, un grave conflit oppose le président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe au chef de l’Etat Joseph Kabila et surtout à la coalition de plusieurs partis qui a porté les deux hommes au pouvoir, l’Alliance pour une majorité présidentielle.

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A l’origine (apparente ?) de la rivalité se trouve l’« Opération conjointe » menée au Kivu par les armées de la RDCongo et du Rwanda et qui a permis de porter de sérieux coups aux rebelles hutus des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) qui terrorisent les populations congolaises et représentaient un sujet de discorde entre les deux pays depuis quinze ans.

Parallèlement, on a assisté à la mise à l’écart du chef rebelle tutsi Laurent Nkunda, toujours séquestré au Rwanda et dont les troupes intègrent progressivement l’armée nationale. Et surtout, le réchauffement se confirmait entre Kinshasa et Kigali et devrait se traduisent très tôt par des échanges d’ambassadeurs et des accords de coopération économique entre RDC et le Rwanda. Visiblement, une simple opération militaire conjointe, mais derrière la manœuvre se cacherait un plan belliqueux, celui l’infiltration de 12 mille soldats Rwandais RDF au sien des FARDC, tel que le précisent plusieurs sources internationales, régionales et consulaires ; ainsi que certaines câbles diplomatiques et documents classés « Top Secret » par les services spécialisés de deux pays et de leurs parrains. Le journaliste Franco-Camerounais et spécialiste des Grands lacs, Charles Onana, en avait fait mention dans « Ces tueurs Tutsi au cœur de la tragédie congolaise« , publié aux éditions Duboiris. De nos jours, l’opinion n’a jamais été éclairé sur le nombre exact des militaires Rwandais entrés au Congo pour cette opération conjointe contre les FDLR [qui pourtant existent encore, tuent, pillent et violent, ndlr], combien y sont mort ou blessés et combien sont retournés au Rwanda. Mary Robinson, Roger Meece, Joseph Kabila, Paul Kagamé, Bosco Ntaganda, James Kabarebe, John Numbi, Léon Kengo ou encore Vital Kamerhe en savent quelque chose, si pas grand-chose.

Alors que Laurent Nkunda s’était lui-même rendu à Kigali, et que l’Assemblée nationale avait publié un plan de sortie de crise qui privilégiait le dialogue, M. Kamerhe s’est indigné publiquement du caractère secret de l’opération militaire qui a mené l’armée rwandaise à opérer au Kivu durant plusieurs semaines. Il ne s’est pas satisfait des explications détaillées qui lui ont été fournies par le chef de l’Etat au lendemain du déclenchement des opérations, entraînant même des parlementaires de la majorité dans une attitude de défiance à l’égard du chef de l’Etat.

Interprétant ces critiques comme un défi, les instances supérieures de la formation majoritaire, l’AMP, ont décidé de contraindre le président de l’Assemblée à la démission et beaucoup ont vu dans cette fermeté la main du « clan des Katangais », très hostiles à Vital Kamerhe, originaire du Kivu, où il est très populaire.

La même semaine, l’affaire avait été portée devant l’Assemblée Nationale après force rebondissements : lundi 2 mars 2009, refusant toujours d’obéir à la logique de son parti et de démissionner, car il considère que seul un vote des députés peut le démettre de ses fonctions, M. Kamerhe avait ouvert la session parlementaire en l’absence des représentants de sa propre majorité, qui avaient boycotté la séance, et le quorum requis pour un vote éventuel n’a pas été atteint. En revanche le corps diplomatique était largement représenté, comme pour soutenir le défi lancé au chef de l’Etat par le président de l’Assemblée.

Depuis lors, les représentants de l’AMP ont évolué : ils sont décidés à participer à la prochaine séance plénière du Parlement et à se prononcer sur une « motion de déchéance » du président de l’Assemblée, qui sera accusé d’avoir voulu obstruer l’action du pouvoir exécutif et la mise en œuvre d’accords qui avaient déjà été pris, en l’occurrence la normalisation des relations avec le Rwanda.

