#RDC : Ces #ministre s qui préparent déjà leurs valises

Mieux vaut la fin d’une chose que son commencement, soutient le proverbe. Mais en ce qui concerne le gouverne-et-ment, mieux vaut le commencement que la fin. Quitter le pouvoir n’est pas chose facile. Surtout quand il s’agit d’un remaniement où vous devez subir la volonté et les caprices d’une personne. Le problème vient du fait qu’une fois au gouverne-et-ment, nos excellentissimes les ministres avaient poussé des ailes. Ils volaient haut, tellement haut comme des aigles qu’ils devenaient tout simplement insaisissables. Vu de haut, tout le monde était perçu comme une minable fourmi. Malheureusement, il y de ces hauteurs-là, bon gré mal gré, dont on finit toujours par descendre. Connaissez-vous des ministres éternels? Des PDG à vie? Même à ces rois à qui l’on a dit: « Ô roi vit éternellement », finissent toujours par mourir.

Des grenouilles voulant se faire aussi grosses que des bœufs. L’expression vient de monsieur Jean de La Fontaine. A force de vouloir gonfler, qu’est-ce que l’on devient lorsque « Mokolo tonga, abotoli tonga. Okotonga na nini? » A cette interrogation Franco Lwambo Makiadi répondit: « Loba lisusu. » Dégonflés, voilà ce que deviendront nos excellentissimes en peu de jours.

Ce n’est pas la fin du monde. Après tout, ils n’auront pas tous démérités malgré leur éviction. Sur l’échiquier politique, les choses ne se perçoivent pas toujours ainsi. Il n’est pas toujours question de méritocratie mais souvent de fidélité. A propos de méritocratie, avant même le remaniement, un ministre Chelo Lotsima s’est auto-éjecté du gouverne-et-ment. Il était gourmand, tellement gourmand qu’il a continué à se servir quand bien même les ordres d’arrêter de manger avaient été donnés. Il était le plus petit ministre du gouverne-et-ment. Il voulait juste augmenter de taille d’un pouce. Dommage! Un autre ministre ne fera pas partie de la prochaine équipe gouverne-et-mentale. Martin Kabwelulu. Celui-ci, c’est pour des raisons de santé. Cloué par une maladie en Europe, le plus humble et serviable des ministres du gouverne-et-ment va manquer à beaucoup. Surtout, aux miniers.

Robert Mbwinga Bila, ministre des Affaires Foncières.

Proche de Yerodia, membre du PPRD, habitué aux couloirs et aux beefsteaks du pouvoir, il a déjà été vice-ministre des Affaires étrangères et ADG de la RVM. On lui doit le lancement d’un programme original de constitution dans le pays des réserves foncières à vocation d’habitat dans lesquels il est prévu enfin de caser décemment les compatriotes mal logés dans les grouillants quartiers populeux des villes de la RDC, dans l’ignorance des normes urbanistiques.

Mais certains membres de son parti estiment qu’il a été mieux servi que tout le monde. Il est temps pour lui de céder la place pour quelqu’un d’autre car le soleil brille pour tout le monde. Est-ce assez pour le mettre dehors?

Charles Nawej Mundele, ministre des Affaires Sociales, Action Humanitaire et Solidarité Nationale

Malgré ses 78% attribués par « le professeur » Hakuna Matata, Mundele le blanc va-t-il résister au tsunami? Il n’a pas le dernier mot. Il devra subir le diktat de son chef du parti.

Une consolation tout de même. On lui doit l’organisation de la campagne de solidarité nationale en faveur de la population de l’Est du pays victime des violences sexuelles, guerres interminables concerne pour la première fois la province du Nord-Kivu.
Mundele le blanc a fait montre d’un dynamisme avéré partout où le devoir l’appelait.
Encore une fois, son maintien au gouverne-et-ment dépend du bon vouloir de son parti où des voix réclament déjà son éviction. Chose qui sera certainement faite.

Jean Chrisostome Vahamwiti Mukesyayira, Agriculture et Développement Rural

Il a le profil qu’il faut. Technicien A1 en Développement Rural, Option Administration Rurale de l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR). En outre, il est Vice-président National du MSR à charge des questions Economiques et Financières.
Malgré les engagements obtenus des investisseurs et bailleurs de fonds de plus de 1,5 milliards de dollars pour le financement du Plan National d’Investissement Agricole, PNIA pour la période de 2013-2020, Jean Chrysostome réussira-t-il à se maintenir au gouverne-et-ment? Au MSR, la rotation est de rigueur. Il devra passer la main à un autre.

