Nord-#Kivu (#DRC) : Chantal #Faida MULENDA-BYUMA, tente à travers l’association U.W.E.M.A d’aider ses concitoyens

A l’heure où l’Est du Congo plus précisément la ville Goma recouvre la paix après des années d’instabilité, une jeune Mondoblogueuse Congolaise, Chantal Faida MULENDA-BYUMA, tente à travers l’association U.W.E.M.A  d’aider ses concitoyens en leurs offrants les moyens nécessaires de pouvoir s’assumer au lieu de dépendre quotidiennement de l’aide internationale.

Esprit Africain, relayé par The Kivu Times a eu le plaisir et le privilège de lui poser les questions qui suivent

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   Esprit Africain : Bonjour, pour commencer peux-tu te présenter ?

  Chantal Faida MULENDA-BYUMA : Je suis le sourire qu’on a arraché à l’Afrique et au Congo, mon pays. Une dignité bafouée depuis que je suis jeune, aujourd’hui  j’ai 25 ans pourtant je n’ai jamais goûte à ce que c’est que la paix dans ma région, l’Est de la RDC. Je suis également économiste de formation, journaliste indépendante et militante associative.

   E.A : En parlant de militantisme, tu es coordinatrice d’une association à Goma où tu vis, peux-tu nous en dire plus sur son objet?

  Chantal Faida M-B : OK, l’association se nomme en abrégé UWEMA,  Upendo ya Wakongomani Elekeya Mwanamke na  Mtoto.  C’est une association sans but lucratif nouvellement créée  depuis le 05 Septembre 2013. Nous  visons la promotion de l’autonomie des femmes et enfants démunis au Nord-Kivu plus précisément à Goma.

  E.A : Qu’est-ce que U.W.E.M.A veut dire en Français ?

  Chantal Faida M-B : Œuvre de solidarité Congolaise en faveur des femmes et des enfants démunis.

  E.A : votre association n’est constituée que de femmes ?

 Chantal Faida M-B : Notre association est constituée majoritairement de femmes, la présence des hommes est visible.

  E.A : Très bien. Dites nous, quelles sont les difficultés auxquelles  font face les femmes et les enfants à Goma ?

Chantal Faida M-B : Bonne question. En fait en RDC la situation des femmes et des enfants est dramatique depuis près de vingt ans déjà. La guerre a ravagé des centaines de vies et séparé des familles, d’autres étaient contraints à l’exil.

E.A : Et socialement comment cela s’est fait ressentir ?

Chantal Faida M-B : Différentes statistiques des ONG Humanitaires et agences Onusiennes font état de près de deux millions de déplacés internes dont la moitié se trouve à l’Est de la RDC. Il y a aussi près de cinq cent milles victimes de violences sexuelles, des centaines d’enfants enrôlés dans les groupes armés. Une réduction de la scolarité et une famine indicible accompagnées d’un chômage sans précédent. Visiblement l’Etat Congolais est dépassé !

E.A : pouvez-vous nous dire les actions que les associations mènent pour faire face à cette tragédie ?

Chantal Faida M-B : Il existe une kyrielle d’organisations qui essaient de subvenir tant bien que mal aux besoins des populations vulnérables. Toutefois, la communauté internationale étouffe les initiatives locales, elle intervient où les locaux devraient, du coup sur le terrain tout le monde fait la même chose et les besoins prioritaires ne sont pas couverts. Un exemple patent : Toute l’aide est orientée vers la distribution de vivres et non vivres, l’assistance des femmes violées sur les plans juridiques et socio-économiques – ce que je salue d’ailleurs –  cependant les personnes vulnérables ne doivent pas être assistées éternellement. Donnes moi le poisson un jour, je survivrais un jour mais apprends moi à pêcher je vivrais pendant longtemps. Nos besoins à la base sont le rétablissement de la paix sur toute l’étendue du territoire national, la promotion de l’éducation formelle pour tous, l’encadrement des orphelins et enfants de la rue à travers la formation aux métiers, la promotion de l’agriculture par la construction des routes, la lutte contre la corruption et la couverture en énergie.

E.A : quelles propositions faites-vous alors pour une meilleure actions entre les associations locales et les organismes Onusiens?

Chantal Faida M-B : Une précision, ce ne sont pas seulement les organismes Onusiens qui interviennent en RDC, il y en a de tous les genres. Gouvernements étrangers, des citoyens du monde solidaires, des associations religieuses, nationales, féminines, juvéniles etc.

Je propose pour revenir à votre question, qu’on s’attaque aux problèmes de base et non des solutions élaborées dans les chambres climatisées à la capitale Kinshasa ou à l’étranger. Un projet efficace résout un problème. Autre chose, songeons à créer de l’emploi à travers nos organisations car l’aide avilit l’homme et le rend amorphe et dépendant par contre s’il travaille pour son propre épanouissement, on l’aurait aidé doublement.

E.A : Il y a alors un véritable problème de coordination alors ?