Entre-temps, les réunions des présidents de parti se succédaient, et l’opinion était tenue en haleine par ce conflit entre deux légitimités, celle du président élu avec neuf millions de voix – en partie grâce à la campagne menée par Kamerhe lui-même – et celle du président de l’Assemblée élu par les députés et qui avait réussi, au cours des deux années d’exercice, à faire du Parlement un véritable forum démocratique, laissant l’opposition s’y exprimer tout en canalisant habilement les débats.

Au Nord-Kivu, pendant ce temps, loin des fièvres politiques de Kinshasa, l’ancienne présidente irlandaise Mary Robinson, représentante de l’ONU pour les droits de l’homme, avait constaté que la situation se normalisait peu à peu tout en demeurant très fragile. Elle s’est félicitée du rapprochement entre Kinshasa et Kigali, soulignant que les femmes qu’elle avait rencontrées avaient apprécié « le rôle sécuritaire joué par l’armée rwandaise s’employant à désarmer les FDLR, parmi lesquels se trouvaient les auteurs de nombreux crimes contre les femmes ».

Mme Robinson s’inquiète cependant des risques de représailles, de la fragilité de la protection des civils, de l’impunité dont jouissent toujours les chefs de guerre. Des enjeux multiples dont la gravité devrait inviter à mettre une sourdine aux querelles d’ego qui se déroulent dans les enceintes politiques de Kinshasa…

Règle n°1 : « Isole-moi Kamerhe, je retire Nkunda de la scène »

On ne peut plus mal à l’aise, rage au cœur et à la trousse d’une voie de sortie, un militaire resté jusqu’au bout à Laurent Nkunda et dont ils parlen avec affection et respect raconte : « Lorsque James Kabarebe, le chef d’état-major de l’armée rwandaise, l’a invité à une réunion au Rwanda, Laurent Nkunda a convoqué une réunion de son état-major à Rumangabo. Il nous a dit au revoir, comme s’il savait qu’il pouvait être tué. Bosco Ntaganda n’était pas là, le colonel Emmanuel Makenga était au bord des larmes, le suppliait de ne pas partir, il voulait l’accompagner au Rwanda. “ Je dois partir, a dit Nkunda, seuls nous n’avons rien, le Rwanda peut nous écraser s’il le veut, et notre mouvement (NDLR, le CNDP, Conseil national pour la défense du peuple congolais) doit survivre.” »

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Le 22 janvier, Nkunda est alors arrivé à Gisenyi et s’est installé à l’hôtel Belvédère. Le soir même, c’est en regardant la télévision qu’il a appris qu’il avait été destitué, que son bras droit, le général Bosco Ntaganda avait pris le commandement du CNDP et décidé de son intégration dans les forces armées congolaises. Au Kivu, les officiers qui communiquaient avec Nkunda par téléphone se sont révoltés, ils voulaient abattre Bosco, qualifié de Judas. Ils se souvenaient des crimes commis par Bosco dans l’Ituri et, tout récemment à l’époque, du massacre de Kiwanja en teritoire de Rutshuru, de ses disputes avec Nkunda qui ne supportait pas les détournements de fonds, des assassinants de certains hommes de troupes pour des motifs factices…

Mais les partisans de Nkunda ont fini par se rallier, ils n’avaient pas le choix. Par la suite, le général rebelle a été placé en résidence surveillée ou en prison, les communications ont été coupées.

