Pétrole du parc des Virunga – Le Fonds mondial pour la nature saisit l’OCDE

Le WWF a annoncé hier lundi avoir porté plainte auprès de l’OCDE au sujet des activités d’une compagnie pétrolière britannique aux abords et dans le parc des Virunga, en République démocratique du Congo, le plus ancien parc naturel d’Afrique.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) affirme que les activités de la compagnie pétrolière Soco International PLC « violent les directives de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) concernant l’environnement et les droits de l’Homme ».

Des accusations rejetées comme « infondées » par la compagnie sur son site Internet. Soco souligne n’avoir encore commencé aucune « activité opérationnelle et n’envisage pas de le faire jusqu’à ce que toutes les études environnementales soient totalement terminées ».

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le parc des Virunga, d’une superficie de 790 000 hectares, abrite des écosystèmes très variés (steppes, marécages, lacs, volcans, montagnes jusqu’à 5 000 mètres, etc.) où vit une faune très abondante. Les gorilles de montagne, une espèce en danger, y sont installés (environ 200 individus), tout comme des milliers de rhinocéros et de nombreux éléphants.

Deux sociétés sont détentrices de permis d’exploration dans la région des Virunga, le français Total et le britannique Soco. En mai, lors de son assemblée générale, Total s’est engagé à ne pas pénétrer dans les limites du parc, même si celles-ci étaient redessinées.

Selon le WWF, « lors des consultations communautaires, la société Soco n’a pas divulgué des informations vitales relatives aux impacts environnementaux et sanitaires potentiels liés à l’exploration ». Or, selon l’ONG, « l’évaluation d’impact réalisée par la société Soco elle-même révèle que l’exploration pétrolière au sein du parc pourrait entraîner une pollution, endommager les habitats et favoriser le braconnage au sein de cet écosystème fragile ».

La compagnie, pour sa part, indique avoir élaboré ses premières études d’impact environnementales en « étroite collaboration » avec l’Institut congolais pour la conservation de la nature, gestionnaire du parc.

Publicités