Jean-Claude Kibala, ministre de la Fonction Publique

Claude n’a pas bonne presse auprès des fonctionnaires de ministère. Il est accusé de tous les maux et de tous les noms d’oiseaux. On dit qu’il souffre d’une addiction maladive à l’argent. Parlons bas, s’il vous plait. Y’a-t-il du mal à cela? La république lui doit et quand il a l’occasion de renflouer les poches, autant y aller jusqu’au bout.

On dit que sa mauvaise gestion du recensement biométrique des agents et fonctionnaires de l’Etat aurait conduit au retrait du Sud Africain EDWIN, principal partenaire du gouvernement dans ce projet.

Kibala apprécierait les méthodes fortes. Lors d’un banal accident de circulation, il aurait envoyé ses gens tabassé le conducteur. Après coup, il s’était rendu compte qu’il venait de frapper un magistrat. Cette affaire qui devait normalement entraîner sa démission aurait été étouffée à coup des billets verts.

Crispin Atama Tabe, ministre des Hydrocarbures

Il demeure l’un des ministres les moins médiatiques et, à coup sûr, le moins connu. Crispin Atama Tabe était, avant sa nomination au gouverne-et-ment Hakuna Matata, Ministère de l’Intérieur de la province Orientale.
Son éjection du gouverne-et-ment est déjà acquise. Qui pourrait s’y opposer. Sauf miracle.

Remy Musungayi Bampale ministre de l’Industrie, Petites et Moyennes Entreprises

Un autre partisan des méthodes fortes qui voit des complots contre lui partout. Il bouscule tout le monde en commençant par François Mwamba, son ancien compagnon de l’Alliance pour le développement et la République (ADR). Quand la moutarde lui monte au nez, il peut faire mettre dans le coffre de son véhicule un chauffeur imprudent. Et si l’on devait lui coller un titre académique? Il serait, malgré tout, tridoc. Trois fois docteur. Docteur en brutalité, docteur en intimidation et enfin, docteur en initiation des conflits. On se demande s’il n’en est pas encore arrivé aux des poings avec Hakuna Matata.
Malgré son coté terne, la république lui doit une fière chandelle: la guerre contre la sachétisation de notre environnement.

Bruno Kapanji Kalala, ministre des Ressources hydrauliques et Électricité

Ministre contesté par le PALU, ministre contesté par la population et mal coté par Hakuna Matata. Et pourtant, son profil le faisait passer pour l’homme des solutions pour la desserte du pays en énergie électrique. Il était le Secrétaire Permanent du Pool Energétique de l’Afrique Centrale (PEAC) chargée de la mise en œuvre de la politique énergétique en vue d’accroître le taux d’électrification de la population et de garantir la fourniture en électricité aux dix Etats membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC). On dit de lui qu’il est expert en développement du secteur électrique régional.
Bruno n’a pas convaincu. Même sa propre maison. Sans aucune autre forme de proces, les Cons-gaulés pensent qu’il devra aller se voir ailleurs. D’ailleurs, le PALU ne veut pas en entendre parler. Hakuna Matata, n’en parlons pas.

Félix Kabange Numbi Mukwampa, Santé Publique

Il n’a pas démérité mais l’on pense qu’il fait son temps et accompli sa mission. C’est sous mandat que le gouvernement de la République démocratique du Congo vient de mettre sur pied un programme de construction et de réhabilitation d’environ 5.400 hôpitaux et centres de santé sur l’ensemble du territoire national pour un coût approximatif de 80 millions de dollars américains.

Ces vice-ministres qui partent

Dans le convoi de ceux qui vont quitter le gouverne-et-ment, on compte trois vice-ministres. L’UNADEF Abayuwe Liska du Budget. Son parti ne voudrait plus se contenter d’un menu fretin et voudrait diriger tout un ministère. La nomination de l’UNAFEC Sakina Binti au Droits humains avait créé des remous au sein de ce parti dont tous les députés viennent de la province du Katanga. Et puis, l’UNAFEC ne peut plus continuer à se contenter d’un poste symbolique au sein du gouverne-et-ment. Car, tout le sait bien: quand Kyungu wa Kumwanza éternue, c’est tout le Katanga qui est enrhumé. Enfin, la vice-ministre Maguy Rwakabuba ne fait pas le poids au ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel.

Gento Kolela/Le Hibou Déplumé

Lubumbashi, le 20 décembre 2013

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