Pressions internationales, volonté de se réconcilier avec Kabila ? Pourquoi Laurent Nkunda a-t-il été lâché par Kigali alors que, depuis 1990, il combattait dans les rangs du Front patriotique rwandais et que, depuis dix ans, il sécurisait totalement la frontière du Rwanda, empêchant les infiltrations de rebelles hutus ? Pour l’ex-officier CNDP joint par nos sources, leur leader a été sacrifié pour des raisons plus profondes : « Laurent, dont la première femme était une Nande de mère Tutsie, et la deuxième une Shi, n’était pas un fondamentaliste tutsi ; il se sentait Congolais, et avait rallié d’autres groupes ethniques, Hutus, Nande, Hunde, et même des Kasaïens… Il commençait à prendre une dimension nationale et à devenir totalement indépendant de Paul Kagamé. Au Rwanda aussi, il était considéré comme un héros ; il avait fini par faire de l’ombre au président, il devenait un homme dangereux, ne répondant plus à toute injonction du régime de Kigali. Il se voulait une dimension internationale de se fier à la simple manipulation et à la seule hégémonie Tutsie dictée par Kagamé, Kabarebe… » D’autres considérations auraient joué : « Nkunda, un Tutsi francophone, ne voulait pas entrer dans le conflit opposant Kagame à la France. Pour lui, le Congo n’avait rien à voir là-dedans. Il avait noué d’excellents contacts avec le président sénégalais Adboulaye Wade, qui plaidait pour lui au sein de la francophonie. »

En échange de la neutralisation de Laurent Nkunda, qu’aurait reçu le Rwanda ? pour cet officier, la neutralisation des FDLR par la coalition RDF-FARDC n’était qu’un arbre qui cachait une forêt : « Les prisonniers sont peu nombreux, la plupart des chefs se sont repliés vers le Sud-Kivu où une nouvelle opération devrait être menée, ce qui sera difficile, étant donné l’hostilité totale des populations locales, prêtes à se battre contre les Rwandais. » Pour cet homme, l’enjeu était manifestement ailleurs : « La tête de Nkunda a été échangée contre celle de Vital Kamerhe, le président de l’Assemblée nationale congolaise. Lui, bon stratège, très populaire au Kivu et même ailleurs, était écouté en Occident et à terme, il signifiait un danger réel pour le Rwanda. S’il était arrivé à un accord avec Nkunda, les deux hommes auraient représenté une véritable force, ce dont ni Kabila ni Kagame ne voulaient… »

Règle n°2 : Une fraternisation hypocrite

Après un mois d’« opération conjointe » sous la bannière Umoja Wetu (« Notre unité »), les « derniers » officiers rwandais (vous dites derniers ?) ont quitté le territoire congolais après avoir rédigé avec leurs collègues un rapport de mission solennellement paraphé par le général John Numbi d’un côté et le général Jérôme Ngendahimana de l’autre. [Ce n’est qu’une version officielle…, nldr].

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Pour les  officiers, accoudés sur leurs cartes d’état-major, l’opération a été un succès, les bases opérationnelles des rebelles hutus sont détruites, le retour des civils s’accélère. [Pourtant ils pillent, tuent, violent, massacrent et saccagent encore les paisibles Kivutiens, ndlr].

Formel, le général John Numbi avait rassuré à l’AFP qu’il n’y a plus aucun soldat rwandais au Congo et, interrogé sur ceux qui avaient été aperçus la veille sur la route de Kitchanga, il assure qu’il s’agissait d’officiers d’ordonnance qui se rendaient vers le centre de brassage de Kimoka, ouvert à l’intention des rebelles de Laurent Nkunda. Acceptons l’explication, à cela près que les camions se dirigeaient dans l’autre direction…

Si les rebelles hutus sont dispersés et en fuite, si pour la population congolaise « le temps de l’hospitalité est terminé », peut-on assurer qu’une autre opération ne sera pas nécessaire, au Sud-Kivu cette fois ? Pourtant, actuellement, l’une des prochaine cible de la brigade d’intervention de l’ONU après la chute du M23 (CNDP reformé, ndlr)  sont les FDLR… Numbi avait-il à l’époque raison ou voilait-il un secret d’Etat ? Qui sait…, mais au cas où… Les accolades entre John Numbi et James Kabarebe lors de la fin de cette opération seraient porteur de message, lorsqu’on sait que les FDLR n’appartiennent pas encore à l’histoire.