Chantal Faida M-B : Disons le ainsi et surtout le manque de priorisation des problèmes, de suivi et d’évaluation des actions des organisations locales par le gouvernement.

E.A : Malgré cette mauvaise coordination, comment  votre association compte-elle promouvoir l’autonomie de ces populations vulnérables  ?

Chantal Faida M-B : Tout d’abord  par une alphabétisation « conscientisante » de 100 femmes et 100 enfants de Goma. Ensuite nous comptons former ces personnes alphabétisées pendant 3 mois en Coupe, couture, broderie menuiserie, maçonnerie, dessin, peinture, ramassage, recyclage et traitement de déchets biodégradables. Enfin des bourses selon le soutien que nous bénéficierons, seront accordées au plus grand nombre après leur formation pour soutenir le démarrage d’une activité génératrice de revenu.

E.A : OK, et personnellement qu’est-ce qui t’a poussé à t’engager dans cette initiative ?

Chantal Faida M-B : Personnellement j’ai travaillé dans plusieurs organisations nationales et locales de défense des droits humains, de promotion de valeurs citoyennes et civiques, du genre et de la bonne gouvernance. Mais j’ai été frappée par le nombre toujours croissant des personnes vulnérables en dépit des organisations déjà existantes. Depuis la résurgence des conflits armés dans ma région, j’ai vu le nombre de déplacés de guerre croître et régulièrement je me rendais dans les camps pour voir les populations civiles. Nous y allions avec quelques dons et au regard des besoins non couverts par les grandes organisations humanitaires de la place, j’ai décidé de créer des lieux alternatifs d’auto prise en charge. Le constat était que la plupart d’entre elles (populations vulnérables) n’était pas lettrées donc ne pouvant être recrutées ou engagées dans les entreprises de la place. L’illettrisme est un frein au développement. C’est après ce constat que j’ai partagé l’idée aux amis et nous travaillons jour et nuit pour venir en aide aux nôtres en leurs donnant les moyens de s’assumer plutôt que dépendre des dons des ONG et des programmes de réinsertion socio-économique prévus par le gouvernement.

E.A : Je suis vraiment heureux de voir que tu es aussi engagée. Avez-vous des contacts avec les autorités locales de Goma pour une aide substantielle ?

Chantal Faida M-B : Merci mon cher frère. Quand on a souffert, on est sensible aux malheurs des autres sans se faire prier. Les autorités locales nous assistent et nous appuient techniquement (papier, autorisation de fonctionnement, statistique etc.), en orientation et conseils-chose que nous louons- mais hésitent toujours à toucher dans les caisses publiques pour aider les organisations locales. Ils ont abandonné ce secteur aux seuls organismes étrangers. C’est inacceptable. Le budget de l’Etat alloue une faible part aux actions humanitaires.

E.A : Les associations locales se sont-elles déjà réunies pour solliciter ensemble cette aide gouvernementale ?

Chantal Faida M-B : Oui, les organisations locales se réunissent hebdomadairement selon les clusters (domaines d’intervention) et les autorités locales y sont conviées ; mais la conjoncture actuelle influe sur leurs actions, toutes sont orientées à la stabilisation et à la pacification des zones troubles.

E.A : Les autorités Congolaises sont beaucoup plus axées sur la pacification avant toute autre action, C’est un préalable pour ensuite mettre en place un meilleur programme d’aide. Ne pensez-vous pas ?

Chantal Faida M-B : Oui je veux bien que la pacification soit la priorité des priorités néanmoins, la machine publique ne doit pas se focaliser sur un seul problème car on risque in fine de se retrouver après la pacification avec une population faible physiquement et incapable  de travailler pour cause de maladie chronique, crises multiformes, traumatisme etc. Le mieux serait  de se mettre au travail tout en ayant un œil sur le domaine humanitaire.

E.A : Pour finir, quel est ton appel à l’endroit des autorités Congolaises et des potentiels donateurs ?

Chantal Faida M-B : Pour finir je lance un appel pressant à toutes les personnes éprises de solidarité et de bonne volonté, à tous les Congolais, Africains et tous les citoyens du monde de faire un don, un geste, pour soulager un temps soit peu les problèmes des victimes de guerre, de conflits au Nord-Kivu en particulier et au Congo en général. Une once de pratique vaut mieux qu’une tonne de discours, dit-on, cultivons la paix et bannissons  la haine entre les hommes et le monde serait un paradis sur terre.

E.A : Je te remercie pour cette interview et je souhaite vivement qu’une aide vous soit accordée pour vous permettre de poser les actions de votre association. Nous devons tous œuvrer  pour la paix à Goma et en RDC et en tant que blog pan-africaniste nous encourageons ce type d’initiative humaniste.

Chantal Faida M-B : Tout le plaisir était pour moi et  j’apprécie l’attention particulière  que  le blog Esprit Africain a accordé à mon pays. Merci, Aksanti.

Contacts U.W.E.M.A : 00243 99400 4869

E-mail : uwema.rdc2013@Gmail.com

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