Règle n°3 : Nkunda isolé, que devient Kamerhe hors du camp Kabila…

Un opposant ? Soit ! Mais, l’élu de Bukavu n’avait jamais eu l’intention de quitté le camp du pouvoir. Faudrait-il rejoindre une opposition parce qu’on a perdu un poste ? Alors là on s’oppose pour avoir perdu un poste et non parce qu’on adhère plus à un certain nombre d’idée. Avec qui et contre qui s’oppose-t-on et pourquoi ? C’est clair : on s’oppose au régime en place avec d’autres opposants… Match pas aisé car ces autres opposants, bien que flattés à moitié par la bienveillance de l’ancien speaker qui leur accordait suffisamment l’expression au perchoir, n’ont jamais cessé de croire que Vital Kamerhe a contribué pour plus de la moitié à l’élection de Kabila en 2006. Mais, bon…, il n’y a que des intérêts…

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S’opposer avec les autres contre Kabila ? Pourtant, le vrai problème est dans l’entourage du chef et non pas le chef lui-même. Evariste Boshab, Alphonse Koyagialo et les katangais, voilà le problème. Bon, « I got an idea… » Faisons l’Union pour la Nation Congolaise (UNC).

Alors que son ancienne famille politique ne sait pas s’il faut en finir complètement avec lui après son éviction du perchoir, Kamerhe et quelques uns de ses lieutenants qui lui sont restés fidèles – Justin Bitakwira, etc. – montent un autre parti, beaucoup trop brésilien et socio-démocrate et inspiré du modèle démocratique brésilien, l’UNC. Durant sa campagne contre Kabila aux présidentielles de 2006, le « N°5 » Kamerhe tient un discours qui accroche des jeunes sous ses lèvres dont l’éloquence étonne parfois. L’élu de Bukavu, désormais en lice pour la présidence du grand continent dans un autre, la RDC, contre son ancien mentor, ne se gène pas de tenir un discours à la « Lula Da Silva », alors que Kabila – des cinq chantiers à la révolution de la modernité – vient de remplacer Vital par tous les onze gouverneurs des provinces contraints à battre campagne pour le chef de l’Etat candidat à sa propre succession contre plusieurs oppositions contradictoires. Tout le monde en sait la suite…

Le discours devient électoral et la théorie de l’extradition de Laurent Nkunda s’éteint comme une flamme envahie par l’humidité. Ça ait ! Plus personne n’en parle, ni la RDC, ni la « Communauté internationale », moins encore la « Société civile » qui vient de muer en bande des coureurs au pouvoir. La diversion est bien jouée entre Kinshasa et Kigali ; on peut jouer désormais une autre carte…

Règle n°4 : Voilà venir 2016

C’est le rendez-vous de tous les enjeux. L’opposition ou les oppositions congolaises demeurent fissurées. Dans l’autre camp, on réfléchit plus «comment faire Joseph Kabila président après Kabila Kabange ». L’œil de Kamerhe et alliés constitue la menace. « Ces gars là, ils ne peuvent pas se taire et nous laisser faire ? » Pourtant pas… C’est la course au pouvoir ! « I’ve got an idea dear cheif… Faisons un compromis avec eux, permettons leur d’anticiper la campagne électorale, entre-temps nous réfléchissons sur ces sujets là… Elections à un tour, suffrages indirects, transition avant les présidentielles, « président Joseph Kabila après président Kabila Kabange », gouvernement de cohésion. Voyons si on peut leur proposer des postes pour qu’ils se taisent à jamais… Ils s’opposent contre la perte des postes. » Oui, mais au cas où…

Règle n°5: Victimisations, médiatisation et dispersion des foules

La monnaie de rechange est trouvée : interdiction de voyager, expulsion nocturne de la résidence officielle, débarquement  de la délégation de l’UNC à Ndjili puis à Ndolo…

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Le début de la tournée à l’Est de Vital Kemerhe à la tête d’une délégation de la plate-forme Sauvons la RDC  a également été mouvementé. Forcé de partir de nuit de sa résidence de la Gombe, le président de l’UNC avait, le matin suivant, été empêché de quitter Kinshasa à bord d’un avion affrété.

Après les divergences entre lui et les autorités congolaises, l’opposant Vital Kamerhe peut à nouveau se rendre dans l’Est de la RDC, où il compte organiser une caravane de paix. Il en a été empêché à deux reprises la semaine dernière. Des discussions entre la délégation de l’Union pour la nation congolaise (UNC), parti de Kamerhe, le ministre de l’Intérieur et l’Agence nationale des renseignements ont permis d’obtenir cette avancée mercredi 12 février.

«Le gouvernement nous a fait part de ses inquiétudes quant à ce déplacement étant donné que la zone de l’Est du pays n’est pas encore suffisamment pacifiée, ni sécurisée. Nous avons rassuré le gouvernement de notre intention de nous y rendre dans le respect des lois de la République et dans le libre exercice de nos droits fondamentaux et inaliénables. Il appartient désormais à l’UNC dans le cadre de son agenda, perturbé par des dernières hésitations, de programmer ses déplacements pas seulement dans l’Est mais à travers tout le pays», a indiqué à Radio Okapi André-Claudel Lubaya, cadre de l’UNC.

Avec d’autres opposants ainsi que des acteurs de la société civile il va mener « une caravane de la paix » qui a tout l’air d’un premier rendez-vous de campagne électorale. Kamerhe fait cap sur Goma, Nyiragongo, Beni et Butembo, ce sont des réussites convoitées et qui vont qui outrepassent les estimations de l’autre camp. « Si pareil là, alors dans son fief naturel de Bukavu ? Non, nous ne lui laisserons pas faire… Après tout, nous en profitons tous. On gagne le temps pour les jeux et lui en profite pour sa « médiatisation ». Mais, ce n’est pas lui en 2016… »

Routes bloquées, des centaines de personnes postées le long de l’avenue, Vital Kamerhe parcourt Goma à pied, exactement comme Joseph Kabila en décembre. Mais en chemise blanche et rouge, aux couleurs de son parti, l’ex-proche du président congolais se positionne aujourd’hui comme son plus farouche opposant.

« Il n’y a pas de concurrence à faire au président Kabila, parce qu’il avait dit lui-même qu’il fallait respecter la Constitution. Il n’est pas candidat aux élections de 2016. Son mandat prend fin le 19 décembre 2016 », avait déclaré Vital Kamerhe devant la presse à Goma.

Autorisé enfin à partir après de longs conciliabules avec le ministre de l’Intérieur, la délégation, après un parcours sans faute dans le Nord-Kivu, à connu ses premières difficultés à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu. En effet, des affrontements avec la police y avaient fait un peu plus de cinquante blessés. La caravane s’arrête ici ou on entrevoit le pire…

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Rentré à Kinshasa, c’est à coup de grenades lacrymogènes que les forces de l’ordre et de sécurité ont dispersé la foule venue accueillir Kamerhe. Les journalistes qui se sont retrouvés sur place à l’aéroport de Kinshasa ont été interpellés pendant plus d’une heure avant d’être relâchés et de pouvoir récupérer leur matériel qui avaient été confisqués. Mais, après tout, une bonne partie du film est jouée. Kabila et Kamerhe, chacun sait maintenant évaluer la force de l’autre dans leur fief commun, l’est de la RDC.

Règle n°6 : à vous de deviner la suite… Non, rendez-vous dans notre prochaine édition.

© Mc-Héritier KapiteneThe Kivu Times ® – Mars 2014

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